12 Juillet 2017

Soudan: Donald Trump retarde de trois mois la levée des sanctions contre le régime

Alors que les autorités soudanaises s'attendaient à ce que le gouvernement américain prenne la décision de lever définitivement les sanctions imposées depuis 20 ans contre Khartoum, le président des Etats-Unis Donald Trump a repoussé mardi de trois mois cette mesure.

D'après le département d'Etat américain, le patron de la Maison Blanche a annoncé qu'il prolongeait la période probatoire décidée par son prédécesseur Barack Obama avant une éventuelle levée totale des sanctions économiques frappant le Soudan. C'est par un décret présidentiel, que Donald Trump a prolongé cette période supplémentaire, soit jusqu'au 12 octobre, a indiqué dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert.

Toutes les sanctions imposées contre le régime de Khartoum seront « révoquées si le gouvernement soudanais poursuit ses actions positives, notamment le maintien d'une cessation des hostilités dans des zones de conflits au Soudan, l'amélioration de l'accès humanitaire au Soudan et le maintien de sa coopération avec les Etats-Unis pour traiter les conflits régionaux et la menace du terrorisme », a-t-elle fait valoir. « Tout en reconnaissant que le gouvernement du Soudan a fait des progrès importants dans beaucoup de secteurs, l'administration américaine a décidé qu'elle avait besoin de plus de temps pour cette période probatoire », a précisé Heather Nauert.

En janvier dernier, soit dans les derniers jours de sa présidence, Barack Obama avait levé certaines sanctions frappant Khartoum, mais avec une période probatoire de six mois avant une possible suppression complète de ces mesures punitives. Cette période s'achevait mercredi 12 juillet. Et Donald Trump avait jusqu'à ce même jour trois choix à sa disposition : lever définitivement les sanctions, prolonger la période probatoire ou faire machine arrière en rétablissant complètement l'embargo.

Réagissant à ce sujet, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, avait prévenu lundi qu'un maintien de l'embargo était « inacceptable » et que son pays ne s'attendait « pas à autre chose qu'à la levée des sanctions ». « Une autre décision serait illogique et inacceptable », avait insisté le chef de la diplomatie soudanaise, avertissant que son pays pourrait retomber dans « la guerre ».

En 1997 des sanctions économiques avaient été imposées contre le Soudan parce que Washington reprochait aux dirigeants soudanais leur soutien présumé aux islamistes dont le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden, tué dans un raid américain au Pakistan en mai 2011. Les Etats-Unis exigeaient notamment cinq points à l'égard de Khartoum : la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud - pays devenu indépendant en juillet 2011, sous les auspices des Etats-Unis -, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud et une coopération avec le renseignement américain contre le terrorisme.

Les relations américano-soudanaises se sont certes améliorées, mais depuis 1993, le département d'Etat maintient Khartoum sur sa liste noire des « Etats soutenant le terrorisme », au même titre que l'Iran et la Syrie.

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