22 Juin 2017

Cameroun: Aquaculture - La microfinance tend son filet

Des travailleurs de ce secteur sont à l'école des techniques de production depuis mercredi dernier. Développer l'aquaculture commerciale afin de réduire les importations de poisson.

Un objectif visé par le gouvernement camerounais, dans un contexte où la production halieutique nationale n'arrive pas à combler l'ensemble des besoins des populations estimés à près de 400 000 tonnes par an. Et parmi les activités mises en place pour atteindre cet objectif, une session de formation du personnel des établissements de microfinance (EMF) en pisciculture commerciale, en cours à Douala. Un atelier de trois jours ouvert mercredi 21 juin et qui s'achève ce vendredi dans les locaux de la Caisse de développement de la pêche maritime (CDPM) à Mboppi.

La formation servira notamment à fournir aux participants des informations nécessaires pour comprendre les techniques de production et les données économiques de la pisciculture afin d'y investir. Cette session s'inscrit dans la suite logique des initiatives mises en place par le ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales depuis plusieurs années pour booster l'aquaculture commerciale, dans le cadre du programme intitulé : « Développement des productions halieutiques ». Initiatives en termes de modernisation de l'outil de production, d'introduction et de vulgarisation des nouvelles technologies et techniques de production, d'amélioration de la disponibilité et de l'accessibilité des intrants de bonne qualité, de renforcement des capacités des acteurs, etc.

Et dans ce vaste chantier, le principal problème posé par les exploitants est l'accès au crédit, l'accès au financement pour pouvoir améliorer leur capacité de production, comme l'explique David Kengne, Country Director de la plateforme de Crowdfunding Mango-Finance, après une étude menée en 2016 dans une trentaine de fermes piscicoles à travers le pays. Cette rareté des financements est due à « la méconnaissance de ce sous-secteur par les professionnels de la finance », de l'avis du Dr Emma Belal, directeur des pêches, de l'aquaculture et de l'industrie halieutique, représentant du Minepia lors de la cérémonie d'ouverture mercredi.

Parole aux acteurs

Dr Salvador Ngoande: « Une niche d'emplois et de richesse »

Secrétaire exécutif CDPM

« Nous sommes là dans une filière porteuse, qui peut créer des emplois, de la richesse. La problématique est : comment transformer les potentiels acteurs en entrepreneurs. Comment faire pour que leurs exploitations deviennent des Pme. Il faut construire les installations, acheter des alevins, des aliments, payer l'expertise. L'idée, c'est que ces acteurs soient tournés vers le marché, qu'ils puissent contribuer à réduire la demande qui est satisfaite essentiellement par les importations, en améliorant l'offre nationale. On est vraiment à un tournant du développement du secteur ».

David Kengne: « La microfinance est plus flexible »

Country Director, Mango Finance

« Nous sommes une plateforme qui mobilise des ressources à travers le monde pour le financement des micro-activités. Au Cameroun, la plupart des exploitants piscicoles rencontrés par Mango Finance gèrent une petite activité et ils ne peuvent pas réunir les conditions leur permettant d'accéder au financement bancaire classique. Et nous pensons que la microfinance a des financements adaptés, plus flexibles pour ce genre d'activité. Après avoir approché des banques commerciales et des structures de microfinance, une vingtaine dans la 2e catégorie ont reçu favorablement notre démarche. Il est donc question lors de cette formation de les doter d'outils d'analyse technico-économique du potentiel piscicole au Cameroun et des risques liés à l'activité ».

Salomon Beko'o: « Notre accompagnement est intégral »

Directeur général du Fonds d'investissement solidaire (Fodis)

« Nous sommes venus partager notre expérience. En effet, depuis 2016, nous avons lancé un programme d'accompagnement des promoteurs de microprojets et nous avons commencé par la pisciculture car nous avons constaté que les risques sont facilement identifiables et maîtrisables. Les cycles sont très courts, entre trois et cinq mois. Notre accompagnement est intégral, de la réalisation du projet à la commercialisation, en passant par l'exploitation. La commercialisation est assurée par nos partenaires, le ministère du Commerce et le Minepia. Nous avons accompagné quatre petits exploitants pour un volume d'investissement de 5 millions F. Dans quelques jours, nous allons mettre sur le marché, pour un étang de 300m², entre 1,2 et 1,5 t de poisson ».

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