9 Août 2017

Congo-Kinshasa: Le financement de la réponse au Kasaï loin d'atteindre la moyenne

Près de 4 mois après le lancement de l'appel éclair au financement pour répondre à la crise humanitaire qui a secoué l'espace Kasaï, le fonds disponible est loin d'atteindre la moyenne.

Au cours de sa conférence de presse de mercredi 09 aout 2017 à Kinshasa, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a tiré, une fois de plus, la sonnette d'alarme sur la nécessité d'apporter une réponse appropriée à la crise humanitaire qui sévit au Kasaï.

Selon la porte-parole par intérim, Fabienne Pompey,« plusieurs financements sont actuellement en cours pour répondre à la crise du Kasaï ». « Toutefois, souligne-t-elle, les acteurs humanitaires estiment urgent le décaissement effectif des fonds annoncés pour assister au plus vite les populations dans le besoin ».

« Crise humanitaire majeure »

Près d'un an après le début de la crise et quatre mois après l'Appel Eclair de 64,5 millions de dollars, lancé fin avril 2017, la réponse en cours est essentiellement financée par des fonds reçus entre février et mai derniers.

Au cours des dernières semaines, de nombreuses visites de haut niveau ont eu lieu pour rappeler à la Communauté internationale que la RDC demeure une « crise humanitaire majeure » et qu'elle nécessite beaucoup plus de moyens financiers que ceux qu'elle a reçus à ce jour, pour apporter l'aide nécessaire aux familles et communautés dans le besoin.

Hormis les besoins financiers, les agences humanitaires du système des Nations Unies et les ONG travaillent dans un contexte tendu et en appellent au Gouvernement congolais de jouer pleinement son rôle de garant de la sécurité et de l'accès aux acteurs humanitaires qui sont appelés à se déplacer partout où il y a des besoins humains.

« Il est aussi nécessaire que les communautés, notamment via les notables et leaders communautaires, deviennent elles même un maillon fondamental dans l'appropriation des principes humanitaires et l'exécution des différentes opérations d'aide », a estimé Fabienne Pompey.

Au moins 5 000 enfants exposés au recrutement

Près d'un an après le début de la crise, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans la région du Kasaï, en particulier pour 1,4 million de déplacés qui ont fui les violences. Les besoins en assistance d'urgence et en protection restent immenses car les communautés sont confrontées à la violence et à des conditions de déplacement très précaires.

Les acteurs d'éducation et de protection de l'enfant s'inquiètent du recrutement de ces derniers par les milices. En effet, 40% à 60% des effectifs des milices sont des enfants, souvent âgés de moins de 15 ans, et au moins 5 000 enfants séparés de leurs familles risquent d'être recrutés ou victimes d'abus, selon la Monusco.

Elle précise que dans la Province du Kasaï, la situation est « particulièrement complexe » en raison des violences intercommunautaires qui se greffent aux affrontements répétés entre les milices et les Forces armées de la RDC (FARDC).

Par ailleurs, l'Onu estime que dans les semaines à venir, l'évolution de la situation humanitaire dépendra de la capacité des acteurs à « augmenter l'assistance aux populations », mais également de celle de l'Etat congolais à « rétablir la paix dans la région ».

Congo-Kinshasa

L'UE remet le couteau sous la gorge du pays

Le Conseil de l'Union Européenne a rendu publiques, hier lundi 11 décembre 2017, ses conclusions en… Plus »

Copyright © 2017 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.