18 Juin 2017

Congo-Kinshasa: Nerfs tendus !

opinion

L'espace «Grand Kasaï» est l'actuel ventre mou de la République Démocratique du Congo. Exactions, tueries, déplacés internes, réfugiés en Angola voisin expliquent, de façon péremptoire, le calvaire des compatriotes qui vivent dans cette partie du territoire national.

Des dispositifs militaires pris, comme celui de l'installation d'une zone opérationnelle, le démontre également à suffisance. Les enquêtes diligentées pour connaître les véritables revendications des malfrats et autres auteurs de ces crimes odieux, mais aussi pour les arrêter et les déférer devant les instances judiciaires l'expliquent tout aussi bien. Mais, ayant pris une tournure internationale, eu égard à la gravité et l'ampleur des faits, les Nations Unies s'y sont mêlées, en exigeant une enquête internationale indépendante. L'on entend dire «indépendant». Comment est-ce possible, dans un pays souverain, dont d'ailleurs l'appareil judiciaire a été mis en branle pour que les présumés coupables répondent de leurs actes ? Si tel peut être le cas, la RDC prendrait la direction des opérations, affirmait un membre du Gouvernement congolais.

Non, rétorquent les Nations Unies, par le biais du Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme. Qui en sortira vainqueur ? En tout cas, eu égard à la détermination affichée par les deux parties, de camper chacune dans son camp, lieu de dire qu'elles s'engagent dans une guerre des nerfs. Voilà qu'évoquer le nom du ministre d'Etat, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Alexis Thambwe Mwamba, renvoie à une guerre des nerfs entre Bruxelles et Kinshasa. L'on continuera à se demander comment un ministre en fonction, mieux en mission officielle, peut faire l'objet de poursuites judiciaires dans un pays étranger. Sur base de quelle compétence, la Belgique agit-elle ? Puisque la justice belge est saisie et compte tenu des procédures alambiquées dans le domaine, Kinshasa et Bruxelles seront loin de parler le même langage.

Toujours en internationale, il y a la question des sanctions ciblées contre certaines personnalités au pays. Autant que l'Union européenne affiche sa fermeté dans la prise des sanctions, autant les autorités du pays envisagent une réplique à la hauteur. Dans certains milieux, il y a des noms des officiels européens qui circulent. Ces derniers, indique-t-on, se verront infliger des sanctions au titre des mesures de réciprocité. La question des élections est une autre guerre des nerfs entre Kinshasa, l'ONU, la communauté internationale ainsi que certains partis politiques de l'opposition radicale au pays. En toile de fond, l'organisation des élections à fin décembre 2017. C'est dire que dans 6 mois, la RDC devra organiser les élections, conformément à l'Accord de la Saint Sylvestre. Or, au regard des impondérables avancés par la Commission Electorale Nationale Indépendante, il appert que cette hypothèse soit d'ores et déjà exclue. Nangaa ayant soutenu vouloir publier le fichier électoral harmonisé en octobre, mois qui était initialement retenu pour la convocation de l'électorat.

Qui infléchira la position de l'autre ? C'est encore matière à débat. Enfin, s'il faut recenser des faits à l'origine d'une guerre des nerfs, l'application de l'Accord du 31 décembre 2016 n'échapperait point. Au Rassemblement de Limete, tout peut être dit, sauf parler de l'application de cet Accord, qui souffre de graves violations de la part de la Majorité présidentielle, dès la signature de l'arrangement particulier. Or, au sein de cette méga plateforme, il y a de grandes avancées dans son application. Là aussi, c'est tout une guerre des nerfs, si l'on se met à faire la comptabilité des actes posés par l'une ou l'autre partie. Peut-être que la démarche initiée par Kofi Annan et neuf autres anciens chefs d'Etats africains, pourrait déboucher sur une voie de sortie. Sinon, la guerre des nerfs va perdurer.

La Pros.

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