8 Août 2017

Centrafrique: L'ONU tire la sonnette d'alarme sur les signes avant-coureurs de génocide

Photo: Photo: OCHA
Des personnes déplacées à l'aéroport de Bangui en République centrafricaine

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a déploré le lundi 8 août l'émergence de signes avant-coureurs de génocide en Centrafrique. Pour y faire face, il a réclamé davantage de militaires et de policiers dans le cadre de la poursuite de l'opération de paix menée par la Mission multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

« Les signes avant-coureurs de génocide sont là (... ). Nous devons agir maintenant, ne pas réduire l'effort de l'ONU et prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant », a déclaré Stephen O'Brien qui rendait compte lors d'une réunion à l'organisation de récents voyages effectués en Centrafrique et en République démocratique du Congo. « Il est temps d'augmenter le nombre de militaires et de policiers de la Minusca afin qu'elle soit en adéquation avec son mandat de protection des civils », a ajouté ce responsable onusien.

Selon le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, cette sonnette d'alarme doit être prise au sérieux puisque 180.000 personnes ont quitté cette année leurs domiciles en Centrafrique, portant à plus d'un demi-million le nombre de déplacés dans ce pays.

Stephen O'Brien a, par ailleurs, dit avoir été horrifié lors d'une visite dans une église catholique à Bangassou (sud) où 2000 musulmans ont trouvé refuge il y a trois mois et qui sont toujours encerclés par des combattants animistes ou pro-chrétiens menaçant de les tuer. Estimant que « les risques sont extrêmement hauts », ce responsable britannique a souhaité que tout soit fait pour décider s'il faut les reloger sur un autre site ou non. Il a en outre affirmé que la moitié de la population centrafricaine qui compte un demi-million de réfugiés a besoin d'une aide alimentaire. « Une rechute dans une crise humanitaire de grande ampleur est imminente », a redouté ce responsable onusien alors que les Nations unies ont reçu jusqu'à présent seulement 24% des 497 millions de dollars réclamés lors d'un appel à l'aide humanitaire pour la Centrafrique.

Ce n'est pas pour la première fois qu'un responsable de l'ONU évoque la nécessité de renforcer les effectifs de la Minusca. Déjà la semaine dernière, le secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix, le Français Jean-Pierre Lacroix, avait indiqué qu'il envisageait de demander au Conseil de sécurité de doter davantage cette force de troupes.

Une fois ces renforts approuvés et déployés, les nouveaux contingents devront s'ajouter à quelque 12.500 militaires et policiers en poste en Centrafrique pour aider à protéger les civils et soutenir le gouvernement du président Faustin-Archange Touadera, élu l'an dernier.

En attendant ce qui pourra être décidé sur ce sujet, la Centrafrique peine toujours à se relever d'un conflit entre groupes armés Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, et anti-Balaka, majoritairement animistes et pro-chrétiens. La persistance de ces violences s'est soldée par la mort de neuf Casques bleus depuis le mois de mai dans la région de Bangassou, à la frontière avec la République démocratique du Congo.

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