6 Juillet 2017

Guinée Equatoriale: Réquisitions du parquet contre Téodorin Obiang - En attendant le verdict...

analyse

Envers et contre les autorités équato-guinéennes, le procès de Téodorin Obiang Nguema poursuivi pour « blanchiment d'abus de biens sociaux, détournements de fonds publics, abus de confiance et corruption », ouvert le 2 janvier 2017 et qui a repris en mi-juin dernier, poursuit son petit bonhomme de chemin.

En effet, après le bal des témoins à la barre, l'heure est venue pour le parquet, de faire ses réquisitions avant que débutent les longues et lancinantes plaidoiries des avocats. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le procureur n'est pas allé avec le dos de la cuillère pour affirmer que les 150 millions d'euros dépensés en France par le fils de l'autre, par ailleurs vice-président de la Guinée Equatoriale, sont d'origine frauduleuse. Morceau choisi : « Si Téodorin Obiang est le premier à être jugé dans les affaires de biens mal acquis, ce n'est pas qu'il est une cible, mais parce que son cas ne présente aucune difficulté pour le délit de blanchiment », a-t-il déclaré.

Et d'ajouter avec un brin d'ironie : « A moins d'être l'homme d'affaires le plus performant de la planète, cet argent ne peut que provenir d'un détournement de fonds publics ». C'est donc pour cette raison que le ministère public représenté par Jean-Yves Lourgouilloux, a requis trois ans de prison ferme assortis de 30 millions d'euros d'amende et la confiscation des biens saisis.

En attendant donc le verdict du tribunal correctionnel de Paris, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit là d'une victoire d'étape pour les associations anti-corruption, en l'occurrence Sherpa et Transparency International qui, depuis 10 ans, n'ont pas plié l'échine et cela, en dépit des réticences politiques et judiciaires sur fond de manœuvres dilatoires ourdies par les autorités de Malabo qui, on le sait, ne voulaient pas de ce procès.

Le procès de Téodorin ne passe pas inaperçu

Car, il faut le dire, même si Téodorin Obiang n'est pas physiquement présent dans le box des accusés, ce procès hautement médiatisé pour « biens mal acquis », en plus de constituer une mauvaise publicité pour la Guinée Equatoriale, aura une valeur pédagogique pour tous ces dirigeants africains qui, toute honte bue, passent leur temps à piller les ressources de leurs pays respectifs pour se bâtir des fortunes considérables en Occident.

Et au-delà de Malabo, on peut être sûr d'une chose : le procès de Téodorin ne passe pas inaperçu. Il est très bien suivi à Libreville où le clan Bongo a vu plusieurs de ses biens immobiliers saisis en France, sur décision de justice. Il en est de même à Brazzaville où Julienne, la fille aînée du président Denis Sassou Nguesso, et son époux ont naguère été mis en examen par la Justice française, dans le cadre de cette affaire de « biens mal acquis ». Comme le dit donc l'adage, « le renard passe passe, chacun a son tour ».

Aujourd'hui, c'est Téodorin Obiang, demain, ce sera peut-être Julienne Sassou ou Ali Bongo ou devrions-nous dire plutôt Ali Baba. On attend de voir.

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