9 Août 2017

Kenya: Raila Odinga dénonce une élection présidentielle "manipulée", la tension monte

Photo: Jeff Angote/The Nation
Les jeunes barricadent la rue Juja à Mathare, le 9 août 2017 alors qu'ils manifestent contre les résultats présidentiels.

La tension est montée d'un cran à travers le pays et l'opposition crie à la fraude électorale après l'annonce mercredi des résultats provisoires de l'élection présidentielle qui donnent le président sortant largement en tête devant l'opposant Raila Odinga.

La Commission électorale (IEBC) a publié mercredi à la mi-journée les résultats transmis électroniquement par 94,5% des bureaux de vote, créditant Uhuru Kenyatta de 54,36% des suffrages, contre 44,77% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés.

Réagissant après la publication de ces résultats, l'opposant kényan qui est candidat pour la quatrième fois à la présidentielle les a rejetés, soulignant que cette élection a été « manipulée par un piratage informatique ».

« Il s'agit d'une fraude d'une gravité monumentale, il n'y a pas eu d'élection », a déclaré à la presse ce candidat de la coalition d'opposition Nasa, des accusations qui, combinées aux manifestations de ses partisans, ont fait ressurgir le spectre des violences de la présidentielle de 2007.

Raila Odinga a soutenu être en tête de l'élection et dénoncé « des pirates informatiques qui ont « manipulé » ce scrutin à l'avantage du président sortant, en prenant le contrôle du système de comptage des voix grâce aux codes d'accès d'un responsable informatique de la Commission électorale assassiné un peu plus d'une semaine auparavant. Malgré cela, il appelé les Kényans au calme avant toutefois d'ajouter : « Je ne contrôle pas le peuple ».

En 2007, Raila Odinga avait crié à la fraude à l'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait alors plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière ayant fait 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.

Lors de l'élection de 2013, il avait également dénoncé des fraudes après la victoire dès le premier tour d'Uhuru Kenyatta, et avait saisi la Cour suprême, qui avait tout de même validé les résultats.

Le président de la commission électorale, Wafula Chebukati, a qualifié l'élection de « libre et juste » et précisé que les résultats publiés en ligne, sur la base de transmissions électroniques depuis les bureaux de vote, ne sont pas définitifs.

« Pour l'instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non », a-t-il relevé au sujet du piratage informatique évoqué par l'opposition.

« La Commission va rassembler les copies originales des procès-verbaux de résultat de chacun des bureaux de vote avant de publier ces résultats définitifs, un processus qui pourrait prendre plusieurs jours », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Quelque19,6 millions d'électeurs kényans ont voté mardi pour départager le président sortant et son rival. Ils devaient aussi élire leurs députés, gouverneurs, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'Assemblée.

Durant la campagne électorale, Uhuru Kenyatta, 55 ans, et son vice-président, William Ruto, avaient mis en avant leur bilan économique, notamment avec une croissance à plus de 5% par an et le développement des infrastructures.

Raila Odinga a dénigré ce bilan, critiquant la hausse du prix des denrées alimentaires et se posant en garant d'une croissance économique mieux partagée.

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