12 Juillet 2017

Mali: Affrontements entre CMA et groupes pro-Bamako - L'accord de paix comme le rocher de sisyphe

Alors que se tenait à Bamako, au Mali, la 19e session ordinaire du Comité de suivi de l'accord (CSA), les armes crépitaient à Kidal.

En effet, de violents affrontements y ont opposé la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et le Groupe d'autodéfense Imghad et alliés (GATIA) à Tidjachiwen et à Anefis. Ces combats meurtriers entre les deux groupes armés pourtant signataires de l'accord d'Alger, en plus de fragiliser davantage le processus de paix en cours au Mali, ont fait, selon des sources locales, plusieurs morts et de nombreux blessés.

Or, pas plus tard que le 6 juillet dernier, les deux groupes rivaux s'étaient déjà affrontés dans le Sud d'Alguel'hoc avec à la clé une dizaine de morts sur le carreau ; tant et si bien que l'accord de paix ressemble désormais au rocher de Sisyphe qui, chaque fois au sommet, retombait avec une célérité déconcertante. Car, plus on s'en approche, la paix, tel un mirage, s'éloigne et cela, du fait du manque de sincérité et de la mauvaise foi de certains protagonistes. Et le président du CSA, en la personne de Ahmed Boutache, ne dit pas autre chose quand il affirme ceci : « Que cela soit instrumentalisé, ce n'est probablement pas à exclure. Car, chaque fois que nous avons été très proches du retour de l'Etat malien à Kidal, il y a eu des événements qui sont venus perturber les plans du CSA ».

Alors, qui ne veut pas du retour de l'Etat malien à Kidal et qui, à maintes reprises, s'emploie à mettre des bâtons dans les roues de l'émissaire d'Alger chargé de la mise en œuvre de l'accord de paix du 20 juin 2015 ? Dans le cas d'espèce, inutile de chercher très loin, puisque le coupable est tout trouvé. Car, si jusque-là Kidal s'est mise hors de la République au point d'apparaître aux yeux de certains comme une citadelle imprenable, c'est à cause de l'activisme de l'irrédentisme des ex-rebelles de la CMA qui donnent l'impression de souffler le chaud et le froid.

Il est temps de siffler la fin de la recréation

A preuve, on se rappelle encore les rebondissements sur fond de pantalonnades qu'à connus la mise en place des autorités intérimaires dans certaines localités du Nord-Mali contrôlées par les « hommes bleus du désert ». On oublie volontiers les nombreuses attitudes de défiance dont la CMA a fait montre vis-à-vis des autorités de Bamako qui ont aussi fini par nous convaincre de leur mollesse et de leur impéritie coupable.

En tout cas, on attend de voir comment réagira le président IBK face à cette nouvelle flambée de violences ; lui qui, naguère, promettait la fermeté dans la mise en œuvre de l'accord de paix et de réconciliation ; menaçant toute personne qui tenterait à nouveau de perturber le processus. S'agissait-il d'un effet d'annonce ou d'une annonce sans effet ? Les jours à venir nous le diront. Mais une chose est certaine, tant que le rapport de forces sera en faveur de la CMA, le Mali ne recouvrira jamais son intégrité territoriale ; toute chose qui, comme l'a relevé le chef de la MINUSMA, pourrait « profiter aux terroristes » pour reprendre du poil de la bête.

C'est pourquoi il est temps de siffler la fin de la recréation, si l'on ne veut pas que le Mali, du fait de l'incurie de ses fils et filles, revive le scénario de 2012 où des djihadistes avaient pratiquement mis le pays sous coupe réglée. Et c'est peu dire. Car, cette situation de ni paix ni guerre risque, à long terme, de « saper la confiance entre Maliens et Maliennes et la bonne foi de certains mouvements signataires crédibles ». Autant dire que le Mali est à la croisée des chemins.

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