19 Juin 2017

Tunisie: Kamel Rekaya - «Savoir intégrer le gotha mondial»

- L'entraîneur national est très satisfait des qualités des joueurs

- Le championnat national ne peut pas être intéressant si le COK ne joue pas pour le titre

- L'état financier de la Ftvb ne permet pas la participation tunisienne à la CAN Dames

Discret, humble et calme. Venu depuis douze ans à la tête de la direction technique nationale pour prendre une part active à l'évolution du volley-ball, Kamel Rekaya passe le plus clair de son temps à se documenter, à assurer l'assistance technique au sein des clubs tout en accordant un intérêt particulier pour la formation continue des entraîneurs et pour le travail de base, à donner des cours et diriger les séminaires partout et ailleurs en tant qu'instructeur international auprès de la Fédération internationale de volley-ball.

Il a accepté de répondre à nos questions qui préoccupent la scène sportive, notamment la participation tunisienne à la World League de cette année. Interview.

La World League poursuit son chemin. L'équipe de Tunisie est quasiment hors course après les deux tournois du premier tour. Comment jugez-vous cette quatrième participation consécutive?

Je tiens d'abord à préciser un point important. La direction technique agit en fonction d'un plan quadriennal 2017-2020 extrêmement performant.

La World League, cette compétition annuelle de grande envergure, occupe une place privilégiée dans notre plan dans la mesure où elle permettra au volley-ball tunisien d'intégrer progressivement le gotha mondial. C'est l'un de nos objectifs primordiaux.

Pour l'édition de cette année, je suis persuadé que l'équipe de Tunisie a convenablement géré sa participation. L'objectif était d'être parmi les cinq premiers du classement final de la troisième division à douze équipes. Chose faite avec quatre victoires et deux défaites. C'était mieux que l'édition 2016, où la Tunisie s'est contentée de la huitième place.

Les résultats obtenus sont conformes à nos prévisions. Pourtant, la qualification au tournoi final du Mexique était à notre portée.

Perdre une qualification à la portée fait mal après tout...

Avec le potentiel humain dont disposait le sélectionneur national pour la World League, être parmi le quatuor de l'étape du Mexique était notre souhait. Pour être objectif et surtout réaliste, disons que le groupe n'était pas en possession de tous ses moyens pour réaliser une bonne entrée en matière dans le premier tournoi aussi bien que dans le second.

Quand il vous manque le temps nécessaire pour préparer une telle échéance, il est vraiment difficile d'aller loin. Malgré cela, nous avons tenté notre chance jusqu'au bout.

L'équipe de Tunisie a passé le cap du Monténégro avec le moindre dégât et s'est adjugé la première place. A l'entame du tournoi de Tunis, elle a subi une défaite face à la modeste équipe de Kazakhstan que personne n'attendait. Comment justifiez-vous ce revers?

L'équipe est tombée dans la facilité et n'a pas pris son adversaire au sérieux. J'avoue qu'il y avait un excès de confiance qui nous a été fatal. En volley-ball, un simple relâchement aura tout de suite ses effets négatifs sur le comportement de l'équipe.

Si le Kazakhstan a eu raison de nous, c'est parce que nous avons perdu nos repères. Il a profité de nos défaillances et a su tirer son épingle du jeu. Une autre équipe aurait sans doute sombré après la défaite face au Kazakhstan. Ce ne fut pas le cas de la Tunisie. Et cela est très important.

L'ensemble tunisien a réagi face un Taïwan, très fort en défense et rapide dans ses combinaisons d'attaque, et un Monténégro, assez performant.

Vous avez tout de même récolté des satisfactions dans cette nouvelle participation à la World League n'est-ce pas ?

A part le faux pas inattendu face au Kazakhstan qui constituait un simple incident de parcours, l'équipe de Tunisie s'est disciplinée dans le respect des consignes, du plan de chaque rencontre.

Elle a comme préoccupation de maintenir un niveau de jeu constant quel que soit l'adversaire. L'équipe a affiché une certaine stabilité et c'est déjà un acquis. On veut que l'équipe de Tunisie se débarrasse des hauts et des bas, et aille au bout de son potentiel.

Une équipe, c'est un groupe de copains qui est prêt à aller au combat du début à la fin. Des gens solidaires, qui ont du courage, qui sont tenaces.

C'est l'exemple de l'équipe de Tunisie ?

Pas encore. Il faut du temps pour que l'équipe soit capable de relever les défis qui l'attendent. L'essentiel dans l'immédiat c'est qu'il y a des prémices rassurantes. L'entraîneur national est très satisfait des qualités des joueurs.

Et quand on dispose de joueurs qui se valent, le choix sera difficile pour le six de base. Je veux saluer tous les joueurs pour leur esprit de corps, leur comportement exemplaire sur et hors du terrain, et leur rage de se surpasser, sans compter cette maîtrise dans les moments difficiles.

Ce qui m'a également fait plaisir, c'est de voir que deux joueurs chevronnés, en l'occurrence Mehdi Ben Cheik et Hichem Kaâbi, utilisés rarement, contribuent à l'encadrement du groupe, incitent les joueurs sur le terrain à redoubler d'efforts et donnent de la voix aux actions spectaculaires. Une certitude émerge : l'équipe est en train de gagner en expérience et en maturité.

Y a-t-il aussi d'autres acquis, notamment sur le plan individuel aussi bien qu'à l'échelle financière ?

Oui, Hamza Nagua a été élu meilleur attaquant de tous les tournois de la troisième division et c'est mérité, alors que Khaled Ben Slimène occupe la deuxième place du tableau des meilleurs passeurs.

Côté matériel, la récompense au tournoi du Monténégro s'est limitée à dix-neuf mille dollars. Celle du tournoi de Tunis est égale à seize mille dollars, alors que le droit de participation à la World league est de quarante mille dollars.

Sachant que la prime de qualification au tournoi final est dans l'ordre de cinquante mille dollars.

Le plan quadriennal a suscité l'admiration du président de la Fivb Ary Garça qui a promis une aide importante pour l'équipe de Tunisie, tient-il sa promesse ?

Je sais que le président de la Fivb va soutenir l'équipe de Tunisie seniors masculine et l'entourer de toutes les conditions de réussite. Ce sera de sa part une belle initiative, largement appréciée.

Il y a un après-World League?

Assurément. On prendra sans doute les mesures nécessaires pour avancer. C'est également la voie qui nous éclaire le futur. Avec d'autres idées, peut-être d'autres stratégies, etc. tout en faisant bien attention de ne jamais renier, ni tourner le dos à ce qui a été fait.

Pourquoi n'exploitez-vous pas les compétences de ceux qui sont dotés de palmarès éloquents et de carrières bien garnies, comme Mounir Gara, Foued Kammoun, Fethi M'kaouer, Hamadi Kerkeni, en les rassemblant dans une commission consultative susceptible de donner un nouveau souffle à notre volley-ball...

L'idée pourrait-elle faire son chemin?

Je suis très ouvert pour cette initiative. Les entraîneurs de renom et hautement qualifiés et de la trempe des noms que vous venez de citer sont indispensables dans toute action de la direction technique. Ils ont les qualités requises pour construire un réservoir d'idées.

D'ailleurs, j'ai compté sur leur large expérience pour enrichir les thèmes et animer les débats des trois séminaires importants organisés à La Marsa, Hammam-Sousse, et au siège de la Ftvb, au cours de la saison écoulée.

Comment évaluez-vous la saison écoulée

Le titre s'est joué entre deux équipes seulement, l'EST et l'ESS. Avant-ils étaient cinq. Le CSS passe par une période difficile et espère renouer avec les premiers rôles. La Saydia possède un projet lui permettant de viser haut, voire les titres.

Mais tout compte fait, la compétition nationale ne peut pas être intéressante et agréable si le CO Kélibia ne fait pas partie de la course au titre. J'ai l'impression que ce prestigieux club est en train de préparer l'avenir.

D'ailleurs, il venait de se tailler la part du lion du contrat-programme grâce à un travail de formation entrepris de grande haleine.

De toutes les façons, la formule du championnat national va être révisée, comme pour toutes les autres catégories. Je vais inviter tous les entraîneurs après Ramadan pour la circonstance et présenter leurs suggestions.

A quand le démarrage de la nouvelle saison ?

Je n'ai pas une date officielle de la CAN pour que je puisse fixer la date du début de la saison.

La CAN bascule pour l'instant, entre fin septembre, début et fin octobre. La politique de la Cavb est désastreuse. On prévoit la date du 4 juillet pour entamer la campagne de la préparation.

Y a-t-il des joueurs qui vont renforcer l'effectif ?

Les nouveaux venus seront Mohamed Ben Youssef du COK, Marouène Mrabet de l'ESS, Fadi Ben Hmida de l'ASH et Mehdi Ktata de l'USTS.

L'équipe nationale féminine va-t-elle participer à la CAN du Cameroun.

Je pense que non. On n'a pas les moyens financiers suffisants pour répondre même aux exigences de la préparation. Le budget amoindri de 30% oblige.

Vous êtes optimiste ou inquiet pour le volley-ball national?

Optimiste pour l'avenir de l'équipe nationale seniors garçons, inquiet pour les clubs au niveau de la formation des jeunes et la situation des entraîneurs des jeunes.

Il faut créer pour chaque club un centre de formation et activer l'entrée en exploitation du Centre national de promotion à Kélibia.

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