19 Juin 2017

Sénégal: seydou nourou ndiaye directeur des editions papyrus sur la production scientifique des langues nationales - «des milliards engloutis sans impacts reels sur l'economie»

L'enseignement des langues nationales doit être évalué et capitalisé pour donner un nouveau souffle au développement socioéconomique du Sénégal. C'est ce que préconise Seydou Nourou Ndiaye, directeur des Editions Papyrus. Il co-animait samedi dernier une conférence publique sur l'impact de nos langues nationales dans le développement.

Très dubitatif sur l'impact réel de nos langues nationales dans le développement socioéconomique, malgré tous les efforts consentis de 1960, à nos jours, en termes de ressources humaines et financières, Seydou Nourou Ndiaye, directeur des Editions Papyrus débattant samedi dernier sur la problématique: «L'Economie politique des langues nationales: Langues nationales et développement» dans le cadre des activités mensuelles des «Samedi de l'Economie» a fait valoir la nécessité de faire l'état des lieux, condition sine qua non pour avancer.

De l'avis de ce membre-fondateur de l'Union des écrivains du Sénégal en langues nationales (Ueslan), «depuis notre accession à la souveraineté internationale, des milliards ont été engloutis dans l'alphabétisation des langues nationales, sans d'impacts réels». Par conséquent, dira t-il: «Il est tant qu'on fasse un état des lieux pour nous situer et projeter notamment les contenus de nos langues nationales», a appuyé M. Ndiaye, par ailleurs membre-fondateur de l'Association sénégalaise des éditeurs (Ase).

Se voulant rassurant, il convoque les observations de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) en déclarant de manière succincte qu': «Aucun pays peuple ne peut se développer en utilisant la langue des autres». Illustrant cette déclaration, il évoque le cas pratique de la «Corée du Sud qui est devenu pays développé à partir de ses langues nationales».

Pour dire que le développement d'un pays et intrinsèquement lié à sa langue nationale par consensus ou ses langues nationales officielles. Mieux, des études scientifiques démontrent à suffisance qu'un enfant enseigné en langue locale est beaucoup plus apte à comprendre mieux et vite les concepts, les formes entre autres. Jugeant utile et nécessaire de développer nos langues nationales pour booster l'agriculture socle de tout développement socioéconomique, il fait le parallèle, en convoquant le rapport 2011 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao) couvrant la période 1994-2003 qui mentionne ceci: «L'agriculture occupe la majorité de la population sénégalaise, soit plus de 70% de cultivateurs et d'éleveurs en zones rurales».

Son co-débatteur Aboubakry Moussa Lam, enseignant à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de lui conforter: «Beaucoup de nos enfants n'arrivent pas s'en sortir avec les mathématiques par ce qu'ils ont des blocages dans les concepts. Il suffirait tout simplement de les expliquer en langues nationales pour qu'ils comprennent rapidement. Sous ce rapport, il s'avère pertinent de produire une documentation scientifique permettant à nos agriculteurs de comprendre les techniques culturales aux fins de booster la production agricole».

Selon lui: «Bon nombre de nos agriculteurs utilisent des produits et techniques culturales dont ils n'ont aucune maitrise». «Et ceci est contre productif», a-t-il soutenu.

Toutefois, il n'a pas manqué de déplorer l'absence de volonté politique réelle de la part de nos gouvernants qui se sont succédé à la tête de l'Etat. «Aujourd'hui, pas grande chose n'a été faite pour développer et vulgariser nos langues nationales», a-t-il regretté.

Plus de 136 productions en langues nationales depuis 1996

«A ce jour, nous sommes à plus de 136 manuelles. Nous sommes dans l'expérimentation et non dans la production marchande. Aujourd'hui, nous sommes en train de capitaliser nôtre expérience, malheureusement nous n'avons pas l'appui conséquent et cohérent de la part des pouvoirs publics», a-t-il fait savoir.

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