16 Juillet 2017

Ile Maurice: Bébés tués et abandonnés - Trop jeunes pour être mamans

Bébés abandonnés, tués, maltraités : des titres qui font souvent la une des journaux ces derniers temps. Une remarque, d'emblée: dans la plupart des cas, les parents sont très jeunes, voire mineurs. Et, si les autorités parlent parfois de durcissement des lois, rien de concret n'a été fait jusqu'ici pour aider les filles-mères.

C'est, en tout cas, ce qu'affirme Rosie Khedoo, qui n'a attendu personne pour venir en aide aux filles-mères. Cela fait quatre ans qu'elle est responsable d'un foyer qui vient en aide à de jeunes âmes en perdition.

Elle évoque, pour commencer, le cas de cette ado de 17 ans, qui a tué son bébé de trois mois, jeudi. «C'est triste, mais il ne faut pas tout mettre sur le dos de cette fille. Tout le monde est responsable, y compris moi!» Et d'ajouter: «Est-ce que les jeunes ont accès aux informations nécessaires ? Non. C'est normal qu'elles se retrouvent dans de telles situations.»

Rosie Khedoo rappelle, si besoin est, que les temps ont changé. Et précise que les jeunes sont sexuellement actifs à 13 ans. «Or, à cet âge, ils n'ont pas le droit d'acheter des préservatifs et autres contraceptifs. Et puis, étant elles-mêmes jeunes, les filles se retrouvent souvent dans des situations difficiles lorsqu'elles apprennent qu'elles sont enceintes. Elles sont, en plus, rejetées par leurs familles. C'est un cercle vicieux.»

Brisées

La responsable du foyer souligne que les filles-mères arrivent chez elle brisées, meurtries. Car avec la grossesse, survient une série de problèmes, quand elles n'en ont pas déjà. Il faut, en effet, avoir les moyens de subvenir aux besoins du bébé, essayer de vivre sans le soutien de la famille et souvent, arrêter l'école...

Avec l'aide de médecins et de psychologues, elle prend les petites mamans sous son aile, avant même qu'elles n'accouchent. Rosie explique que le plus important dans ce genre de cas, est de faire en sorte que les ados acceptent leur grossesse, qu'elles apprivoisent l'enfant à venir. À coups de conseils et d'affection, les filles finissent par accepter leur situation.

Après l'accouchement, l'équipe «forme» la jeune maman afin qu'elle apprenne à s'occuper du bébé. Rosie les aide ensuite à dénicher des stages, à suivre des cours pour, finalement, trouver un travail. Le but: les rendre autonomes en les responsabilisant. Pendant qu'elles sont au foyer, tous les frais sont pris en charge. En ce moment, huit filles de moins de 18 ans s'y trouvent...

Ces cas qui ont choqué le pays

Le 22 mars 2017, Aliyah abandonne son bébé, âgé d'un jour, dans une mosquée de la capitale. Les autorités remonteront jusqu'à elle deux jours plus tard grâce aux caméras de surveillance. Au début, elle nie en bloc, mais finit par tout avouer. La Vacoasienne explique aux enquêteurs qu'elle avait utilisé des moyens de contraception lors des rapports avec son copain et qu'elle ne savait pas qu'elle était enceinte jusqu'au moment de son accouchement. Aliyah avait aussi évoqué la réputation de sa famille pour expliquer son geste. Devant la cour, elle avait exprimé des regrets et avait demandé à avoir son enfant. Au début, il avait été confié à la Child Development Unit (CDU), mais par la suite, c'est le père de la jeune fille qui a eu la garde du bébé.

Le 31 décembre 2016, des habitants de Cité Hibiscus, à Flacq, alertent la police. Un nourrisson âgé d'un mois a été laissé seul chez lui. La CDU a pris l'enfant. La mère, âgée de 21 ans, avait été arrêtée le jour même. Mais étant sous l'influence de l'alcool, elle n'a pas pu donner sa version des faits.

Le 18 décembre 2016, un bébé de quatre mois avait été retrouvé sur le trottoir à Cassis. Un singe veillait sur elle au moment où un passant a fait la découverte. Très vite, les autorités sont remontées jusqu'à la mère. Anastasia, 23 ans, l'a abandonnée dans un accès de colère. Elle est arrêtée et la CDU a pris l'enfant en charge. Lors de son interrogatoire, elle a affirmé qu'elle n'avait pas réfléchi avant d'agir. Anastasia a abandonné sa fillette après une dispute avec le père. Selon elle, ce dernier ne l'aidait pas à subvenir aux besoins de l'enfant. Dans sa première version, elle avait dit qu'elle avait déposé le bébé chez son père. Par la suite, elle a changé de version en affirmant que son ex-copain n'a pas ouvert la porte malgré ses sollicitations et, comme elle était à bout, elle l'a déposée sur le seuil de la porte.

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