10 Août 2017

Tunisie: Errance, oisivité et manque d'espaces de loisirs

Même si certaines régions comme le Kef, Siliana, Jendouba et Kasserine sont à même de satisfaire les passionnés de musées et d'archéologie et les amoureux de la nature qui se déploie à travers une myriade de couleurs allant du vert paradis au jaune d'or, elles restent incapables de répondre aux attentes des jeunes en matière de loisirs et d'actions distractives, les réduisant à fréquenter les cafés ou les quelques lieux de détente qui ont été aménagés, ces derniers temps, pour offrir aux familles l'occasion de se détendre notamment les mini-parcs de loisirs où l'on peut manger et boire des boissons rafraîchissantes.

Mais ce sont surtout les lieux communs comme les cafés et les bistrots qui semblent bénéficier des faveurs de la jeunesse en ces temps même si la fréquentation de tels lieux requiert inévitablement monnaie sonnante et trébuchante.

Partant de cette triste réalité, l'on ne peut qu'être marqué par ces images de jeunes planqués à longueur de journée dans les cafés en train de jouer aux cartes inlassablement. Dans certaines villes, la gastronomie de rue commence à proliférer et l'on voit de plus en plus de jeunes se ruer sur des fast-foods et autres gargottes de fortune, la nuit surtout.

Et pourtant, dans des cités comme Le Kef, les investissements dans les loisirs et la détente commencent à prendre forme, à l'image de la construction de piscines et l'ouverture de centres de loisirs sous forme de parcs d'attraction qui attirent davantage les familles que les jeunes eux-mêmes.

Pour un jeune promoteur du Kef qui a investi plus d'un million de dinars dans un projet intégrant un restaurant de haut de gamme et un café, c'est le seul investissement rentable qui marche, selon lui, dans les régions de l'intérieur où, dit-il, on ne saurait inventer la mer. Et d'ajouter que les villes de l'intérieur doivent se prendre en charge toutes seules et ouvrir les voies à des investissements dans le domaine des loisirs. Mais cela nécessite, selon lui, des investissements lourds, raison pour laquelle l'on voit aussi proliférer dans de nombreuses villes les salles de jeux (électroniques) que les jeunes ont tendance à fréquenter de plus en plus, étant moins chères.

Aussi voit-on encore de nombreux projets pulluler dans les régions comme nous l'avons cité plus haut, où le nombre de fast-foods et de cafés a augmenté au cours de ces dernières années.

La concurrence devient même rude entre les promoteurs au grand bonheur des consommateurs qui assistent à une amélioration de la qualité dans ces établissements. Certains jeunes, issus de familles démunies, quittent leurs régions pour aller travailler quelque part dans les zones côtières où les opportunités de travail sont meilleures que dans leurs régions, et ce, pour assurer à la fois leur bonheur de circonstance et se faire un peu d'argent de poche afin de pouvoir faire face aux frais de la rentrée scolaire ou universitaire.

Les zones rurales se sont progressivement vidées ces dernières années. Les jeunes les ont quittées pour se rendre dans des zones urbaines où ils peuvent rencontrer leurs amis et partager des moments de détente avec eux. Mais ce qui est à relever essentiellement, c'est le changement brutal du comportement des jeunes dans les régions et la modification de leur rythme biologique. Ils dorment le jour et vivent la nuit : une réalité qui inquiète bien des parents. Ces derniers jours, les habitants n'ont pas pu mettre un pied dehors pendant la journée et les jeunes se sont trouvés contraints à cause de la forte chaleur à se cloîtrer chez eux et à patienter jusqu'à la tombée de la nuit pour pouvoir sortir.

Cela dit, la mentalité et le comportement des jeunes ont changé. Ces derniers sont de plus en plus animés par le plaisir de la consommation, poussant les parents à débourser autant que faire se peut pour satisfaire un adolescent en quête d'accomplissement identitaire non sans rogner sur le budget familial.

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