6 Août 2017

Cameroun: APE - Un déséquilibre à réduire

Les pertes attendues de l'entrée en vigueur des APE ont été minimes, mais les importations restent faibles côté entreprises.

Au mois de juin dernier, le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, indiquait que l'entrée en vigueur de l'Accord, le 4 août de l'année dernière, attendue comme un « séisme économique », « n'a pas entraîné la fin de l'administration des Douanes, ni celle des entreprises ».

Et même si cet événement a « perturbé nos élans de performance », il a « porté d'un cran notre adaptation au nouvel ordre mondial et notre repositionnement sur l'échiquier des valeurs. »

En effet, le dernier comptage, datant de fin juin 2017, fait état de ce que dix mois après l'entrée en vigueur de la première phase de l'Accord de partenariat économique, il est à souligner que le manque à gagner est de l'ordre de 685 millions de F.

Des chiffres, selon les responsables de la direction générale des Douanes, en deçà des estimations des débuts du processus, tournant autour de 15 milliards de F par an.

En effet, un an après, les premiers effets de l'Accord de partenariat économique entre le Cameroun et l'Union européenne sont d'abord douaniers, notamment sur le volet recettes. Lesquelles recettes sont impactées, outre la réduction des frais sur les produits venus d'Europe, par le détournement du commerce.

Des importateurs mal intentionnés faisant transiter leurs marchandises par l'Europe afin de profiter des avantages du démantèlement au Cameroun.

C'est pourquoi la direction générale des Douanes a attiré l'attention de ses partenaires que sont les entreprises, sur la nécessité de rester en alerte dans une perspective de performance avec les APE.

Les inquiétudes ont tout aussi été alimentées par la faible présence des entreprises camerounaises sur cette plateforme commerciale, car n'ayant pas de produits de la première phase du démantèlement tarifaire répondant aux normes européennes. D'où la nécessité d'une remise à niveau conséquente afin d'être définitivement compétitif pour la suite du processus.

Et cela doit se faire dans les meilleurs délais. Jusqu'ici, le Bureau de mise à niveau, mis sur pied à cet effet, n'a reçu qu'à peine 80 entreprises sur les 600 escomptées. Les uns et les autres doivent donc être à mesure de saisir les opportunités qui se présentent.

L'explication

Samuel Yemene: « Il y aura beaucoup de sensibilisation »

Membre du Comité de suivi de la mise en œuvre de l'APE- UE

Cela fait exactement un an que les barrières douanières ont été levées côté Cameroun dans le cadre de l'APE bilatéral avec l'UE. Quel bilan ? La première phase du démantèlement a effectivement commencé le 4 août 2016 et a consisté principalement à la réduction de 25% du taux de droit de douane sur les matières du premier groupe.

Un an plus tard, l'évaluation faite par la direction générale des douanes montre qu'on a un niveau de pertes qui se situe à plus de 600 millions de F. Ce qui représenterait 0,9% de ce qui avait été estimé par les experts. D'où l'idée selon laquelle les pertes avaient été surestimées. Ce n'est pas tout à fait exact.

Encore qu'on n'a pas à se réjouir de ce bilan. Si l'APE a été signé par le Cameroun, c'est dans un premier temps pour promouvoir et soutenir la compétitivité des entreprises. Mais, un an plus tard, on se rend compte que beaucoup d'opérateurs économiques ne maitrisent pas le processus.

En réalité, le faible niveau de pertes est davantage lié à cette méconnaissance des procédures. Il est donc important que le tir soit rectifié.

Autrement, on va continuer à avoir de faibles pertes douanières mais les objectifs liés à l'APE risquent de ne pas être atteints. Maintenant que la phase II du démantèlement démarre, comment rectifier le tir ?

Il est important de continuer à renforcer les capacités des opérateurs économiques. Notamment sur l'administration de la preuve de l'origine. Je rappelle que pour bénéficier de la baisse tarifaire au niveau de la douane, il faut prouver que votre marchandise est d'origine Union européenne.

Autrement, vous allez continuer à payer les droits de douanes comme par le passé. C'est ce qui s'est malheureusement passé lors de la première année. Pour cette nouvelle phase, il y aura beaucoup de formations et de sensibilisation.

Surtout que les produits qui bénéficient désormais de la baisse des droits de douanes sont des équipements industriels. C'est-à-dire tout ce dont une entreprise, ayant le souci de compétitivité, a besoin pour booster sa production.

A propos, pourquoi le processus de mise à niveau des entreprises n'est -il pas efficace ? Il existe un bureau de mise à niveau des entreprises qui a élaboré tout un programme dont l'objectif était la mise à niveau d'environ 600 entreprises.

Mais ce bureau connaît quelques difficultés, notamment en matière de ressources financières. Néanmoins, il faut relever que la mise à niveau est un processus continu.

En réalité, c'est à chaque chef d'entreprise de chercher à se mettre à niveau. Et on espère toujours qu'ils vont saisir la balle au bond dans le cadre des APE pour renouveler leurs équipements.

D'ailleurs, une réflexion a récemment été entamée sur la question de financement de la mise à niveau des entreprises. On voudrait que les banques accompagnent davantage ce processus.

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