30 Juin 2017

Afrique: La science et la technologie au cœur du Forum mondial sur la Nicotine

interview

La 4e édition du Forum mondial annuel sur la nicotine s'est tenue à Varsovie, du 15 au 17 juin. Il y a été discuté les différentes alternatives à la cigarette, des alternatives moins nocives de consommer la nicotine pour ceux qui souhaitent continuer de fumer. Quelles sont ces alternatives, comment fonctionnent-elles, sont-elles vraiment moins nocives ?

Interview du professeur Emmanuel C. Peitsch, Chief Scientific Officer de la société Philip Morris International (PMI).

Au cours de ce Forum sur la nicotine, il y a eu plusieurs présentations sur des produits du tabac chauffé et les cigarettes électroniques, quelle est la différence entre tous ces produits, quels sont les avantages et les inconvénients, sur quels produits Philip Morris met-il l'accent ?

Il y a différentes techniques, différentes technologies : dans l'une d'elle, la nicotine est extraite mélangée à du tabac ou mélangée à un liquide qui ensuite est transformé en aérosol dans un appareil électronique à l'aide d'une mèche, avec un serpentin métallique qui chauffe et qui crée de cette manière-là cet aérosol.

Dans le cas des produits à tabacs chauffés, la nicotine est contenue dans la tige de tabac et l'utilisateur obtient sa dose de nicotine par un phénomène de distillation. On ne brûle pas le tabac, on crée de la chaleur, dans une cigarette conventionnelle la chaleur est créée lorsque la cigarette est allumée. Dans le cas du tabac chauffé, c'est une autre technologie qui est utilisée pour chauffer le tabac à une température qui permet la distillation de la nicotine à partir de la matrice naturelle du tabac, sans arriver à des températures qui causent la combustion.

Quel est l'avantage de cette technologie, parce qu'on connait surtout la cigarette électronique, avec la nicotine liquide, est-ce que vous avez pu établir quel est le meilleur choix?

Je peux vous expliquer à travers deux choses qui sont les deux défis dans l'équation de la réduction de la nocivité: le premier défi est un défi de nature biologique ou biomédical où il faut diminuer le risque du produit utilisé pour le consommateur. Le produit avec le risque maximal, c'est la cigarette conventionnelle. Le risque minimal  c'est la cessation, c'est cela le meilleur choix.

Le deuxième défi est un défi d'acceptation. Le produit doit être suffisamment  accepté par un fumeur adulte pour qu'il ait envie d'abandonner la cigarette est d'adopter ce nouveau produit. Le produit qui est le plus accepté chez un fumeur adulte malheureusement, c'est ce qu'il est en train de fumer aujourd'hui : la cigarette combustible. Ce qui est plus difficile pour un fumeur adulte c'est d'arrêter de fumer du jour au lendemain. Vous avez en fait ces deux défis qui sont presque opposés.

En même temps, il faut que l'expérience soit plus proche d'un point de vue gustatif, d'un point de vue rituel, d'un point de vue similitude à la cigarette. Si vous êtes fumeur de cigarette  vous recherchez quelque chose qui ressemble gustativement et sensoriellement à la cigarette, une bonne proportion des personnes ira plutôt vers un produit comme l'IQOS, contenant du tabac chauffé.

Que ce soit une cigarette électronique ou du tabac chauffé, c'est une question de préférence. Et pour offrir ces différentes préférences il faut une variété de  produits.

Une question pour une personne qui n'a aucune idée de ces nouveaux produits : qu'est-ce qui vous permet de dire que les produits à tabac chauffé sont potentiellement moins dangereux que les cigarettes classiques ?

A la base, la principale toxicité de la fumée de la cigarette est dûe aux substances qui résultent de la combustion. Quand on brûle du matériel biologique, que ce soit du bois ou du tabac, quand on pyrolyse à l'extrême, on va créer toutes sortes de substances. L'objectif du tabac chauffé, c'est de s'affranchir complètement de la combustion. Ce qui nous permet de dire qu'il y a moins de risque.

La deuxième chose, est que nous avons testé ces produits sur la base de pratiques de chimie analytique très poussées, avec des appareils de très haute précision pour mesurer les quantités de produits toxiques qu'il y a par rapport à la cigarette conventionnelle.

Avec IQOS, notre premier produit de tabac chauffé, nous avons une réduction en moyenne de 90 à 95% des niveaux deces substances toxiques.

Ensuite, nous effectuons des test cliniques chez l'homme pour vérifier que nous avons effectivement une réduction de l'exposition du consommateur à ces produits toxiques, en comparant ces fumeurs avec des personnes qui ont adopté le produit de potentiel à risque réduit pendant la durée de l'étude et ceux qui ont arrêté de fumer de manière à prouver et à démontrer à quel point les personnes qui passent à un produit à risque potentiellement réduit sont proches de ceux qui ont arrêté de fumer.

Est-ce que les professionnels de santé publique sont d'accord avec vos arguments, avec vos ambitions, est-ce qu'ils sont convaincus ?

Je dirais qu'ils ne le sont pas tous mais de plus en plus ! Nous sommes sur le bon chemin. Tout le monde est d'accord que la cessation est la meilleure façon de réduire les risques. Mais s'il n'y a pas de cessation, si les  personnes ne veulent pas s'arrêter ? Maintenant de plus en plus de spécialistes en santé publique sont d'accord sur le fait qu'il y a effectivement un rôle dans cette équation pour des produits à risque potentiellement réduit.

Pour le moment le produit-phare sans combustion, c'est vraiment la cigarette électronique, dans certains pays comme la Suède nous avons le SNUS qui est banni dans bien des parties du monde. Et puis nous avons le tabac chauffé, qui est en quelque sorte le 3e entrant, pas historiquement, mais sur le plan du taux de succès.

Les produits à tabac chauffé datent du siècle passé. Il y a eu des expérimentations mais qui ont été des échecs. Ce n'est pas quelque chose de nouveau, de surprenant. Ce qui est nouveau, ce sont les technologies : on peut faire au 21e siècle des choses qu'on ne pouvait pas faire au 20e siècle grâce au développement technologique des batteries, des micro-senseurs électroniques, etc.

Je viens du Sénégal et tout ce qui est cigarette électronique n'est pas très répandu, est-ce que Philip Morris pense à commercialiser ces produits en Afrique où le pouvoir d'achat est faible et la connaissance de ces produits minimale ?

L'idée est finalement qu'on puisse un jour faire que tous les fumeurs consomment des produits sans fumée y compris en Afrique parce qu'on pense vraiment à tous les fumeurs.

Nous aurons plusieurs plateformes à des prix différents pour être sûrs que tous les consommateurs y aient accès. Nous avons déjà commencé puisque IQOS est déjà disponible en Afrique du Sud. En Afrique du Sud, les sticks sont vendus à des prix comparables aux cigarettes classiques. Il faut garder à l'esprit que nous disposons de 4 produits différents avec des prix différents à la base et le coût initial de l'électronique va diminuer avec le temps et avec les économies d'échelle.

Est-ce qu'il y a des programmes d'information sur  ces produits ailleurs, est ce qu'on essaie déjà d'informer les gens dans le reste de l'Afrique ou bien il y a des réticences de la part des gouvernements dans ces régions ?

Nous en parlons partout où nous sommes, nos collègues en parlent partout où ils vont. Notre présence à cette conférence est la preuve que nous sommes ouverts à la discussion pour parler de nos produits, et que notre engagement pour un monde sans fumée est réel. Par exemple, nous étions justement récemment à Bamako pour présenter notre nouvelle vision d'un monde sans fumée aux medias de la région francophone.

A ce propos, il y a toujours la suspicion contre l'industrie, beaucoup se disent qu'il y a beaucoup d'argent dans la cigarette et que l'industrie du tabac veut remplacer la cigarette par autre chose pour continuer à faire beaucoup de bénéfices. Après avoir fait beaucoup de mal, pourquoi l'industrie du tabac veut-elle faire le bien maintenant ?

Comme toutes les entreprises nous cherchons faire des bénéfices, c'est évident. Mais  en même temps nous sommes aussi conscients du fait qu'il y a des préoccupations par rapport aux thématiques de la santé et des produits du tabac et de la cigarette. Pour une entreprise le fait de répondre à ces préoccupations est un plus et c'est la meilleure chose à faire. Et aujourd'hui, la technologie et la science nous permettent de le faire.

Avant, ce n'était pas le cas. Il y a eu un prédécesseur à IQOS – le Heatbar – qu'on a testé en 2006 mais sans succès. La batterie était gigantesque, ça ne donnait que huit bouffées, ce n'était pas chauffé centralement. Le gout du produit n'était vraiment pas à la hauteur de la cigarette.

La biologie a également évolué, cette biologie n'existait pas au siècle dernier parce qu'on ne connaissait pas le génome humain. Malheureusement, il ne pouvait pas y avoir de biologie des systèmes.

Il y a toutes ces choses qui sont arrivées avec le 21e siècle qui rendent maintenant cette offre possible et faisable et c'est pour ça que nous mettons énormément de pression sur nous-même pour avancer le plus rapidement possible dans ce sens.

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