26 Juillet 2017

Cameroun: A propos de l'affaire Mebe Ngo'o en France

À MM. le président de la république, le ministre de la justice, garde des sceaux, le ministre des relations extérieures, le ministre de la communication, l'ambassadeur du Cameroun en France

Les camerounais sont en droit d'attendre une réaction et un éclairage du gouvernement au sujet de cette affaire de corruption qui entache notre image et met au jour l'ampleur et la variété des formes d'enrichissement illicite et de corruption dans notre pays !

Un hebdomadaire français, le Point, vient à travers une série de quatre articles, de révéler un vaste système de corruption, à coups de milliards, impliquant une personnalité de premier plan de la République, le ministre des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo'o.

Ces révélations mettent au jour des pratiques véreuses et dresse une liste de personnes qui se seraient fait arroser par Robert Franchitti, le patron de MagForce, une société d'équipement militaire qui vend uniformes, rangers, menottes, tonfa, torches, etc, en contrepartie de marchés de livraison d'armes au Cameroun.

Le colonel Ghislain Joel Mboutou, chargé des marchés de l'armée au Cameroun, mis en cause dans une autre affaire en France, ayant conduit à la saisie d'importantes sommes, ferait partie de ceux qui en ont profité, tout comme le Maxime Mbangue, alors collaborateur du ministère de la Défense. Tous deux sont des proches d'Alain Mebe Ngo'o, ministre de la Défense de 2009 à 2015, devenu depuis le ministre des Transports du pays.

Depuis, c'est le silence radio à Yaoundé. Toutes les sentinelles, qui poussent d'habitude des soupirs et des cris d'orfraie, dès qu'un Camerounais ose évoquer, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, les tentacules internationales de la corruption de nos élites sont aux abonnés absents. Y compris, ces adjuvants de la Police et de la Justice, journalistes d'un genre nouveau.

Les auteurs de fatwas contre les agents de la supposée " déstabilisation extérieure " du Cameroun, dont ils s'arrogent le monopole du cœur, ont la dénonciation à tête chercheuse. Faut-il définitivement admettre qu'il y'a des totems dans leurs temples de connivences et des sens interdits sur les sentiers d'une traque aveugle ?

Et pourtant, il y'a de quoi dans cette affaire, lumière crue sur l'ingéniosité des amateurs d'enrichissement illicite au Cameroun, réviser les raisons pour lesquelles, nous peinons à nous arracher à la longue détresse de la corruption.

Dans un pays où la valse des milliards échappe aux plus pauvres, nécessiteux et évitent les pistes de nos villages, privés d'eau, d'électricité et des équipements de base, le Gouvernement devrait pourtant être intraitable sur les moindres soupçons concernant nos dirigeants.

Il le devrait d'autant plus qu'à plusieurs reprises, on a utilisé des boulets de canon pour faire feu sur des mouches ou de menus oiseaux en ligne. Maintenant qu'il s'agit d'achat de canons, pourquoi donc se taire ?

Cameroun

Procès Ahmed Abba - nouveau renvoi au 16 novembre

Notre confrère correspondant de RFI en haoussa, arrêté à Maroua dans l'extrême-nord du… Plus »

Copyright © 2017 Africa Info. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.