9 Août 2017

Congo-Kinshasa: Ville morte - Réussite pour les uns et échec pour les autres!

Ficelle autour du bilan de deux journées villes -mortes vécues tant à Kinshasa que dans l'arrière-pays. Si le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, Rassop, aile dure de Limete parle d'une réussite totale.

Il n'en est pas le cas pour la Majorité présidentielle qui voit le contraire. Elle parle sans ménagement d'un échec. Chaque partie n'a pas manqué de donner de la voix pour planter le décor de ce qu'a été la date du 8 août 2017, première journée de la Ville-morte. Invité du journal Afrique sur TV5 Monde, Olivier Kamitatu, président de l'ARC (Alliance pour le Renouveau du Congo), intervenant sous la casquette du Porte-parole de Moïse Katumbi Chapwe qui s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle 2017, n'a pas hésité d'affirmer, le cœur sur les lèvres que la ville-morte pour la journée du 8 août 2017, a été une réussite totale, image faisant foi de l'activité économique et mouvement de masses au ralenti. D'après lui, le Rassop entend renforcer d'autres actions sur terrain, pour obtenir de la CENI, le calendrier électoral en vue de l'organisation, ne serait-ce que de la présidentielle avant fin décembre 2017. Un autre son de cloche, c'est celui venu de quelques membres de la Majorité présidentielle élargie.

Ces derniers ont choisi le média d'Etat, Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) pour déclarer que la Ville-morte du 8 août a été un échec. En avoir assez, Lisanga Bonganga, ministre d'Etat aux Relations avec le Parlement pour ne pas le citer, parle d'un échec cuisant, cette journée ville- morte programmée par le Rassop/Limete. Il en va pour preuve, tous les membres de son cabinet ont répondu présent à leur poste de travail. Il a même convoqué une réunion marathon de travail. Beaucoup de ses collègues, accompagnés de membres de leurs Cabinets, y étaient également présents aux lieux de travail, a-t-il soutenu. C'est notamment, la ministre du Genre, Mme Safou aperçue sur les images diffusées par la chaîne nationale RTNC.

Du côté des entreprises du portefeuille, Patient Sayiba Tambwe, DG de l'OGEFREM a maximisé ses énergies en présidant une réunion avec tout son staff directionnel, élargi aux cadres et agents. Pour lui en effet, cette politique d'inciter la population à la Ville morte est prohibée en ce qu'elle cause d'énormes manques à gagner au pays.

Dans cette même logique, les invités de l'émission Kiosque sur Congo Canal Télévision (CCTV), ont reconnu la fluidité du transport sur le boulevard du 30 juin. Celui résidant au quartier Righini a soutenu avoir roulé pendant 15 minutes seulement de Righini jusqu'au Centre ville, trajet qu'il fait souvent en temps ordinaire, 1 heure au plus.

L'autre est résidant à Kintambo magasin. Il n'a fait que 4 minutes à bord de sa voiture pour atteindre CCTV, a-t-il déclaré. D'un coin à l'autre, l'arrêt des activités était également signalé au marché central, cette grande marmite des négoces, située au cœur de Kinshasa, a témoigné le président des Vendeurs du grand marché.

Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres

Réussite ou échec, le journaliste est tenu, suivant le principe de l'éthique et de la déontologie, à l'écart des passions des acteurs politiques. Ce qui renforce davantage la règle journalistique qui stipule: "les faits sont sacrés mais les commentaires sont libres". Du point de vue des faits, il a été observé que des magasins, boutiques, shop markets, alimentations et autres petits commerces étaient fermés. A peine, quelques véhicules de particuliers étaient visibles sur les chaussées. Le même décor était pareil dans certaines villes en provinces comme Goma, Bukavu, Matadi etc.

Tout a commencé la veille, soit lundi 7 août 2017, où chacun (Congolais) s'arrogeait du rôle de témoin oculaire de ce qu'il a vu et ressenti. Le bilan avancé par la Police nationale congolaise parle de 12 morts à Kinshasa et 2 à Matadi dans le Kongo Central. A la base: l'attaque de la milice Bundu dia Mayala, selon la PNC. Ceci, n'inspire pas confiance. Il est de nature à fragiliser la quiétude des Congolais, et de tous ces expatriés qui ont choisi la RDC, leur seconde patrie. Il n'est pas souhaitable de continuer à vivre de tels scenarii.

Villes- mortes et leur contexte

La ville- morte est née du contexte d'une crise qui est engendrée et scindée en trois phases dans le cas d'espèce. Primo: il y a la crise politique due à la rupture de confiance entre Majorité au pouvoir et l'opposition. Elle n'épargne pas non plus, la rupture de confiance entre gouvernants et gouvernés. Secundo: il y a la crise institutionnelle à travers laquelle, des assemblées provinciales font déchoir des gouverneurs des provinces accusés de mégestion. Dès lors, le fonctionnement des institutions pose problème. Si un gouverneur est lavé par la Cour Constitutionnelle à travers un Arrêt le réhabilitant dans ses fonctions, il se voit chasser et par l'Assemblée provinciale et par la base. L'autre facette de la crise institutionnelle est celle de la continuité soutenue par les uns, au cas où les élections ne se seront pas organisées avant la date du 31 décembre 2017, se référent à la Constitution. Tandis que d'autres s'en tiennent à l'Accord du 31 décembre 2016, lequel, malheureusement sera caduc au-delà de la date précitée.

Tertio: la crise sociale est la rupture entre l'Etat et la base qui n'est plus payée, qui ne mange pas à sa fin, qui observe de mouvements de grève et dont le pouvoir d'achat est effrité le jour au jour.

Quarto enfin: il y a la crise économique. Lorsque les agrégats macroéconomiques sont en rupture avec la réalité économique et l'investissement, rien de positif ne peut marcher.

Au-delà de tout, l'autre crise et non de moindre qui pointe à l'horizon, c'est celle de la non tenue des élections prévues dans l'Accord de la Saint Sylvestre; c'est celle de rallonge de 12 mois prévu par ce même accord sans pour autant vider les fondamentaux de celui-ci; c'est celle d'une nouvelle transition à laquelle, tous ne seront pas d'accord ; c'est celle liée à la constatation d'une autre crise de légitimité et de légalité ; c'est celle liée à la non décrispation, au non abandon des poursuites judiciaires vis-à-vis des opposants etc.

Deux forces ou deux logiques s'affrontent.

La logique de la continuité (Majorité) et celle de la rupture (Rassop). Et les Villes mortes, marches pacifiques, boycottes, meeting, grèves... , ne sont qu'une expression volontariste pour briser la logique de la continuité.

Qu'à cela ne tienne, face à un tel paysage brumeux, il est indispensable à ces deux logiques de revenir sur le bon sentiment. C'est-à-dire, sur la table de négociations pour éviter de détruire le peu d'acquis qu'on pouvait avoir ; pour éviter une énième guerre qui peut plonger des édifices en ruine.

Pour cela, il faudra une caution de la Communauté internationale pour avoir des garde-fous; pour éviter que le sang des Congolais puisse couler de nouveau.

Aussi et surtout, la lettre de noblesse recommande-t-elle, la modération, la volonté politique, le triomphe des idées dans la sérénité, l'alternance démocratique et la grandeur de sortir de la politique du ventre ou des postes.

Congo-Kinshasa

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