4 Août 2017

Congo-Kinshasa: L'ONU presse Kinshasa à juger Ntabo Ntaberi Sheka pour les crimes dont il est accusé

La représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba, s'est félicitée de la reddition le 26 juillet de Ntabo Ntaberi Sheka, fondateur et chef du groupe rebelle Nduma Défense du Congo (NDC) à la Mission de stabilisation de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) à Mutongo, dans la province du Nord-Kivu.

La NDC a été impliquée dans le viol d'au moins 387 civils, dont 55 filles et neuf garçons, lors d'attaques contre 13 villages sur l'axe Mpofi-Kibua (territoire Walikale) entre le 30 juillet et le 2 août 2010. Les Nations Unies ont également documenté au moins 154 enfants recrutés par ce groupe rebelle, et soupçonne qu'une centaine d'autres auraient également été enrôlés de forces dans les rangs de ce groupe armé. Près de la moitié des enfants étaient âgés de moins de 15 ans et servaient dans des rôles de combat, un crime de guerre en vertu du droit international.

« Pendant des années, Sheka et des éléments armés sous son commandement ont ravagé l'est de la République démocratique du Congo, tuant, mutilant, enlevant, violant et recrutant des enfants, et attaqué des écoles et des hôpitaux », a rappelé la représentante spéciale dans un communiqué publié jeudi. « Je demande à la Nduma Défense du Congo de mettre fin et d'empêcher toutes les violations graves à l'encontre des enfants et de libérer sans délai les enfants qui restent associés au groupe ».

La NDC a été répertoriée dans les rapports annuels successifs du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés pour le recrutement et l'utilisation, ainsi que le meurtre et la mutilation d'enfants.

Ntabo Ntaberi Sheka a été ajouté à la liste des personnes visées par des sanctions de l'ONU par le Conseil de sécurité en 2011. Au cours des dernières années, la Représentante spéciale a fourni des informations sur les violations qu'il a commises contre des enfants au Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la RDC. Sheka fait également l'objet d'un mandat d'arrêt national de 2011 pour crimes contre l'humanité, y compris pour viols collectifs.

La lutte contre l'impunité pour les graves violations à l'encontre des enfants et la réparation sont essentielles pour que les victimes et leurs familles puissent guérir des blessures des conflits et des destructions et commencer à reconstruire leur vie.

La Représentante spéciale demande donc au gouvernement de la RDC de prendre toutes les mesures nécessaires pour que Ntabo Ntaberi Sheka soit rapidement jugé conformément aux normes de procédure régulière et que les accusations portées contre lui correspondent de manière appropriée à tous les crimes commis contre les enfants.

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