6 Juillet 2017

Egypte: La FIDH dénonce le «business assez ignoble» de la société française Amesys

En France, une enquête publiée par l'hebdomadaire Télérama mercredi 5 juillet affirme que la société française Amesys, spécialisée dans la vente de systèmes de surveillance numérique, a changé de nom et d'actionnaires pour vendre ses services au nouveau pouvoir égyptien du général Abdel Fatah al-Sissi.

Dans une conférence de presse, la FIDH assure que ce système d'écoute aurait coûté 10 millions d'euros, était acheté officiellement pour lutter contre les Frères musulmans, mais qu'il est aujourd'hui utilisé à large échelle. 40 000 opposants égyptiens sont dans les prisons où ils subissent des exactions multiples.

Ce qui choque le plus la Fédération Internationale des Ligues droits de l'Homme, dans cette affaire révélée par Télérama, c'est le sentiment d'impunité de la société Amesys. Pour la FIDH, l'Egypte aujourd'hui est comme la Libye hier : un état dictatorial et autoritaire qui viole les droits de l'homme. En vendant ce système de surveillance de communications à l'Egypte, alors qu'elle est poursuivie, Amesys fait, selon l'organisation, « un pied de nez à la justice française ».

Pour vendre son matériel, Amesys s'est installé à Dubaï sous un autre nom. Un « subterfuge », selon Patrick Baudouin, avocat et président d'honneur de la FIDH: « C'est une façon de contourner la loi, et une façon pour les autorités françaises de couvrir un business assez ignoble, en essayant de se décharger de sa responsabilité. Parce que l'Etat français essaie de faire croire qu'en laissant la société Amesys créer des structures fantoches à Dubaï ou ailleurs, qui sont censés être fournisseurs du matériel incriminé, cela permettra d'échapper aux poursuites judiciaires. Mais je pense que l'écran de fumée peut être dissipé dans le cadre d'une instruction, et que l'on reviendra à la responsabilité de la société Amesys et de ses dirigeants ».

LA FIDH, dénonce une hypocrisie d'état. Depuis 2013, la loi française contraint les exportateurs de ces technologies à double usage, civil et militaire, à obtenir l'aval de ce que l'on appelle le Service de biens à double usage. Or, si cette structure rattachée à l'Etat n'a pas donné son aval, elle ne s'y est pas opposée non plus.

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