14 Juillet 2017

Cameroun: Paul Biya écarte Necotrans du port de Kribi

Le chef de l'Etat constate la carence de cette entreprise française et demande au gouvernement de trouver une solution de remplacement au sein du groupement constitué avec le consortium camerounais KPMO.

Une forte houle s'annonce au port de Kribi et elle prend la direction du terminal polyvalent. Dans une correspondance du 11 juillet, le secrétaire général de la présidence de la République répercute au secrétaire général des services du Premier ministre les « hautes instructions » du président de la République au sujet de la mise en service de la plateforme portuaire de Kribi, notamment les terminaux à conteneurs et polyvalent.

En clair, Paul Biya prescrit au gouvernement, pour ce qui est du terminal à conteneurs, « de réviser le régime contractuel pour adopter, en lieu et place du contrat de partenariat initialement proposé, un contrat de concession... ».

Pour ce qui concerne le terminal polyvalent, le président de la République demande au chef du gouvernement de « constater la carence du Groupement Necotrans/KPMO et proposer, par la suite, des solutions alternatives pour un démarrage rapide des activités sur ce terminal ».

L'élément détonnant de cette instruction présidentielle est bien, selon nos sources, la mise à l'écart de la seule entreprise de logistique et de transport française Necotrans, et non de tout le groupement adjudicataire de la concession du terminal polyvalent.

« Les solutions alternatives » dont il s'agit consistent en la recherche d'un ou d'autres partenaires pour le consortium KPMO, constitué de neuf entreprises camerounaises (de 2M, Transimex, APM, Sapem, 3T Cameroun, Cam-Transit, Copem, Star et Gos) au sein de la société de gestion du terminal polyvalent. Cette mise à l'écart de Necotrans ne semble pas une surprise pour les acteurs portuaires, qui rappellent les difficultés que cette entreprise rencontre depuis plusieurs mois maintenant.

En juin 2017, une liquidation judiciaire a été prononcée sur sa propre demande pour toutes les onze filiales de cette entreprise en France. Jusqu'ici, Necotrans avait assuré au gouvernement que les difficultés de la maison-mère se limitaient hors d'Afrique et ne portaient en rien préjudice à sa présence et ses engagements au port de Kribi.

Avec son partenaire au sein du Groupement, le consortium KPMO, Necotrans avait engagé un bras de fer pour le contrôle de l'entreprise de gestion du terminal polyvalent. L'écho de leurs batailles était parvenu jusqu'à Etoudi, comme l'attestent les inquiétudes exprimées à ce sujet par Ferdinand Ngoh Ngoh.

Dans une correspondance du 24 août 2016, le secrétaire général de la présidence écrivait au directeur général du port autonome de Kribi : « S'agissant du Groupement Necotrans/KPMO, des informations parvenues à la présidence de la République font état de dissensions entre les partenaires. »

KPMO accusait Necotrans de manœuvrer pour s'emparer de manière exclusive des manettes de TPK (Terminal polyvalent de Kribi), l'entreprise de gestion en constitution, et éjecter les opérateurs locaux. Les deux partenaires ont fini par trouver un arrangement en mars 2017. Mais le répit a été de courte durée, puisque le chef de l'Etat en personne a décidé de rebattre les cartes.

Malgré l'absence d'un contrat dûment signé avec Necotrans, le gouvernement prend un risque non négligeable avec la rupture annoncée des relations avec un des éléments du groupement qui avait été désigné adjudicataire provisoire de la concession du terminal polyvalent, le 26 août 2015.

La correspondance du SGPR s'attarde aussi sur la nature du contrat qui doit être proposé au Groupement Bolloré/CGM-CMA/CHEC (BCC), adjudicataire du terminal à conteneurs. Etoudi parle de conclure un « contrat de concession » et non plus, comme cela est indiqué sur le projet de contrat de janvier 2017, un « contrat de partenariat ». Le Groupement BCC s'était en effet plaint du projet d'inscrire son contrat sous le régime des partenariats public-privé.

Ce qui l'excluait du bénéfice des avantages prévus dans la loi du 23 avril 2013 fixant les incitations à l'investissement privé. En cela, la présidence de la République a suivi les recommandations du directeur général du PAK, qui ne trouvait « aucune objection à cette requalification. »

Dans un courrier au SGPR du 6 septembre 2016, Patrice Melom demandait qu'un forfait soit versé au CARPA en compensation des pertes de redevance annuelle plafonnée à 250 millions que devait verser le Groupement BCC.

Il a été écouté par la présidence de la République, qui conditionne la requalification du contrat avec le Groupement BCC au paiement d'un forfait de 250 millions au CARPA, mais aussi, en plus du ticket d'entrée de 77 millions d'euros, soit plus de 50 milliards de FCFA, le versement d'une redevance exceptionnelle de six milliards.

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