2 Août 2017

Cameroun: Exploitation forestière - Le maire de la commune de Yabassi épingle « Bonivan »

Jacques Maboula Mboya dénonce la spoliation des populations locales par le député Bonaventure Mvondo Assam (Bonivan).

Ceux qui ont assisté à la passation de commandement entre les préfets sortant et entrant du Nkam le 18 juillet 2017 à Yabassi se souviendront encore très longtemps de l'écho des propos tenus par le maire de la commune. Jean Maboula Mboya est très remonté contre « la Compagnie forestière Assam Mvondo (COFA) gérée par Bonaventure Mvondo Assam, plus connu sous le pseudonyme de Bonivan, qui a acheté 1 000 ha de forêt au prix de 2 500 FCFA/ha, soit globalement 2 500 000 FCFA au profit de l'Etat du Cameroun, du Feicom, des communes de Nkondjock et de Yabassi et des riverains.

Or, dans le même temps, d'autres entreprises déboursent entre 50 000 FCFA et 80 000 F CFA/ha dans les villages environnants.» Dans ce «marché de dupes», le maire de Yabassi révèle que « 27% seulement de cet argent revient aux deux communes qui se partagent à parts égales environ 675 000 FCFA, soit 337 500 FCFA chacune ». « Pourtant, souligne le maire, les chiffres mis à notre disposition par les barrières municipales font état du passage de 3 000 grumiers chargés en un peu plus de deux mois, soit environ 50 grumiers par jour. »

L'édile de Yabassi élargit son analyse aux aspects financiers : « En considérant qu'un grumier produit en moyenne 3 000 000 FCFA, nous avons une spoliation totale de 9 milliards de FCFA cumulés en deux mois seulement pour un investissement de départ de 2 500 000 FCFA. Les fonds récoltés par les communes et l'Etat ne permettent pas la collecte des 200 millions de FCFA nécessaires à la remise à jour de tous les ponts défectueux et les routes dégradées sur lesquels les grumiers roulent et dont ils participent à la décrépitude.»

Pour Jean Maboula Mboya, « toute cette spoliation se déroule au vu et au su de toutes les autorités locales qui n'osent pas en parler». Face à ce qu'il a qualifié de « dérives fiscales et forestières», le maire de Yabassi en appelle «à la justice républicaine». En attendant, il a interpellé le gouverneur de la Région du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, qui présidait cette cérémonie de passation de commandement, sur «les agissements de ces hommes [qui] ont fiscalement localisé le village Bidjen I dans Nkondjock pour fuir le regard vigilant du maire de Yabassi alors que Bidjen 1 se situe administrativement dans la commune de Yabassi».

Ce n'est pas la première fois que « Bonivan » est cité dans des affaires d'exploitation forestière illégale. Arnauld Labrousse et François-Xavier Verschave, dans le n°17 de leurs « Dossiers noirs d'Agir ici et Survie » intitulé « Les pillards de la forêt, Exploitations criminelles en Afrique » paru aux éditions Agone en 2002, épinglait «...Bonaventure Assam Mvondo, qui sous-traitait une parcelle à Meyomessala avec Rougier SA ».

Ici encore, comme le soulignent les auteurs de ce document, « le permis censé ne pas dépasser [à l'époque des faits] 1.000 hectares, aurait dû expirer en juin 2000. Mais Rougier est si bien en cour qu'il continue mi-2002 d'exploiter environ 125.000 hectares. »

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