9 Août 2017

Cameroun: Budget d'investissement public - Déjà 52% d'exécution physique

L'évaluation à mi-parcours est satisfaisante, selon le Comité national de suivi réuni hier à Yaoundé.

52,83% ! C'est le taux d'exécution physique du budget d'investissement public (BIP) au 30 juin 2017. Il est en baisse de 2,29 points par rapport à la même période en 2016, où ce taux d'exécution physique était de 55,12%. Mais cela reste satisfaisant, au regard de la conjoncture économique moins favorable cette année, à en croire le Comité national de suivi de l'exécution physico-financière de l'investissement public, réuni hier à Yaoundé. Latraditionnelle rencontre semestrielle vise justement à faire le point sur les activités liées à la consommation du BIP et à proposer des recommandations visant à améliorer les performances globales d'exécution. A mi-parcours de l'exercice 2017 donc, l'on retient que le taux d'engagement est de 69,86% contre 56,91% au 30 juin 2016 et 47,02% en 2015.

Le taux de liquidation à cette date est de 66,90% contre 53,83% en 2016 et 38,47% en 2015. L'ordonnancement quant à lui se situe à 66,63% contre 52,04% en 2016. Autant d'améliorations qui justifient le satisfecit du Comité national présidé par l'honorable Rosette Ayayi. Elle explique que l'exécution 2017 s'appuie sur une stratégie mise en œuvre au début de l'exercice 2016, avec pour principal objectif de contribuer à régler le problème de sous-consommation des crédits d'investissement public, tout en veillant sur la qualité de la dépense publique. Occasion de rappeler que des réformes ont été engagées depuis 2016 pour une bonne exécution du BIP, malgré un environnement économique défavorable. Il s'agit entre autres du renforcement du dispositif de préparation avec une attention accrue sur la maturation et la programmation des projets.

La mise en place d'une collaboration de plus en plus étroite entre les ministères en charge de l'économie, des finances et des marchés publics contribue également aux bons résultats actuels. De même que des anticipations qui ont permis que l'exécution du budget de l'Etat démarre dès le 1er janvier 2017. Toutefois, certaines difficultés persistent : les lenteurs dans la passation des marchés publics ; des retards dans le paiement des décomptes et la faible exécution des crédits transférés aux collectivités territoriales décentralisées. Autant de problèmes posés au Comité national de suivi qui devra formuler des propositions de solutions, afin que l'exercice 2017 se clôture avec un taux de réalisation physique encore plus satisfaisant que les 95,94% réalisés en 2016.

Rosette Ayayi: « La conjoncture économique ne facilite pas les choses »

Présidente du Comité national de suivi de l'exécution physico-financière de l'investissement public. Après toutes les réformes mises en œuvre cette année, qu'est-ce qui explique que l'exécution physique du BIP soit plutôt en baisse ? Effectivement, il y a eu beaucoup de réformes mises en place qui ont permis d'avoir de bons résultats au terme de l'exercice 2016, comparés à ceux de l'exercice 2015. Maintenant, concernant l'exercice 2017, il y a effectivement un petit glissement à mi-parcours et je crois bien que de par la bouche autorisée, nous avons appris que la conjoncture économique y est pour quelque chose.

Il y a quelques problèmes, peut-être au niveau du ministère des Finances et qui découragent un peu les exécuteurs de projets. Quand les décomptes peinent à être payés, ça impacte forcément sur les chantiers en cours. Et c'est évidemment à cause de la conjoncture économique qui ne facilite pas les choses, avec d'ailleurs l'arrivée de FMI. Un contexte qui impose la nécessité de plus de discipline dans l'exécution de la dépense publique, notamment un changement d'attitude et une nécessaire adaptation de tous les acteurs. Comment se comporte la région de l'Extrême-Nord, avec la crise sécuritaire? Il y a justement des petits problèmes dans cette région particulière à cause de la guerre contre Boko Haram. Il est donc normal que là-bas, vu que la sécurité est perturbée, que les entrepreneurs ne soient pas très motivés pour exécuter les projets. Mais il est important de relever que la région de l'Extrême-Nord n'a pas démérité malgré ce problème.

Elle reste quand même dans de bonnes proportions avec une réalisation physique de plus de 17% contre 20% en 2016. Certes, c'est la performance régionale la plus faible en ce moment, mais ça s'explique. L'environnement est difficile. Quelles mesures sont prises pour que malgré cette conjoncture, on évolue quand même ? Le ministre en charge de l'économie a toujours rappelé ici tout ce qui est fait au niveau du gouvernement pour améliorer cette situation. D'autres mesures sont en étude, étant donné que la sécurité pèse sur la réalisation des projets. Tout est néanmoins mis en œuvre pour que la paix règne et que les projets puissent être exécutés en même temps.

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