12 Juillet 2017

Congo-Kinshasa: Eteignez le feu !

opinion

Pas question de se voiler la face. Le feu couvait sous les cendres depuis la signature de l'Accord de la Saint Sylvestre.

Probablement que la déclaration de Corneille Nangaa, Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) sur l'impossibilité d'organiser les élections cette année, est ce vent qui a soufflé pour ranimer une fois de plus ce feu. Pour s'en convaincre, la panoplie des réactions, parfois virulentes, contre ce dernier. La dernière en date, celle du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), le taxe d'avoir usurpé le pouvoir et de faire montre d'arrogance, alors qu'il n'est nullement habilité à décider, lui seul, sur les conditions de report des élections.

Ce parti préconise de recourir à l'article 64 de la Constitution le moment venu, si jamais un individu ou groupe d'individus tentait de prendre le pouvoir par la force ou l'exercer en violation des dispositions constitutionnelles. Toujours à propos de cette déclaration, une réunion d'urgence, appelée «réunion du Conseil sur la crise en RDC» s'est tenue à Washington mardi, 11 juillet 2017. Dans la foulée, l'Ambassadrice américaine adjointe, Michelle Sison, a déclaré que «les retards sur les élections ne peuvent pas continuer», plaidant parallèlement pour que le Conseil de sécurité envisage des sanctions non seulement contre les responsables de la centrale électorale, mais aussi contre la République Démocratique du Congo.

Il y a l'Union européenne qui a imposé des sanctions ciblées contre certaines personnalités politiques, militaires et de la police nationale congolaise. Nul doute, à quelques encablures des aspects politiques liés aux élections, un autre foyer de feu se signale. Il s'agit de la grogne sociale. L'intersyndicale de la Fonction publique est montée au créneau. Si le taux n'est pas actualisé à la paie de ce mois selon la promesse du Premier ministre, les fonctionnaires vont débrayer.

Le syndicat des médecins a fait entendre aussi sa voix, allant dans le même sens. Les infirmiers ne décolèrent pas. Ils menacent aussi d'abandonner les blouses blanches. Pareil pour les professeurs d'universités. Question. Qui va s'occuper de l'administration de l'Etat ? Qui va consulter les malades ? Qui va les traiter ? Va-t-on interdire aux gens de tomber malade pendant cette période d'arrêt de travail ? Par ailleurs, qui va s'occuper de l'enseignement de l'élite de demain ? Et si le commun des mortels se signalait aussi parce que la décote de la monnaie nationale prend des allures vertigineuses? Non ! Il ne faudrait pas que le feu embrase tous les secteurs. Que faire alors ? C'est simple.

Accepter de renoncer totalement ou en partie à ce que l'on considère comme chasse gardée. Car, l'on ne peut indéfiniment conserver tout soi-même. Mieux, se conformer à ce qui a été signé de commun accord, quant à l'application de l'Accord de la Saint Sylvestre. Ou encore, il faut répondre aux désidératas des fonctionnaires, médecins, infirmiers, professeurs et autres. Il y va de la bonne gouvernance, de l'honorabilité et de la crédibilité du Gouvernement, mieux du régime en place. C'est de cette façon que le feu sera éteint.

Congo-Kinshasa

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