19 Juin 2017

Madagascar: L'Etat en faillite - Emprunt auprès d'une banque primaire pour payer les fonctionnaires

Le non-respect de la conditionnalité des bailleurs est sans doute à l'origine du non-déblocage des financements.

On croyait que la nomination de Gervais Rakotoarimanana comme Grand argentier allait ouvrir le robinet des financements extérieurs, mais force est de constater qu'il n'en est rien. La pirouette du ministre des Finances et du Budget par rapport aux subventions allouées à la JIRAMA est probablement un frein au déblocage des fonds. On se souvient qu'il avait partagé la position de la représentante de la Banque mondiale Coralie Gevers qui avait déclaré que seuls 14% des Malgaches ont accès à l'électricité.

Voilà pourquoi la Banque mondiale est pour la diminution progressive des subventions à accorder à la JIRAMA que le ministre des Finances et du Budget vient pourtant d'augmenter à 220 milliards d'Ariary. Un non-respect de la conditionnalité des bailleurs de fonds qui est sans doute pour quelque chose dans le non-déblocage des financements, notamment les 10 milliards de dollars promis lors de la Conférence des Bailleurs et des Investisseurs (CBI) début décembre 2016 à Paris. Pointé du doigt sur le plan international pour le non-respect de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, le régime HVM fait face actuellement à un énorme problème de budget.

De source bien informée, la caisse de l'Etat serait vide, ou enfin presque actuellement. L'Etat étant sur la situation de faillite, l'Exécutif aurait donc été obligé d'emprunter de l'argent auprès d'une banque primaire à l'étranger pour payer les salaires des fonctionnaires. Ici, le conditionnel est de rigueur, même si l'information a été confirmée par des sources auprès du Ministère des Finances et du Budget et au niveau de la Présidence de la République. Reste à savoir les modalités de remboursement et surtout les taux d'intérêts.

Solutions tiptop. En tout cas, cette option n'a jamais été opérée au pays même du temps du régime transitoire où les aides extérieures ont été coupées suite au changement de régime jugé anticonstitutionnel par la Communauté internationale. Ne bénéficiant pas de la confiance des bailleurs de fonds habituels, le régime HVM opte pour les financements parallèles. D'après les informations, une délégation de la Présidence de la République serait en ce moment en Chine pour négocier le déblocage d'une somme d'argent pour financer des projets sociaux.

Pas plus tard que la semaine dernière, le Conseil des ministres a décidé l'affectation d'une partie du budget des autres ministères, sur la caisse des trois départements ministériels en charge des questions sécuritaires, afin de mettre en œuvre une stratégie efficace pour la lutte contre l'insécurité. Cette option confirme le fait que le « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara », faisant face à un manque de budget, tente de résoudre les problèmes par ses solutions tiptop.

Détournements. Bon nombre d'observateurs estiment également que c'est la mauvaise gestion qui est à l'origine de ce déficit budgétaire. Mis à part les détournements et les trafics en tout genre opérés par des hauts responsables étatiques, le gaspillage du budget de l'Etat est aussi devenu la règle de comportement au niveau de l'Administration. Chaque semaine, le communiqué du Conseil des ministres évoque des communications verbales relatives à des déplacements à l'étranger du président de la République et des membres du gouvernement.

Des déplacements qui, pour l'heure, n'ont apporté aucun résultat sur le social de la population. Nul n'ignore pourtant que chaque déplacement à l'étranger coûte plusieurs centaines de millions d'Ariary à l'Etat qui doit financer le séjour tous frais payés de toute une délégation composée parfois des proches et des familles des hauts fonctionnaires habitués à faire du shoping à l'étranger.

Promesses. Même pour les déplacements en provinces, les membres du gouvernement et leur suite sont indemnisés au frais de l'Etat. En ce moment, l'Exécutif au grand complet est à Toliara pour assister au Conseil des ministres décentralisé qui aura lieu mercredi prochain dans la capitale de la Région Atsimo Andrefana.

Les délégations gouvernementales qui sont déjà à Toliara depuis le week-end dernier vont pouvoir profiter un peu du soleil même si l'on sait que ce Conseil décentralisé ne va pas changer la situation socioéconomique de la population du Sud. Nul n'ignore que bon nombre des promesses faites durant le Conseil décentralisé à Antsiranana n'ont pas encore été réalisées jusqu'ici.

D'après les informations, tous les hôtels affichent plein à Toliara. A noter que les tenants du régime ont profité de cette descente dans l'Atsimo Andrefana pour organiser le Congrès régional du parti « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara ». Une véritable démonstration de force des « kravaty manga » a d'ailleurs été organisée samedi. A l'occasion, le président national du HVM, le ministre Rivo Rakotovao a déclaré que le HVM va tout faire pour gagner la Présidentielle de 2018.

Les tenants du régime devraient toutefois jouer la carte de la transparence en ce qui concerne le budget utilisé durant cette descente à Toliara. En tout cas, à l'allure où vont les choses, sur le plan politique, le HVM risque également de s'exposer à la banqueroute.

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