14 Juillet 2017

Cameroun: L'activiste camerounais André Blaise Essama est de nouveau libre

Celui-ci avait été arrêté dans la matinée de jeudi, avant d'être relaxé en fin de journée, pour avoir endommagé le monument du général Leclerc à Douala.

Les éléments de la Direction de la surveillance du territoire (DST) de Douala ont remis l'activiste André-Blaise Essama en liberté jeudi, 13 juillet, après plusieurs heures de détention. Cet activiste n'en est pas à son premier séjour dans les milieux carcéraux du Cameroun depuis qu'il avait entrepris de détruire la statuette du général français Leclerc élevée à Bonandjo, le centre administratif de la capitale économique.

«Tres chers(es) combattants(es) de la fierté de notre Afrique noire. Je viens d'être remis en liberté avec intimidation de ne pas détruire le monument Leclerc nouvellement réhabilité par les amis français qui commandent notre Communauté urbaine de Douala», a indiqué le concerné sur les réseaux sociaux ce jour.

André-Blaise Essama est en lutte contre la mémoire coloniale au Cameroun. Et pour le montrer, l'activiste s'en est pris à la statuette du haut gradé de l'armée française. En 2015, il aurait renversé ce monument puis aurait séparé la tête du reste du corps avant de se faire photographier.

Toutes choses qui lui ont valu d'être jugé devant le Tribunal de grande instance du Littoral, avec à la clé, une condamnation de six mois de prison avec sursis et une amende de deux millions de Francs CFA.

Hier, jeudi, André-Blaise Essama est revenu à la charge jeudi et a de nouveau fait subir ses fougues au monument. Ce nouvel acte est survenu à la veille de la célébration de la Fête nationale française. «Mon combat est celui de » la totale indépendance du peuple Camerounais, encore sous le prisme de l'occident et de la France en particulier ». Je suis incompris dans mes actions nationalistes. Pas mal de personnes partagent ma vision en savourant l'idée de cette libération du Cameroun.

"Je ne vais pas en prison, rappelle-t-il, parce que je suis un habitué du milieu carcéral et à chaque fois pour des faits similaires, mais parce que je refuse de trahir mes Ancêtres dans les volontés et aventures néo coloniales de nos dirigeants qui s'accouplent avec les chancelleries occidentales en tuant la Mémoire du peuple noir... » A-t-il indiqué jeudi sur sa page Facebook.

Opposé à l'Etat du Cameroun pour «destruction de biens publics», André Blaise Essama André Blaise Essama affirme préférer voir à la place d'un héros français, la statue de héros camerounais comme par exemple celle du Lieutenant Ndonkeng, l'un des premiers officiers de l'armée camerounaise tombé sur le front de la lutte contre le groupe armé Boko Haram dans le Nord du Cameroun. Une position réitérée par son avocat durant son procès en 2016 : «Blaise Essama ne s'estime pas vandale. Il estime qu'il est un nationaliste. Il estime que Monsieur Leclerc ne devrait pas avoir sa statue à la place du gouvernement, parce que ce n'est pas le Camerounais qui a placé cette statue là-bas. C'est le colon qui l'a placée au lendemain de la seconde guerre mondiale. La France ayant remporté la guerre contre l'Allemagne, a donc, pour féliciter Leclerc placé sa statue à cet endroit-là».

L'activiste n'entend pas s'arrêter là et promet déjà de continuer son combat.

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