8 Août 2017

Tchad: Il y a un an, Idriss Déby prêtait serment

Après sa réélection controversée il y a un an, l'heure est au bilan pour le président Idriss Déby Itno. A Ndjamena la capitale, la population semble toujours attendre les promesses électorales.

Candidat à sa propre succession après 26 ans au pouvoir, le président Déby s'est engagé dans la foulée de la campagne électorale d'avril 2016 à favoriser l'accès à l'eau potable, à un système sanitaire de qualité et au logement décent pour tous.

Déby avait aussi promis de lutter contre la corruption, la pauvreté ainsi que d'engager une reforme de l'État. Mais à peine investi, le 8 août 2016, le pays s'est enfoncé dans une crise économique sans précédent, obligeant les fonctionnaires de l'Etat a déclencher des grèves perlées qui ont duré des mois.

Aujourd'hui, les Tchadiens se disent déçus du bilan et le font savoir.

C'est une année de perdue, martèle de son coté Joseph Djimrangar Dadnadji, ancien premier ministre d'Idriss Deby, basculé dans l'opposition et candidat à la dernière présidentielle.

"Vous ne pouvez pas diriger un pays quand vous n'avez pas de vision. Déby n'a pas de vision en ce moment. Il faut donner des orientations en tant que leader, ce sont des problèmes liés au leadership : Moi j'évaluerais à partir d'une vision, or il n'y en a pas. On a mis un quart de siècle pour réformer mais c'est dans le désordre le plus total. Je suis honnête, je crois qu'on a vraiment perdu une année, et ça va continuer, je vous le dis. On est à environ deux tiers des moyens de l'État en moins pour fonctionner. » Explique-t-il

"Il ne faut pas compter sur les ressources pétrolières" (JB. Padaré)

Contacté, Jean Bernard Padaré, le porte parole du parti au pouvoir (MPS) répond aux critiques sur les droits de l'homme et la situation économique du pays. La justice s'applique avec rigueur à tous ceux qui ne respectent pas la loi, selon lui. Quant à la dégradation des conditions de vie des Tchadiens, il estime que celle-ci s'explique par l'effondrement des prix de pétrole.

Pour bon nombre de Tchadiens, Déby a fait trop de fausses promesses. Beaucoup se souviennent encore de sa première promesse faite à l'occasion de sa première déclaration, le 4 décembre 1990, à savoir: "Je ne vous apporte ni or, ni argent, mais la liberté."

Une liberté presque confisquée au regard des arrestations arbitraires, intimidations, interdictions des manifestations, de réunions publiques et traques des paisibles citoyens depuis 26 ans au Tchad.

Tchad

Des entreprises tchadiennes ont ravi aux nationaux 500 milliards de FCfa de contrats dans l'Extrême-Nord

Les entreprises tchadiennes ont le vent en poupe sur les contrats des infrastructures dans la région de… Plus »

Copyright © 2017 Deutsche Welle. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.