29 Juillet 2017

Congo-Kinshasa: Franc congolais - Scepticisme autour de l'interdiction d'afficher le taux de change

Alors qu'au niveau du gouvernement, l'affichage des tableaux indiquant le taux de change est perçu comme l'élément déclencheur de la décote du franc congolais, bon nombre d'analystes se montrent sceptiques et croient que la décision ne va pas arranger les choses.

Au sein de l'opinion, l'interdiction d'afficher le taux de change sur un tableau continue à faire des mécontents.

Plusieurs analystes estiment qu'il s'agit ni plus, ni moins, d'une stratégie mal conçue, d'autant plus que la descente aux enfers du franc congolais n'est que le fait de l'effritement des réserves de change à la Banque centrale du Congo (BCC).

Les officiels soutiennent que l'interdit, c'est pour se conformer aux textes réglementaires en matière d'affichage du taux de change et lutter contre la spéculation sur le marché de change.

Une proposition faite à la Banque centrale du Congo (BCC) par la Confédération des cambistes de la RDC (COCAM), au terme d'une réunion tenue le 25 juillet au restaurant « Le Millionnaire » à Kinshasa.

L'affichage extérieur de ces tableaux étant considéré comme accélérateur de la spéculation et de l'agitation sur un marché où le franc congolais continue sa dépréciation historique.

Au cours des échanges, des changeurs de monnaie et responsables de la BCC ont pu passer en revue la situation qui prévaut actuellement dans leur secteur, caractérisée notamment par la dépréciation du franc congolais, l'inflation galopante et la perte du pouvoir d'achat. Ils auraient formulé la proposition en termes de contribution à la stabilisation de la situation.

A en croire certaines sources, l'autorité monétaire imputerait l'entretien de la spéculation et des sources d'approvisionnement obscures en francs congolais aux changeurs de monnaies.

Car, indique la source, malgré le blocage de sortie des fonds, les taux sur le marché ne baissent pas. Une accusation que les « cambistes » jugent non fondée, irréaliste et attestant la fuite de responsabilité.

A leur tour, ils renvoient la balle à la BCC, à qui ils reconnaissent toutes les compétences de gestion de la masse monétaire.

Quoi de plus normal qu'ils refusent de se faire passer pour des boucs-émissaires des difficultés que connaît la population congolaise au regard de cette crise économico-financière.

En réalité, commentent des analystes, cette solution ne va nullement résoudre le problème de la dépréciation du franc congolais. Situation liée, selon eux, à la rareté du dollar américain sur le marché de change.

Et donc, même si les cambistes respectaient la réglementation qui exige que les taux de change soient affichés à l'intérieur des bureaux de change, la loi de l'offre de la demande va continuer à s'appliquer sur le marché.

« Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait tomber la fièvre », ironisent d'autres analystes.

Si les cambistes concèdent à respecter la disposition de la loi relative à l'affichage du taux de change, les forces de l'ordre qui seront mis à contribution pour veiller à l'exécution de cette mesure devraient se réserver de tout dérapage.

Entre-temps, la COCAM espère voir la Banque centrale du Congo, elle qui dispose des compétences avérées et qui gère la politique monétaire, recourir à tous les instruments nécessaires pour faire baisser cette inflation galopante et venir à bout de cette dépréciation du franc congolais face au dollar américain.

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