8 Août 2017

Cameroun: Lutte contre les établissements clandestins - Un défi permanent

Photo: Ngala Killian Chimtom/IPS
Élèves dans une salle de classe

Plusieurs décennies que le phénomène perdure, revêtant tous les aspects d'une hydre. Chaque année, les pouvoirs publics compétents, dont le ministère des Enseignements secondaires et ses multiples démembrements lui tranchent une tête, dans le but de l'éradiquer.

Mais une autre pousse. En 2016 par exemple, 75 de ces clandestins étaient dans le collimateur du ministère. En 2014, ils culminaient à 85. Les uns et les autres se font régulièrement épingler pour des motifs proprement scandaleux : pas d'autorisation de fonctionner, violation des formalités légales de création, fonctionnement dans des maisons d'habitation et locaux précaires, manque d'enseignants qualifiés... Seulement, le tout n'est manifestement pas de décréter la fermeture desdits établissements. Encore faut-il veiller à l'application de la mesure sur le terrain, sans aucune faiblesse.

Ainsi, tout citoyen peut constater à loisir que, loin du regard des autorités centrales, les établissements incriminés restent fermés sur le papier et poursuivent leurs activités sans aucune inquiétude. Rendus à quelques semaines de la rentrée scolaire, beaucoup ont déjà bouclé les inscriptions. Le moment venu, lorsque l'autorité se réveillera pour sévir, le mal aura déjà été fait. Les parents et leurs progénitures n'auront plus que leurs yeux pour pleurer. La faute au manque de suivi et à la communication limitée sur l'identité des établissements suspendus. Au regard de la sensibilité du sujet, les contrôles doivent être permanents toute l'année scolaire et au-delà. Au besoin, les parents doivent être sensibilisés et même outillés pour exiger des promoteurs et autres responsables d'établissements des garanties relativement à la régularité de leur situation.

Les populations peuvent également être mises à contribution pour dénoncer toute activité scolaire suspecte dans leur voisinange. C'est qu'à chaque rentrée scolaire, écoles maternelles, primaires et autres collèges poussent un peu partout comme des champignons. Jouant sur la proximité et des coûts de scolarité réduits, voire des crédits, ils recrutent à tours de bras, dispensent des enseignements approximatifs ne correspondant à aucun programme national. Avec, à la manœuvre dans les salles de classe, des aventuriers de tous acabits faisant fi des normes de la langue française ou anglaise. Comment s'étonner dès lors que des élèves progressent allègrement chaque année dans ces environnements sans maîtriser les fondamentaux ? Il est temps de tordre définitivement le coup à cette hydre. Sinon, bonjour la catastrophe !

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