11 Juillet 2017

Congo-Kinshasa: Cruche aux abeilles !

opinion

Dans l'œil du cyclone des acteurs politiques de l'opposition radicale, de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), de la société civile non affidée à la Majorité présidentielle, Corneille Nangaa, Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), fait flèche de tout bois depuis le lancement des opérations d'enrôlement des électeurs, qui se font à la marche de l'escargot, dans les provinces du pays déjà couvertes, et continuent à se faire à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

Sa dernière sortie médiatique, à partir de Paris, Capitale de la France où il a été prendre part aux travaux de l'OIF, qui l'a conduit à soutenir qu'il est impossible, techniquement, d'organiser les élections cette année, ressemble fort bien à une démarche d'un homme qui a pris tout son courage pour secouer la cruche aux abeilles. Il suffit de comptabiliser la somme des réactions à ce sujet. L'OIF, la tribune à laquelle il a fourni des explications faisant foi de la possibilité d'organiser les élections en cette fin d'année, ne sait plus s'expliquer le revirement spectaculaire de Corneille Nangaa.

Indépendamment de ce qu'il a déclaré, cette institution l'invite à publier le calendrier des élections et le prie à finaliser ce qui reste à faire notamment, l'enrôlement au Kasaï central, comme il l'avait écrit sur son compte twitter. Au pays, des réactions cinglantes sont enregistrées. Le Rassemblement, par le biais de Félix Tshisekedi, met en garde le Président de la Centrale électorale qui, dit le communiqué de presse de cette plateforme, a fait une déclaration de guerre contre le peuple congolais. Il est responsable devant le peuple, indique-t-on, en cas de non organisation des élections.

Dans la foulée, cette entité politique annonce les couleurs, par des actions de résistance à venir, après le conclave qui se clôture le 22 juillet prochain. Quelle sera la nature des actions ? Seront-elles orientées contre le Président de la CENI ou contre le pouvoir en place ? Si c'est contre la CENI, est-ce dans la perspective d'obtenir la démission de ce dernier à la tête de la centrale électorale ? Comment le ferait-on ? Si c'est contre le pouvoir, quel sera le paradigme pour mobiliser le peuple congolais ? Ce sont des lancinantes questions. Au niveau de la CENCO, la réaction est bien l'étonnement. Mgr Ambongo ne comprend pas le pourquoi d'une telle déclaration, alors que Nangaa n'a ni compétence, ni qualité au regard des textes organisant la CENI.

Jonas Tshiombela de la Nouvelle Société Civile s'indigne de voir Corneille Nangaa faire une telle déclaration. Claudel Lubaya et Martin Fayulu ne le ménagent pas non plus. Mais, parce qu'il reçoit les piqures de partout, le patron de la centrale électorale, au-delà d'être armé moralement, une équipe d'urgence vole à son secours, pour désamorcer le venin. Kabasele Tshimanga de l'UDS est le premier à monter au créneau.

D'abord, pour soutenir que la déclaration de Nangaa prouve à suffisance combien l'Accord du 31 décembre 2016 a montré ses limites. Ensuite, il lance l'idée qu'il faut nécessairement des nouvelles consultations, inclusives, pour définir un nouveau cadre. Sinon, qu'il propose carrément une nouvelle constitution. De son côté, Henri-Thomas Lokondo a salué le courage de Nangaa, autant que l'a soutenu la Majorité présidentielle. Et, s'il faut bien comprendre la donne politique actuelle, la cruche aux abeilles a été véritablement secoué. C'est finalement dans les deux camps où va désormais se signaler des dégâts, pourvu que les désastres ne se généralisent.

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