12 Juillet 2017

Cameroun: Les inondations sont de retour

Les deux premiers jours du mois de juillet se sont illustrées par de fortes averses. Sale temps dans les quartiers périphériques.

Depuis samedi 1er juillet de fortes pluies arrosent la métropole économique. Au centre ville comme dans les quartiers périphériques, les eaux débordent de ce qui tient lieu de caniveaux des ruisseaux et des rivières assaillis par des constructions anarchiques sortent de leurs lits. Bouteilles et emballages en plastique se disputent le passage avec des tas d'immondices. Les habitations sont envahies par les eaux qui ne cessent de grossir. Au quartier dit « cité des Palmiers », c'est l'inondation.

C'est la débandade totale, hommes femmes et enfants sont à l'oeuvre pour tenter de sauver leurs biens que les eaux malmènent. Ils se servent de tout ce qu'ils ont comme ustensiles et grandes éponges pour chasser l'eau des habitations et sécher ces dernières. Pour sortir du quartier vers la rue à la recherche des taxis ou des motos, les travailleurs se déplacent à dos d'hommes, portés à califourchon par des jeunes qui leur servent de monture moyennant une pièce de 50 ou 100 francs.

« à quelque chose malheur est bon »dit un dicton. Loïc, l'un des passeurs, étudiant en sociologie dans une université de la place se confie au quotidien Le Messager : « j'aime quand il pleut. Cela me permet de gagner un peu d'argent ». Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, ce mode transport a aussi ses inconvénients .Tenez un jeune homme transportant une femme a trébuché et tous les deux se sont retrouvés dans l'eau. Sous les éclats de rire et les quolibets de l'assistance.

Pour permettre au reporter du Messager d'apprécier les dégâts qu'il a subis, Abraham, couturier et père de famille nous invite à son domicile. Ici pour tenter de limiter les dégâts, il a superposé ses meubles et, à l'angle de la maison, il a creusé un conduit qu'il ferme avec une bouteille. C'est par là que passe l'eau qui envahit la maison en cas d'inondation dès lors que l'eau de l'extérieur a tari.

« Notre quotidien en saison des pluies n'est pas des plus aisées .Les enfants sont exposés aux mycoses et autres maladies hydriques. Quand l'eau monte au beau milieu de la nuit, tout le monde se réveille et les enfants placés sur les meubles superposés les uns au dessus des autres ». C'est dire que dès que le ciel s'obscurcit à Douala, dans ces quartiers exposés à la montée des eaux, c'est l'incertitude, la détresse.

Après la pluie, ce n'est pas toujours le beau temps. L'eau partie laisse dans les cours et même les habitations, toutes sortes de saleté : des ordures mélangées à une boue noirâtre et épaisse, des matières fécales et même des bêtes mortes charriées par le courant d'eau. Les habitants en hauteur profitent de ces pluies pour vider leurs poubelles dans les canaux, vidanger leurs fosses septiques. Selon Arielle Lognyo, habitante de la cité des Palmiers, on est sur le qui-vive, car le pire peut advenir à tout moment. Il n'est pas rare que des enfants soient emportés par les eaux.

Une fois encore, la Communauté urbaine et les mairies d'arrondissement sont de nouveau interpelés pour l'assainissement de ces zones marécageuses, dangereuses pour l'habitat. Toujours est-il que tous les citadins sont concernés par ces problèmes d'assainissement et de salubrité. Il y va de santé et de la sécurité de tous.

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