16 Juillet 2017

Tunisie: Pourquoi jubiler ?

Ce phénomène, ancien certes, mais amplifié depuis que les langues, à la faveur de la révolution de la dignité, se sont déliées, a atteint un niveau d'indécence tel que même les vaillants martyrs de cette révolution, surtout parmi les forces armées, n'ont pas été épargnés.

Ni la souffrance des uns, ni le désarroi des autres, en l'occurrence celui des familles endeuillées ou frappées par un quelconque malheur, ni le fait que les aléas de la vie n'arrivent pas qu'aux autres, n'ont eu raison ou n'ont pu apaiser ces hordes de cyber-lyncheurs qui, semble-t-il, prennent plaisir à diffuser à large échelle le virus de la haine, de la violence verbale et de la méchanceté gratuite.

Il est possible de comprendre l'envie et la jalousie de certains à l'égard du succès, de la richesse ou du bonheur des autres, mais rien ne peut justifier la jubilation face à la maladie ou la mort, deux aléas de la vie qui n'épargnent personne. Sous prétexte de liberté d'expression et d'opinion, beaucoup d'eau a coulé sous le pont des valeurs humaines et universelles -- respect de l'autre, humilité... -- diluant au passage ce qui préservait la société des violences comportementales et des déviances de l'éthique. Violences et déviances partout, dans la rue, les stades, les médias en tous genres... Violence dans les débats politiques et dans l'exercice même de la démocratie, basée sur le respect de l'autre.

Le commun des observateurs constate l'érosion progressive des valeurs nobles, sociales, culturelles, voire coutumières, qui caractérisaient la société tunisienne sociable, accueillante, tolérante et pacifique. Les explications sont diverses. Il y en a qui font assumer la responsabilité à la dictature oppressante des décennies passées, d'autres à la pauvreté et au chômage et d'autres encore à l'air du temps marqué par la recrudescence des conflits armés, précisément dans la zone du monde arabe accompagnée par la stigmatisation de l'Islam et des musulmans.

Concrètement, il y aurait un peu de tout cela, mais la conscience collective n'est pas encore totalement morte. Loin s'en faut. L'expérience a démontré que la solidarité et le partage sont au rendez-vous quand les bonnes consciences se réveillent et prennent les choses en main, ce qui explique que les valeurs morales n'ont pas, heureusement, totalement disparu. Toutefois, il est urgent que les faiseurs d'opinion, les politiques, les religieux, la société civile, la famille... s'occupent de cette question des valeurs morales en perte de vitesse. Il s'agit de sauver les fondements d'une société unie et solidaire et l'avenir de générations entières d'une menace assurée qui balaiera tout sur son passage.

Tunisie

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