3 Août 2017

Egypte: Les autorités veulent mettre fin au «chaos médiatique»

Plusieurs chaînes de télévision privées égyptiennes ont été rappelées à l'ordre par le syndicat des professionnels de l'audiovisuel dans le cadre d'une opération dite de « moralisation des médias ».

C'est d'abord une mise à pied de trois mois qui a été ordonnée par le syndicat pour deux présentatrices célèbres, en raison de ce que l'on pourrait qualifier d'affaires de « bonnes mœurs ».

Riham Saïd, une présentatrice devenue célèbre grâce à une sorte de programme à scandales, a notamment accueilli sur le plateau une femme qui trompait son mari et accompagnée de son amant. L'autre présentatrice, qui avait mimé une femme enceinte, a subi les foudres du syndicat pour avoir défendu le droit de la femme de concevoir en dehors du mariage.

En Egypte, les relations sexuelles extra-matrimoniales sont interdites par la morale socioreligieuse et les crimes d'honneur sont fréquents. Toutefois, conformément à la loi copiée sur la législation française d'avant 1975, seule la prostitution est passible de prison tandis que l'adultère n'a de conséquences qu'en matière de divorce.

Des accusations contre des responsables d'un ministère

Mais des programmes plus politiques ont aussi été visés. Un présentateur et sa chaîne ont ainsi été mis en garde pour avoir accusé de corruption des responsables du ministère de l'Agriculture. Selon le syndicat, le présentateur n'a pas apporté de preuves soutenant ses accusations.

Rappelons que deux ministres de l'Agriculture sans compter de nombreux assistants ont été condamnés et emprisonnés pour corruption au cours des dernières années. Il reste à préciser que, si les décisions du syndicat de l'audiovisuel ne sont pas légalement contraignantes, elles peuvent servir de prétexte à l'autorité de diffusion satellitaire pour interdire une chaîne. Toutes les chaînes privées égyptiennes sont diffusées uniquement par satellite.

Une mise au pas du « chaos médiatique »

Ce genre d'incartades n'est pas nouveau en Egypte. Si la réaction est forte aujourd'hui, cela relève d'une campagne plus globale visant à mettre de l'ordre dans ce que certains responsables ont qualifié de « chaos médiatique sapant les fondements de l'Etat ».

Après le soulèvement populaire de 2011 qui a démis l'ex-président Moubarak un vide juridique a permis la libre création de centaines de radios et de télévisions privées. Depuis l'arrivée du président Sissi au pouvoir en 2014 les chaines islamistes ou soutenant les Frères musulmans ont été fermées. Des présentateurs contestataires ont, plus récemment, été poussés au silence par le biais de pressions indirectes.

Egypte

Coopération - L'Égypte et la RDC balisent le chemin de leur collaboration

L'entrevue entre le vice-ministre à la Coopération internationale, Freddy Kita, et le chargé des… Plus »

Copyright © 2017 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.