18 Juin 2017

Mali: Attaque d'un campement - Les terroristes vont-ils flinguer le référendum d'IBK?

analyse

Il y a eu la Terrasse en mars 2015 (cinq morts) puis le Radisson Blu en novembre de la même année (une vingtaine de cadavres sur le carreau). Il faudra désormais y ajouter le Campement Kangaba.

Hier dans l'après-midi ce centre de villégiature a été en effet la cible d'une attaque terroriste. Le bilan, qui peut être amené à évoluer à tout moment, faisait état dans la soirée de 2 morts et de nombreux otages dont une vingtaine auraient été libérés, selon une source officielle.

Comme c'est souvent le cas, l'endroit était beaucoup fréquenté par des Occidentaux, cibles privilégiées de ces « fous d'Allah » qui veulent convertir le monde entier à coups de kalachnikov. Ce qui est arrivé à Bamako n'est pas en réalité une surprise.

Il y a une décade en effet, la représentation diplomatique des Etats-Unis au Mali prévenait ses ressortissants de probables menaces qui planaient et leur conseillait d'éviter les endroits pas ou mal sécurisés tels les églises, les restaurants, les hôtels et lieux de loisir.

Mais une chose est d'avoir des présomptions de menaces, une autre est de savoir exactement où les renégats vont frapper. Kangaba vient ainsi s'ajouter à la liste désormais interminable des localités et sites frappés par la nébuleuse islamiste.

Comme toujours également, les Djiadistes avaient pour cris de ralliement « Allah Akbar », ce qui signifie en français « Dieu est grand » et qui, dans la bouche de ces mécréants qui ne croient ni en Dieu ni en diable, paraît être une hérésie en plein Ramadan, période s'il en est de piété, de générosité, de solidarité et d'amour envers son prochain.

On a beau se convaincre que l'islam est une religion de paix, les pieuvres tentaculaires jettent à chacune de leurs actions sanglantes le discrédit et la suspicion sur toute une communauté qui n'a pourtant rien à voir avec ses agissements.

Cette nouvelle attaque est perpétrée au moment où la force commune au G5 Sahel, en gestation depuis de longs mois, est en train de prendre corps depuis la dernière réunion du 6 juin 2017 tenue à Bamako et qui a précisé les contours de la future opération, même si le plus dur est à faire, à savoir le mobilisation du nerf de la guerre.

Cette fusillade sonne également comme un rappel à l'ordre pour IBK qui semble avoir perdu le sens des priorités. Voici en effet un président qui peine à assurer la sécurité des Maliens et de leurs biens, qui ne contrôle même pas tout son territoire, qui éprouve de sérieuses difficultés à faire accepter les autorités intérimaires dans le nord de son pays mais qui se pique à gaspiller les deniers publics dans l'organisation d'un référendum constitutionnel, le 9 juillet prochain, qui est tout sauf une urgence pour le Mali actuellement.

Si ce drame de Kangaba pouvait d'ailleurs contribuer à flinguer son déraisonnable projet, ce serait un grand bien pour un grand mal.

En savoir plus

Au moins 5 soldats tués dans l'attaque d'un camp militaire dans le nord

Au Mali, une nouvelle attaque meurtrière contre les forces armées maliennes a eu lieu, ce samedi 17 juin,… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.