6 Août 2017

Burkina Faso: Dossier Djibril Bassolé - Abandon de toutes les charges... sauf la trahison

Photo: L'Observateur Paalga
Djibril Bassolé

Le juge d'instruction militaire a décidé de l'abandon de la plupart des charges contre Djibril Bassolé. Incarcéré à la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA) sur la base des écoutes téléphoniques qu'il aurait eues avec Guillaume Soro au temps fort de la crise née du coup d'Etat du général Gilbert Diendéré, sa défense a toujours demandé à cor et à cri qu'il bénéficie d'une liberté provisoire. Retour sur un dossier qui n'a visiblement pas épuisé sa dose de suspense.

A la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA), du fond du local aménagé où il croupit depuis septembre 2015, Djibril Bassolé doit boire du petit lait après cette ordonnance qui a décidé de l'abandon de certaines charges retenues contre lui.

Les chefs d'inculpation à son encontre étaient les suivants : attentat contre la sûreté de l'Etat, association de malfaiteurs, fourniture de moyens financiers, meurtre, dégradation volontaire de biens, coups et blessures volontaires, trahison. La seule accusation que le juge transmet à la chambre de contrôle est la trahison.

Selon l'article 88 du code pénal, « est coupable de trahison et puni de l'emprisonnement à vie tout Burkinabè qui : - porte les armes contre l'Etat ; entretient des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l'engager à entreprendre des hostilités contre le Burkina Faso ou lui en fournit les moyens soit en facilitant la pénétration de forces étrangères sur le territoire burkinabè, soit en ébranlant la fidélité des armes, soit de toute autre manière ;

- livre à une puissance étrangère ou à ses agents, soit des troupes, soit des territoires, villes, ouvrages, postes, magasins, arsenaux, bâtiments, matériels, munitions, navires, appareils de navigation aérienne ou de locomotion ferroviaire appartenant au Burkina Faso ou affectés à sa défense ;

- en vue de nuire à la défense nationale, détruit ou détériore un navire, un appareil de navigation aérienne ou de locomotion ferroviaire, un matériel, une fourniture, une construction ou une installation quelconque, ou qui, dans le même but, y apporte soit avant, soit après leur achèvement, des malfaçons de nature à les endommager, à les empêcher de fonctionner normalement ou à provoquer un accident ».

Cet abandon de charges est naturellement tout bénef pour celui dont l'inculpation repose sur de présumées écoutes téléphoniques avec le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, et qui tendraient à créditer des connexions avec des forces étrangères pour soutenir le coup d'Etat et financer la résistance militaire du RSP.

En rappel, en juillet dernier, le groupe de travail de l'ONU s'était penché sur le cas de Djibril Bassolé lors de sa 78e session.

Conclusions des experts de l'ONU : sa détention est arbitraire. Par conséquent le groupe de travail a demandé au gouvernement burkinabè de le libérer immédiatement et de lui accorder le droit d'obtenir réparation.

Cette récente mesure en sa faveur va-t-elle cette fois-ci contribuer à l'élargir ou, pour le moins, pousser à lui accorder la liberté provisoire qui lui a été refusée par deux fois ? Quelle sera la suite qui sera donnée à cette décision ? Autant de questions qui trouveront réponses certainement dans les jours ou mois prochains.

D'ores et déjà, d'un interlocuteur proche du dossier, nous avons appris que la Chambre de contrôle en a été saisie et qu'une audience se tiendrait très prochainement. Elle a pour mission de vérifier si tout ce qui a été décidé par le juge d'instruction est en accord avec la loi. Si c'est le cas, l'on ira au jugement.

S'il se trouve que la décision ne satisfaisait pas la défense et les inculpés, ces derniers pourraient se pourvoir en cassation, même si cette option n'empêche pas le jugement de se tenir.

Une demande de liberté est aussi envisageable, même si la Chambre de contrôle peut en prendre la décision d'office.

En attendant ces prochaines batailles judiciaires, notre interlocuteur paraît optimiste : « C'est possible qu'entre-temps, Djibril Bassolé obtienne la liberté provisoire. Avant même cette mesure, rien ne s'opposait à sa libération.

Ceux qui avancent des raisons qui doivent le maintenir dans les liens de la détention sont de mauvaise foi.

Le plus petit des soldats qui a été libéré et qui a pourtant eu un rôle actif dans le mouvement du RSP n'a pas fui. Il y en a même qui ont été réaffectés aux frontières. Pourquoi c'est Djibril Bassolé qui fuirait ? Pour aller où et faire quoi ? »

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