17 Juillet 2017

Tunisie: Une lutte moins agressive contre la rage

Au cas où ce programme serait étendu à l'ensemble des communes du pays, il pourrait, au fil du temps, nous faire grâce du massacre et de l'abattage des chiens.

Sachant que le va-t-en-guerre, mené régulièrement par les autorités policières contre les chiens errants à travers nos régions, n'a pas manqué de scandaliser les cœurs sensibles à la détresse canine collective, tant dans nos murs qu'en dehors de notre pays.

D'où les appels de détresse de la société civile. Les autorités municipales de la ville de Tunis ont cru de leur devoir de renoncer progressivement à l'abattage des chiens errants au profit d'un programme continu de stérilisation et de vaccination des chiens mâles et femelles, entamé le 13 mai dernier.

Une opération de stérilisation a, par ailleurs, été effectuée samedi à la clinique vétérinaire communale du Belvédère en présence du président de la délégation spéciale de la Ville de Tunis.

Les enfants, premières victimes

Dr Soumaya Ben Chehida, médecin vétérinaire, responsable de la direction de la Protection de l'environnement urbain, nous a révélé que les chiens errants avaient été responsables de plusieurs agressions sur des personnes, le plus souvent des enfants, provoquant parfois des cas mortels de rage humaine à travers notre contrée.

Sensible à la cause animale, elle a déclaré qu'il est devenu obligatoire de mettre en place une alternative à l'abattage des chiens errants, de plus en plus contesté par la société civile et le corps des vétérinaires.

L'alternative de la stérilisation, nous précise-t-elle, permettrait de relâcher des animaux stériles qui seraient moins agressifs, vaccinés, déparasités et identifiés grâce à des boucles auriculaires d'identification.

Vivement l'extension du programme !

Ledit procédé est d'une haute portée si l'on sait qu'une femelle donne en moyenne naissance deux fois par an à pas moins de cinq petits par portée.

La stérilisation en moyenne d'une chienne par jour permettrait d'éviter la naissance d'une dizaine de chiens par an. Les résultats seraient beaucoup plus importantes et motivantes si toutes les communes du pays adhéraient à cette alternative.

Il nous est aussi donné d'apprendre qu'une convention de partenariat avec l'Ecole nationale de médecine vétérinaire vient d'être signée avec la Ville de Tunis. Ce qui permettra aux internes de cette école d'opérer ces chiens, au cours de leurs cycles de formation, sous l'encadrement, bien sûr, de leurs enseignants.

Tous unis contre la rage canine

Il va sans dire qu'il appartient à la direction de la Protection de l'environnement urbain de choisir les lieux à cibler. Et de procéder à la capture des chiens selon les réclamations et les plaintes reçues. Cette capture concernera en priorité les écoles, les facultés, les hôpitaux, les établissements administratifs, etc. Une fois ces endroits assainis, il sera possible de s'attaquer aux décharges publiques.

Il nous été, en outre, signalé que la municipalité de la Ville de Tunis se charge de fournir aux opérateurs le matériel de capture (lassos, fusils anesthésiques, filets, etc.), le véhicule de service muni de cages et le personnel ouvrier appelé à mettre les chiens dans les cages.

La direction générale des services vétérinaires et le Crda de Tunis sont chargés, quant à eux, d'assurer la fourniture des vaccins antirabiques nécessaires.

De son côté, la société canine a offert les boucles auriculaires multicolores qui permettent d'identifier les chiens vaccinés .

Cela dit, les collectivités locales seraient bien inspirées si elles mettaient la main à la pâte afin que les efforts jusque-là limités à la municipalité de la Ville de Tunis soient étendus à toutes les communes du pays. C'est de cette manière qu'on pourrait éradiquer le mal et prémunir l'ensemble de notre société contre le danger qui guette nos enfants.

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