9 Août 2017

Maroc: Témoignage à l'ambassade et réactions sur les 2 ivoiriennes séquestrées et tabassées par des camerounais au Maroc

C'est un Ambassadeur de la Côte d'Ivoire près le Royaume du Maroc, Traoré Idrissa, encore sous le choc que nous avons joint par téléphone le mardi 8 août 2017.

Dans l'attente d'un éventuel communiqué officiel des autorités ivoiriennes, via le ministère de l'intégration et des Ivoiriens de l'étranger, le représentant du chef de l'État, et de la Côte d'Ivoire près le Royaume chérifien, n'a pas souhaité réagir face aux tortures dont ont été l'objet deux Ivoiriennes, dans le pays.

Toutefois des membres de la représentation diplomatique ont assuré que suite à ce qui est arrivé aux deux ivoiriennes depuis jeudi et vendredi, Idrissa Touré est à la manœuvre pour que justice soit rendue. « Il estime qu'il faut que cela serve d'exemple. On ne peut pas se permettre cela, c'est i-nad-mi-ssi-ble !

Mais, tout de suite, il y'a une plainte qui a été déposée par les deux victimes », ont confié les agents de l'ambassade. Selon eux l'ambassadeur a demandé à la Commission marocaine des droits de l'Homme de se saisir de l'affaire. Il a également demandé une audience au Procureur de Casablanca où se sont produits les faits, et devrait probablement le rencontrer ces jours-ci.

« Nous étions à deux doigts de l'affrontement communautaire (Entre Ivoiriens et Camerounais : Ndlr). Pour éviter cela, il a mené des actions de terrain. Surtout pour ne pas entraver le processus judiciaire, car des actions de représailles auraient pu perturber l'enquête.

Ensuite, les victimes, sur ses instructions, ont été prises en charge. Ce matin encore (mardi 8 août 2017 : Ndlr), il y'a une qui était toujours à l'hôpital. Toute l'assistance, les frais etc., sont pris en charge par l'Ambassade », témoignent nos interlocuteurs.

Ils ajoutent que la dame à l'origine des incidents , et qui est considérée comme la commanditaire de la bastonnade, a été exfiltrée samedi par la police. Elle était au commissariat de police, il était question qu'elle soit transférée à la Préfecture de police.

Et de la préfecture, elle devrait être déférée devant les tribunaux pour répondre de ses actes. Des ivoiriens sur place l'avaient « séquestrée » en direct sur Facebook . Elle avait alors présentée des excuses. Sur les réseaux sociaux l'on a observé une mobilisation de la diaspora ivoirienne vivant sur les lieux de l'incident.

Les enquêtes sont en cours pour retrouver les personnes qui sont allées au domicile de cette dame pour faire la sale besogne. Leurs photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux. « En tout cas, je vous assure que nous ferons tout pour les retrouver.

C'est la dignité de ces dames qui a été bafouée, c'est pour cela que l'ambassadeur a parlé de la Commission des droits de l'Homme du Maroc. Mais croyez-nous , c'est une affaire qui doit aboutir à tout prix, et il fera en sorte que ça aboutisse, et que cela serve d'exemple.

On ne peut pas comme cela, s'en prendre à des dames, peut-être même à des mères de famille, et mettre leur dignité dehors », ont poursuivi les agents de l'ambassade.

À la question de savoir si l'ambassadeur Idriss Touré a échangé avec son homologue du Cameroun au Maroc, ses collaborateurs ont répondu : « Le plus urgent, c'est que la Justice s'empare de cette affaire. C'est ce qu'il est en train de faire. Que Justice soit rendue conformément à la législation en vigueur au Maroc !

Il s'est déjà attelé à cela, il continue de le faire encore parce que tout le processus continue. Et puis ensuite, l'ambassadeur du Cameroun ici au Maroc est un collègue qu'il connaît très bien.

Cela ne cause pas de problème qu'il le rencontre; il pourrait le rencontrer à tout moment si cela est utile pour apaiser , mais surtout pour aider à retrouver les auteurs. Néanmoins, il était important que la justice soit saisie dans un premier temps, parce que c'est une affaire qui relève de la Justice ». Dont acte !

[ Témoignage de Krizo Paulin Goudé temoigne (Ivoirien, résident au Maroc) ]

«Ils ont ligoté, tabassé et v... les filles »

Ivoirien résident au Maroc, Krizo Paulin Goudé joint au téléphone le mardi 8 août 2017, donne les faits, tels que expliqués sur place par les proches des deux victimes

« Pour ce que je sais, tels que les faits se sont d'ailleurs passés, les deux jeunes filles travaillent pour la dame camerounaise chez elle à la maison : un maquis en même temps restaurant. Les deux jeunes filles, une s'appelle Nina et l'autre se nomme Chantal, ont fait palabre entre elles ivoiriennes, dans le maquis de la dame camerounaise. Ce que celle-ci n'a pas apprécié. Elle les a mises à la porte parce que les jeunes filles vivaient et travaillaient là-bas. Avant de les ramener de force chez elle, avec l'aide de ses compatriotes. Elle a ensuite appelé ses frères camerounais pour l'aider à faire chanter les filles, en disant qu'elles ont tout gâté chez elle, et que son bailleur l'a appelé à cause de leur palabre; donc les filles doivent payer une somme d'argent. Ils étaient chargés de les ligoter, faire une vidéo et envoyer à leurs parents pour que ceux-ci envoient de l'argent. C'est ainsi qu'ils ont ligoté, tabassé et peut être même violé les filles ».

[ Chronologie d'un calvaire... ]

Ce sont deux Ivoiriennes, Nina et Chantal, travaillant à Casablanca, au Maroc, pour le compte d'une Camerounaise, qui ont vécu un véritable calvaire. Tout est parti d'une banale dispute entre ces ivoiriennes chez leur employeuse, la camerounaise. Cette dernière, fatiguée de leur faire entendre raison, a fini par leur demander de vider les lieux. Elles ont, semble-t-il, dans un premier temps refusé, en criant de plus belle, avant de quitter les lieux. Toutes ces nuisances sonores, découlant de tout ce brouhaha, alertèrent les voisins qui, à leur tour, saisirent le propriétaire de la maison.

Finalement, la locataire camerounaise a affirmé que que le locataire lui aurait demander de vider de sa maison, sans le remboursement de sa caution estimée à 524 000Frs. Entre temps, les deux ivoiriennes avaient fini par se reloger chez un autre ivoirien. Mais la Camerounaise qui tenait à ce que les Ivoiriennes lui remboursent sa caution, loue les services de ses compatriotes. Ces derniers en compagnie de la camerounaise retrouvent les deux filles chez un Ivoirien. Après des échanges et prétextant trouver une solution amiable au "problème de la caution", les deux filles leur sont remises. Et c'est une fois entre les mains de ces hommes et de la dame que le calvaire des filles va débuter.

Pendant plusieurs heures, elles seront ligotées, bastonnées et peut-être même violées par leurs bourreaux sous le regard approbateur de leur ancienne patronne. Et le comble, toute la scène sera filmée pour organiser une sorte de chantage auprès des parents des filles surtout que l'une d'elle a sa mère qui vit en France. C'est une fois les filles libérées des griffes de leurs bourreaux dans un piteux état, que l'affaire éclatera au grand jour. Les bourreaux en fuite, courent toujours tandis que la dame elle, avait été arrêtée par la police, avant d'être relâchée pour être présentée devant le tribunal. L'opinion publique africaine suit cette victoire, pour la manifestation de la vérité, pour que justice soit rendue.

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