14 Juillet 2017

Cameroun: Régulation - L'état appelé à prendre ses responsabilités

Face à des pratiques anticoncurrentielles et au non respect des lois de la République, l'Etat doit mettre de l'ordre.

Avec la grande taille de ses employés, Express Union S.A est à ce jour, l'un des plus gros employeurs du Cameroun. En dehors de la création permanente d'emplois, il investit énormément dans le social en apportant régulièrement des dons en nature et en finance aux fondations, aux écoles et autres populations nécessiteuses. Sans fausse modestie, l'enseigne Express Union est celui qui s'est particulièrement démarqué au Cameroun, voir dans la sous région Afrique centrale ces dix dernières années.

A ce titre, cette société mérite la protection de l'Etat en tant qu'entreprise citoyenne. Face à la concurrence dans le secteur de transfert d'argent, Express Union a fait sa mue pour s'adapter au marché, ce qui n'est pas du gout pour Mtn et Orange qui pensaient faire d'elle juste une bouffée de pain. La résistance est telle que ces deux multinationales ont décidé d'utiliser des moyens de basses étages pour l'éliminer.

La mauvaise foi manifeste de Mtn et Orange

Les responsables de communications de ces deux entreprises transnationales arguent que leurs structures n'ont pas de contrat avec Express Union. Soit, s'il n'y a pas anguille sous roche, pourquoi ce n'est qu'en 2017 que le problème se pose alors que le portail Ussd *050# existe et est utilisé par Express Union depuis 2014. Par ailleurs, le fait pour les deux opérateurs de téléphonie de passer au musellement de l'entreprise Express Union pratiquement au même moment, prouve qu'il y a une volonté concertée de la nuire. Dans l'enquête ci-dessus, l'on nous signale qu'avant la suspension pour la deuxième fois du portail Ussd *050# d'Express Union le 31 mai, il y a d'abord eu au cours du même mois, une tentative d'augmentation de frais d'accès au portail à 220 fcfa par Mtn. C'est devant cette hésitation de Mtn qu'Orange est passé à l'action le 21 juin en augmentant, mais dans une proportion moindre que ce que proposait sa consœur sud-africaine.

Parlant de cette augmentation du prix du portail par Orange qui est passé de 20 à 150 ou 153 Fcfa, soit près de 600% en terme relatif, on penserait à une blague. Soyons sérieux. Une augmentation du prix dans une pareille proportion n'est possible qu'en Afrique où les entreprises françaises se croient en terrain conquis et se permettent tous les abus. Même si le secteur n'est pas régulé, il y a économiquement parlant une proportion d'augmentation admissible d'un tarif. L'entreprise Orange sait qu'en France une telle proportion d'augmentation des frais est inadmissible et passible des pénalités. Mais comme en Afrique, et particulièrement au Cameroun, on est dans le « no man land », on peut se le permettre sans aucun risque.

Par ailleurs, le fait que ces operateurs de téléphonie soient capables de facturer les services à la tête du client traduit l'esprit dans lesquels ils géreraient les crédits des millions d'abonnés logés chez eux. On peut se poser la question de savoir si l'agence de régulation des télécommunications est capable, avec ses techniques limitées de détecter les éventuels tripatouillages qui pourraient avoir sur les crédits des clients. Il n'est pas exclu que certains clients victimes de ces types de basses manœuvres n'aient pas eu le courage de les dénoncer comme Express Union. On ne sait à qui le tour demain si rien n'est fait.

L'Etat interpellé

Il est temps que l'Eta prenne ses responsabilités comme partout ailleurs. Le problème n'est pas de protéger l'entreprise nationale si elle est en tort, mais de faire respecter la loi. De qui Mtn se prévaut pour ne pas respecter la décision de la justice camerounaise. Sans attendre de l'appel interjeté par lui-même dans un procès qu'il perdu contre Express Union en première instance, l'entreprise Sud-Africaine ose encore suspendre l'accès au portail Express Union au mépris de la décision de justice rendue le 24 janvier 2017.

Pour la gouverne des autorités camerounaises, dans le rapport sur le commerce international présenté lors des assemblées générales d'Afrexibank qui se sont tenues à Kigali au Rwanda du 28 juin au 02 juillet 20127, il est indiqué que les pays industrialisés notamment

ceux du G20, multiplient des mesures protectionnistes au rythme de 4 dispositions par semaine. Depuis la crise financière de 2008, les 20 premières économies mondiales ont généré 57% des mesures restrictives au commerce international. Ainsi, en six ans, d'octobre 2010 à octobre 2016, l'on est passé de464 mesures restrictives dans le monde à 2238, soit 1774 nouveaux obstacles économiques. Ces pays protègent ainsi leurs entreprises nationales.

Cameroun

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