26 Juillet 2017

Gabon: Retour de Jean Ping à Libreville - La résistance doit encore patienter...

Rentré à Libreville le 25 juillet en fin de journée, Jean Ping a dit aux Gabonais venus en masse, malgré la violence policière, que leur patience aura bientôt raison.

« Je sais que vous êtes impatients de voir se terminer ce sournois bras de fer qui n'a que trop durer. Je peux vous dire que mes interlocuteurs en ont conscience. Ils souhaitent eux aussi que le Gabon retrouve le rythme normal d'un pays normal », a certifié Jean Ping face au grand rassemblement de ses compatriotes présents à son QG ce mardi soir. Un message porteur d'espoir, mais annonçant implicitement la prolongation de la bataille, une course au pouvoir entre lui et Ali Bongo Ondimba qui risque de désintéresser leur peuple lorsqu'il souhaitera passer à autre chose.

Les résistants tiendront-ils encore longtemps ?Entre le message attendu et le message livré, l'écart était visible. Les amis de Jean Ping pensaient connaître enfin le jour de son accession au palais présidentiel ou savoir ce que la communauté internationale compte faire. Or, ce dernier a choisi de maintenir le silence sur la réelle portée de sa tournée. Un risque qui pourrait affaiblir la confiance de ses électeurs. Les longues batailles fatiguent. L'engouement noté à l'arrivée de Jean Ping prouve que les Gabonais qui ont voté pour lui ne désespèrent pas encore. Mais le temps pourrait être le premier ennemi de cette lutte qui dure depuis onze mois. Dans le public présent au QG durant le discours de l'ex président de la Commission de l'Union africaine, certains ont exprimé leur fatigue et surtout leur impatience. Certes, leur leader dit que la bataille prendra bientôt fin, mais ces mots ne semblent pas effleurer le système d'Ali Bongo Ondimba, désigné dans la presse française comme l'une des dernières dictatures africaines.

Le feu contre la foi... Face à l'immense foule venue attendre l'opposant Jean Ping à l'aéroport, les policiers ont usé de violence comme s'y attendait l'opinion. Les agents ont fait une fois encore usage de force devant une population pacifique. Le Ministère de l'intérieur a justifié ce comportement dans un communiqué que « L'accès au périmètre de la zone aéroportuaire ayant été interdit, la détermination des partisans de Jean Ping à braver cet interdit sous l'incitation d'un des leaders de la Coalition, a amené les forces de l'ordre à faire usage des gaz lacrymogènes pour les disperser » . Malgré la répression, la foi de voir Jean Ping au pouvoir a dominé. La foule a marché avec son « président » jusqu'au célèbre QG pour écouter le message final de sa tournée.

La méthode de la paix... « Jean Ping est un homme de paix », a lancé Jean Eyéghé Ndong, ancien premier ministre d'Omar Bongo lors de son discours, pour justifier la démarche de son « président ». Une méthode guidée par le souhait de maintenir la quiétude dans le pays : « j'ai passé une bonne partie de ma carrière à réconcilier et à rechercher la paix à travers notre continent. Je connais donc bien les ravages que causent souvent les guerres pour le pouvoir », a affirmé à son tour Jean Ping. Depuis les violences postélectorales, il n'y a pas eu d'autres morts à ce sujet mais certains de ses partisans sont encore détenus dont l'ancien député du PDG, Bertrand Zibi. Durant sa tournée en Europe, il a brandit son accord pour une médiation de la communauté internationale en sa faveur. Cette dernière viendrait assurer une passation de pouvoir entre lui et Ali Bongo Ondimba.

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