16 Juillet 2017

Tunisie: Lenteurs administratives

En ce début du mois de juillet, des étudiants tunisiens, en stage à l'étranger, ont lancé un appel urgent, à travers les médias, pour attirer l'attention sur leur situation critique. Qu'ils se trouvent en Allemagne, en France ou en Espagne, ils sont sans argent, n'ayant pas reçu leurs bourses d'études.

L'un d'entre eux témoigne : « Nous n'avons pas d'argent pour vivre, nos parents ne peuvent pas envoyer de l'argent non plus et en plus nous n'avons pas le droit de rentrer avant la fin des stages. Des étudiants risquent de terminer leurs stages dans la rue et sans argent pour manger.

Certains vivent avec moins d'un euro par jour ». Renseignements pris, on affirme au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique que «deux ordres de paiement instruits, le 22-06-2017, par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en faveur de la mission universitaire tunisienne à Paris et de l'ambassade de Tunisie à Bruxelles ont été transmis à la Banque centrale de Tunisie par la Paierie générale relevant du ministère des Finances le 06-07-2017, après clôture de la journée ». La BCT a exécuté ces ordres le 12 juillet, les 8 et 9 étant des jours fériés. Et les deux parties se dégagent de toute responsabilité. Il y a là un exemple édifiant de ces lenteurs et de ces complexités administratives qui empoisonnent la vie du Tunisien.

Lors de son récent séjour aux Etats-Unis d'Amérique, le chef du gouvernement a rencontré quelques membres de la communauté tunisienne dans ce pays et il leur a tenu des propos rassurants. Convaincu que la Tunisie a besoin de toutes ses compétences, il s'est évertué à les intéresser. « Nous vous appelons également à être plus présents en Tunisie et à ne pas restreindre vos séjours aux vacances. Il faut être des acteurs actifs dans la dynamique économique qui anime aujourd'hui notre pays. Il est temps de repenser la relation de notre diaspora avec notre pays. Tout est possible dans un monde globalisé. Nous voulons que vous soyez notre atout à l'international ». Bien entendu, les propos de Youssef Chahed s'adressent à l'ensemble de la diaspora tunisienne se trouvant à l'étranger. Aux dernières statistiques, il y aurait 1.325.690 résidents tunisiens à l'étranger, dont 721.397 se trouvant en France. Mais ils sont aussi, ailleurs, outre la concentration dans certains pays européens.

On en dénombre : 155 en Afrique du Sud, 192 entre la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin, 42 au Brésil, 198 en Chine, 329 en Indonésie et 624 au Japon. Aux USA, ils sont 133.77, au Canada 14.202 et en Angleterre 6.526. Les hommes sont majoritaires sauf au Koweït où l'on recense 1.173 femmes pour 904 hommes. L'apport économique des Tunisiens résidant à l'étranger est important : les virements monétaires vers la Tunisie s'élèvent à 3.984 MD et constituent la quatrième source de devises en Tunisie. 88% des transferts sont effectués depuis l'Europe. Les investissements en Tunisie ont aussi évolué, le retour définitif n'étant plus une condition pour investir en Tunisie. Le nombre de projets réalisés s'élève à 18.929 avec la création de 57.380 postes d'emploi et un investissement global estimé à 796,260 millions de dinars depuis 1992.

Oui, mais cela est considéré comme insuffisant par les concernés eux-mêmes qui dénoncent certaines entraves et en particulier la complexité des démarches administratives avec des délais très longs et aussi le manque d'infrastructures industrielles dans certaines régions. Ces « méandres administratifs » dissuadent nombre de compétences tunisiennes qui s'empressent d'émigrer. Comme ces médecins qui aspirent à partir en nombre croissant ; pourquoi ? L'un d'entre eux explique : « Pour les médecins qui exercent dans les hôpitaux, ils quittent le pays pour moult raisons: la faiblesse des salaires, les primes insuffisantes, les conditions de travail pénibles, la récurrence de cas de violence, l'absence de profil de carrière. Le médecin de la santé publique, une fois affecté dans une région intérieure, ne peut pas se prévaloir d'un profil de carrière, car il n'a pas de possibilité d'évolution et de formation ». De plus, pour les régions intérieures, les médecins qui acceptent d'y exercer se trouvent désemparés par le manque d'équipements et de personnel pour le bon déroulement de leur travail. En désespoir de cause, ils finissent par abandonner leur poste.

Le citoyen lambda, lui, subit chaque jour ces exigences administratives, handicapantes et décourageantes. Nombre de projets, individuels et collectifs, sont abandonnés à cause de cela.

Tunisie

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