6 Août 2017

Congo-Brazzaville: La dette cachée confirmée par le FMI

Le Congo-Brazzaville a dissimulé une partie de sa dette et le FMI l'a confirmé. On sait désormais que la dette congolaise s'établit à 120% du PIB et non pas à 77% comme avancé, au mois de mars, par Brazzaville. L'information avait été dévoilée par RFI, cette semaine. Une mission du FMI doit se rendre prochainement à Brazzaville pour discuter de la situation.

L'opposition critique et exige l'abandon des mauvaises politiques d'endettement que les autorités imputent, en grande partie, à la crise pétrolière. Le Collectif d'opposants réclame aussi l'annulation des élections législatives et locales du mois dernier.

Pays pétrolier, le Congo a atteint le point d'achèvement de l'initiative « Pays pauvres très endettés (PPTE) », en 2010. Du coup, sa dette a été ramenée à un niveau soutenable, soit 20% de son PIB.

Ces derniers mois, cette dette est passée à 120% du Produit intérieur brut (PIB). Le chiffre ne manque pas de surprendre, notamment l'opposition, d'autant plus que le pays a enregistré d'importants excédents budgétaires entre 2003 et 2014.

Pour l'opposant congolais et ancien ministre des Finances, Mathias Dzon, les autorités doivent revoir leur politique budgétaire et tirer les conséquences de leurs erreurs.

« Le Congo a eu de nombreux excédents, d'énormes excédents budgétaires. Il n'y a pas de raison que l'endettement ait atteint ce niveau.

Il y a quelque chose qui ne va pas. C'est donc une très mauvaise politique. Il faut la revoir. Il faut abandonner cette mauvaise politique qui a généré la dette », a-t-il appelé lors d'une conférence de presse, samedi.

Pour Mathias Dzon, seul un programme d'ajustement avec le FMI peut sauver le pays.

« La porte de sortie, c'est un programme avec le Fonds monétaire international mais, en même temps, il faut changer de politique. Si vous signez un accord avec le Fonds monétaire international sans un changement de politique, ça ne sert strictement à rien.

On ne peut pas se permettre d'aller à l'hôpital se soigner contre le virus d'Ebola et après, aller vivre dans un centre d'Ebola. Ce n'est pas possible », a-t-il souligné.

En lançant récemment les travaux d'élaboration du nouveau plan national de développement, les autorités congolaises ont affirmé que la crise pétrolière a mis à nu les imperfections de certains choix en matière de dépenses et de stratégies d'endettement.

«Annulons les élections»

L'opposant Mathias Dzon demande par ailleurs l'annulation des élections législatives à laquelle sa coalition a refusé de participer. Le Collectif des Partis de l'opposition congolaise a effectivement appelé au boycott des élections locales et législatives qui viennent de se tenir dans le pays.

Les jugeant nulles et non avenues, ce Collectif appelle désormais à leur invalidation, dénonçant le fait que le scrutin n'a pu être organisé dans une partie du pays, notamment dans le Pool, région du sud du Congo, où le vote a été reporté sine die pour raisons d'insécurité.

« Nous ne les considérons pas comme des élections. Ce sont des élections qui ont été pipées d'avance. Vous verrez que personne n'a été élu. Donc, ce ne sont pas de vraies élections. Nous n'avons pas le temps d'aller nous amuser dans ce genre d'élections pour perdre notre temps et perdre notre argent.

Nous voulons qu'on organise de meilleures élections et c'est la raison pour laquelle nous ne reconnaîtrons pas les institutions qui en découleront.

Pour nous, il faut organiser un dialogue nécessaire, ouvrir une transition et mettre en place les conditions qui permettent d'organiser de meilleures élections. Ceux qui seront alors élus seront véritablement représentatifs de l'opinion des Congolais », a-t-il déclaré.

« Depuis 2015 où on a changé de Constitution, nous considérons que même la Constitution en vigueur, est une Constitution qui n'a jamais été votée par les Congolais.

Or, on ne peut pas organiser des élections hors loi constitutionnelle. Il n'y a pas de Constitution en vigueur dans notre pays et toutes ces élections sont donc nulles.

Par conséquent, tout ce qui se fait, de fait nous ne pouvons pas le reconnaître mais il faut que toutes ces élections soient annulées pour qu'on organise des élections partout.

Nous sommes contre le fait que l'on ait organisé des élections pendant qu'une partie du Congo était en guerre », a expliqué l'opposant Mathias Dzon.

Dans plusieurs districts du Pool, le vote a été reporté sine die pour raisons d'insécurité. Les députés sortants dans ces 9 circonscriptions sont donc automatiquement reconduits.

Congo-Brazzaville

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