19 Juillet 2017

Madagascar: Perquisition chez un journaliste après une parodie de la chaîne YouTube du président malgache

A Madagascar, l'affaire de l'émission parodique de la chaîne YouTube du président de la République continue. Cette émission intitulée «Tsy Mahaleo ny sampona», tiré d'un proverbe malgache et qui signifie en français «on ne peut pas éviter l'accident», initiée par le Mouvement pour la liberté d'expression (MLE) parodie des vidéos de la chaîne YouTube du chef de l'Etat malgache.

L'animateur, qui avait pris la fuite la semaine dernière, a finalement été auditionné par la gendarmerie pour «port illégal de tenue militaire». Mardi 1er juillet, c'est un autre journaliste, Fetra Rakotondrasoa, porte-parole du Mouvement pour la liberté d'expression, qui a été convoqué par les forces de l'ordre. C'est lui qui avait présenté la deuxième émission parodique.

Convoqué à 10 heures au service des affaires criminelles de la gendarmerie nationale, le journaliste Fetra Rakotondrasoa n'est ressorti qu'à 14 heures. Une longue audition qui s'est poursuivie par une perquisition à son domicile.

Objectif des forces de l'ordre : mettre la main sur la tenue militaire qui a servi lors de la première émission. « Paraît-il que c'est lui [Fetra Rakotondrasoa, ndlr] qui a fourni l'uniforme en question, explique l'avocat du journaliste Maromanana Aliarevelo. Ça fait partie des accessoires quand on fait des films, quand on fait des émissions. Je n'arrive pas à expliquer pourquoi ils font ça. Là, on va vraiment dans une dérive autoritaire. »

Repartis bredouilles, les gendarmes ont laissé le journaliste libre. « Ce qui s'est passé aujourd'hui, ça remet en cause la valeur de la démocratie à Madagascar, affirme Didi Ratsimbazafy, le vice-président de l'Ordre des journalistes de Madagascar qui était aux côtés du Fetra Rakotondrasoa lors de la perquisition. Une opération de ce genre, c'est la deuxième fois en un mois. Et cela s'inscrit dans des enquêtes criminelles. Donc là, je pense que, actuellement, on devrait se remettre en cause. Est-ce qu'on est en train de confondre le journaliste et le criminel ? »

La gendarmerie maintient que le problème n'est pas la parodie en elle-même, mais le port illégal d'une tenue militaire. « Actes d'intimidation et d'acharnement », a rétorqué le Mouvement pour la liberté d'expression dans un communiqué publié mardi 18 juillet au soir.

Madagascar

Mahajanga - Des braconniers découpent dix tortues

Pillées dans les eaux côtières, des tortues géantes pesant des centaines de kilos ont… Plus »

Copyright © 2017 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.