11 Juillet 2017

Congo-Kinshasa: Réagissant à la déclaration des Evêques Catholiques - Richie Lontulungu - «la guerre des fidèles est imminente en RDC» !

Les Evêques catholiques seront-ils responsables d'une crise insurmontable les jours à venir ? Le tableau des faits présenté par Richie Lontulungu, Analyste sociopolitique, souligne implicitement que les prélats catholiques ont agité la ruche d'abeilles par leur série de déclarations depuis qu'ils ont été responsabilisés, par le Chef de l'Etat, de faciliter la cohésion nationale.

Au Congo-Kinshasa, les congolaises et congolais ne savent plus par quel pas danser. La société congolaise est aujourd'hui fortement politisée, au point même d'embarquer les églises qui sont sensées calmer toutes sortes des crises en apportant la paix aux âmes férues, estime M. Lontulungu. «Débout Congolais ! Le pays va mal». Cet appel des Evêques catholiques, d'après l'analyste, risque de susciter un couac au sein de l'église. Car, nul n'ignore que l'église regorge les citoyens congolais de la Majorité au pouvoir et de l'Opposition voire de la société civile. D'après Richie Lontulungu, une guerre des fidèles s'observe en perspective.

A cela, s'annonce une crise qui peut déborder les vases. Dans les médias congolais, les affrontements entre les fidèles ne font plus aucun doute. Cette situation signale aussi la tension que cette église fait naître parmi ses fidèles qui sont également membres des partis politiques des différentes tendances. Que cachent les Evêques dans leur plan B ? Loin de faire revivre le peuple congolais les affres du 16 févier 1992, il veut, plutôt, que lorsque des telles indifférences s'observent au pays, l'Eglise devrait conscientiser davantage ses fidèles à la culture du bien sans jamais adhérer aux revendications d'un camp. Découvrez, ci-après, l'analyse de M. Richie Lontulungu, Analyste sociopolitique.

Richie Lontulungu: la guerre des fidèles est imminente en RDC

La RDC est à une phase délicate de son existence. Si elle a survécue aux appétits gloutons des colons, à la sécession Katangaise, à l'occupation par les forces étrangères et aux havres de balkanisation, ce qui s'annonce très prochaine parait difficile à contenir. La société congolaise est aujourd'hui fortement politisée, au sens positive du terme, car avec l'avènement de la démocratie à bras-ouverts, trop d'yeux se sont ouverts, trop de bouches se sont mises à crier, trop de liberté d'association et d'autonomie d'action ont été conquises.

L'église: un cercle d'influence qui se rétrécit

Depuis la prise de partie de l'Eglise Catholique dans la crise politique qui sévit le pays, deuxième force confessionnelle après les protestants qui regroupent près de 49% de la population, la RDC n'est pas restée la même et ne reverra peut-être plus son aise. Depuis lors, les divisions sont de plus en plus apparentes dans le pays et les contradictions nombreuses même au sein de la foi. L'Eglise, ce dernier rempart vers lequel chaque peuple se tourne en temps de crise, est elle aussi devenue partisane. Elle dicte clairement son camp et ses positions.

Loin en décembre 2016, l'Eglise soutenait à haute-voix dans le pays un regroupement d'opposant dit Rassemblement. Arrivé en février 2017, lorsque ce regroupement éclate en deux factions suivant le décès brusque de son visionnaire, là encore, l'église se fait une faction. Ce qui donne un jeu à trois (Majorité, Rassemblement A et Rassemblement B) en plus des Oppositions politique dite non-dénominationnelle ou Opposition de la Cité de l'UA en référence au Dialogue du 18 octobre sous l'église de l'Union Africaine et l'Opposition républicaine. L'Eglise taillera clairement sa carte et s'associera à l'une de deux ailes.

Elle choisie le Rassemblement A. Fort malheureusement, le Rassemblement 1a s'éclabousse ensuite en deux petits morceaux, un des morceaux dit Rassemblement aile Tshisekediste. Rassemblement 1a donnera ainsi naissance à Rassemblement 1a' et à Rassemblement 1a". Ce qui donne un jeu à quatre: Majorité (toujours entière), Rassemblement 1a', Rassemblement 1a" et Rassemblement 1b (encore intacte) en plus des Oppositions non-dénominationnelle et Républicaine. Même dans cette situation glissante, l'Eglise choisit encore ses alliés, elle choisi le Rassemblement 1a'.

Jusque là, le rôle de l'Eglise se singularise davantage et se réduit à un groupe des gens. Entre temps, dans les chapelles quelques fidèles grincent leurs dents. Signalons que plus tard en arrière durant les assises de la cité de l'UA, l'Eglise était avec l'ensemble de l'Opposition congolaise qui en sont temps avait le langage unanime "Kabila doit partir!" ce avant de bouter dehors ces assises et claquer ainsi la porte.

Un génocide frappe à la porte

Là où il faut tirer la sonnette d'alarme, c'est que parmi les fidèles que compte chacune de Confessions religieuses en RDC, on dénombre parmi: ceux qui s'accrochent aux thèses de la mouvance au pouvoir; une autre catégorie sympathise avec les différentes factions de l'Opposition et la troisième catégorie ne prend pas partie du tout, c'est sont les indépendants. C'est cela la réalité dans l'Eglise congolaise. Et, face à cette mosaïque qui se dessine entre les fidèles, l'Eglise n'a pas gardé le cœur net au milieu du village et moins encore elle n'a gardé les deux pieds sur terre.

Au Congo-Kinshasa, les choses sont beaucoup plus malléables qu'elles ne paraissaient l'être avant et une simple erreur de jugement suffit pour faire basculer l'histoire du pays dans un sens qu'on aura jamais attendu. Les malentendus et les divisions au sein d'une même église peuvent déstabiliser toute la société entrainant la guerre des fidèles. Il est évident qu'au moment où l'Eglise devient partie prenante à la crise ou soit qu'elle choisit de rouler pour les idéaux d'un camp, adhère aux revendications d'un groupe restreint de ses fidèles au détriment des autres, la frustration est innévitable.

Dans l'Eglise, une partie des fidèles se sent léser, frustrer et livrer en somme dans la place publique par ses pères spirituels. La division commence ainsi à l'Eglise pour se répandre dans les communautés, dans les villages et embrase finalement toute la société suivant l'effet domino qu'elle génère. C'est cela aussi la source par laquelle jaillissent les violences communales.

Si l'on étudie attentivement l'évolution de la mosaïque politique au Congo-Kinshasa, combien des politiciens proviennent de chacune de confessions religieuses, on s'aperçoit que seule une confession est fortement représentée dans l'échiquier tant politique qu'administrative. C'est l'Eglise catholique. Vous vous rendrez ainsi compte que les prises de partie des prélats embarrassent une partie de ses fidèles, dans un sens comme dans l'autre.

Ce qui arrive aujourd'hui, c'est qu'on retrouve dans les cathédrales de plus en plus de fidèles dans les cultes de dimanche qui pointent du doigt d'autres fidèles. Les homélies mêmement ne servent plus qu'à réprimander un camp des fidèles pour ranger l'Eglise dans l'autre. Une culpabilité populaire nait et c'est ce qui fait qu'on rentre dans l'Eglise avec joie et on ressort avec pincement de cœur. La tension au sein des fidèles est de plus en plus palpable en RDC. Ce qui paraît simple à deviner c'est que la guerre que tout le monde prédit au Congo commencera cette-fois non pas dans la brousse mais dans l'église, pour s'étendre dans la société. Lorsque le prélat sera entrain de prêcher, quelqu'un va se lever et pointera du doigt un autre, et ainsi de suite.

C'est une situation que personne ne pourra arrêter ni ralentir, et le train du génocide sera mis en marche à ce moment-là. Il faut une sagesse légendaire pour traiter de la crise congolaise. Alors que ces règlements de compte populaire commenceront dans les cathédrales, l'effet domino suivra dans les mosquées et consorts. Dans la vie d'une nation, tout est interconnecté à un même cordon ombilical. Est-ce que la bible prêche qu'au dernier jour les fidèles devraient se faire le procès les uns contre les autres? C'est une dérive pastorale à éviter à tout prix pour le salut de la République Démocratique du Congo.

Ce qui s'observe aujourd'hui c'est que les politiciens de foi catholique, membres de la majorité au pouvoir, ont de plus en plus du mal à se rendre dans leurs lieux de prière habituels. Dans l'Eglise, les fidèles se guettent comme des chiens enragés attendant que le prélat donne le coup d'envoi du match. Ceux qui parviennent à franchir les portes des cathédrales sans êtres signalés sont les plus courageux mais ils savent désormais d'autant plus que tout le monde que cette communion dominicale avec Dieu pourrait ne plus durer longtemps. De l'autre côté, les politiciens déjà avisés de cette guerre prochaine désertent simplement l'église et là où ils vont moins encore ils sont en sécurité. On reproche aujourd'hui le fait que l'Eglise ait perdu le poids dans la pensée.

Elle devient brute et se fait l'ennemi d'une partie de ses fidèles. Les yeux du monde sont désormais tournés vers le Vatican qui doit rappeler à l'ordre les troupes avant de mettre sur le drap de l'Eglise le sang de millions d'innocents congolais. Parfois, on a difficile à dissocier dans les déclarations des prélats catholique le sens universelle de l'Eglise et le nationalisme dans leurs propos. On a vite l'impression que le nationalisme extrême a tendance à dominer sur les valeurs universelles de l'Eglise.

Les blessures ont déjà du mal à se cicatriser

En février dernier, une série des chapelles catholiques avaient été saccagées, brûlées et sabotées à travers le pays et des messages griffés sur les murs des églises ce qui signale la dérive du pays et les affrontements entre les fidèles dont l'imminence ne fait plus aucun doute. Cette situation signale aussi la tension que cette église a su faire naître parmi ses fidèles de plusieurs tendances différentes.

La justice sociale, l'égalité des chances et la méritocratie sont autant des valeurs qui lorsqu'elles font défaut dans une société créent des malaises parmi les fidèles: les animateurs d'une part et les mandatés d'autre part. Mais, la pratique veut que lorsque des telles indifférences s'observent, l'Eglise devrait conscientiser davantage ses fidèles à la culture du bien sans jamais adhérer aux revendications d'un camp. Un lien inébranlable existe entre l'âme d'un Etat et ses pasteurs qui sont chargés du maintien à la vie pure de cet Etat. Cette technique des évêques qui consiste à charger les responsables publiquement peut causer des règlements de compte populaire. Qui est le plus habile d'entre les hommes pour arrêter la guerre des fidèles?

Mon appel

Pendant que je rédige cette alerte en 2017, le monde entier semble verser dans la mélancolie de mots sur la tenue ou non des élections en RDC mais personnes ne veut vraiment ouvrir l'œil au troisième-degré pour lire ce que l'avenir réserve à ce beau pays. Le coup du destin se prépare et le monde regarde sous l'œil passif. On veut aller au Kasaï faire des enquêtes mais personnes ne semble préoccupée de la blessure non cicatrisable que l'Eglise s'apprête à larguer en RDC. La voie de la réconciliation nationale est définitivement en phase d'être rompue et le temps que tout le monde se repentisse sera trop tard si on n'agit pas maintenant.

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