10 Août 2017

Congo-Kinshasa: La Police accuse la secte BDK

Dans les affrontements qui ont secoué, lundi 7 août, la ville de Kinshasa et les grandes villes du Kongo central, la Police nationale congolaise a trouvé le coupable. Elle met en cause des adeptes de la secte politico-réligieuse Bundu dia Kongo du député national Ne Muanda Nsemi.

C'est devant plusieurs membres du gouvernement, dont le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, les ministres de la Défense et celui de la Communication et Médias, que la Police nationale congolaise a présenté des présumés adeptes de Bundu Dia Kongo, indexés comme initiateurs des attaques perpétrés le lundi contre plusieurs sites à Kinshasa et dans le Kongo Central.

Contrairement à certains membres du gouvernement et cadres de la Majorité présidentielle (MP) qui ont directement vu la main de l'UDPS derrière les tensions de ce début de semaine, la Police a exprimé un avis contraire.

La Police nationale a fait observer que ces éléments de BDK voulaient prendre le « contrôle » de trois sites stratégiques, dont le Centre d'émission de Binza/Pigeon dans la commune de Ngaliema, le siège de la Radio-Télévision nationale du Congo (RTNC) à Lingwala et l'Aéroport international de N'djili. Ce qui expliquerait, selon la police, que ces assaillants aient attaqué de manière « synchronisée » les trois sites à travers trois axes : UPN, Selembao-Bumbu et N'djili Saint Thérèse-Kimbanseke.

« La situation a été relativement calme sur toute l'étendue de la République démocratique du Congo. Aux environs de 9 heures 50', d'une manière synchronisée et consécutivement aux tracts jetés quelques jours auparavant, appelant la population à se rebeller contre les institutions légalement établies, les inciviques se réclamant appartenir à la secte politico-mystico-religieuse Bundu Dia Kongo, arborant des bandeaux rouges autour de têtes, porteurs d'armes blanches et à feu, ont surgi dans certains endroits », a indiqué à la presse le porte-parole de la PNC, le colonel Pierrot Mwanamputu.

Selon le dernier bilan de la Police, ces affrontements ont fait au total 19 morts, 7 blessés et 31 interpellés. Parmi les 19 tués, la Police reconnait la mort de ses trois policiers, dont un major, un capitaine et un sergent.

Pour conforter sa thèse, la Police a précisé que les éléments BDK interpelés par ses services ont reconnu sur « procès verbal, avoir effectivement participé à ce mouvement insurrectionnel ». Elle promet par conséquent, après la clôture des auditions, de déférer avec des pièces à convictions, ce qu'elle qualifie des « terroristes » devant les juridictions compétentes pour qu'ils répondent des griefs à leur charge.

Pas une trace de l'UDPS

Ces révélations de la Police balaient d'un revers de la main les élucubrations d'un groupe d'acteurs politiques de la MP qui avaient d'emblée accusé l'UDPS, parti membre du Rassemblement, d'avoir commandité ces attaques. La Police a mis en avant une piste qui dénature leur thèse.

En effet, les zélateurs de la MP voyaient déjà dans les attaques du lundi 7 août dernier l'ombre de l'UDPS, voire du candidat déclaré à la prochaine présidence, Moïse Katumbi. Les révélations de la Police passent pour une douche froide dans les rangs de la MP et ses nouveaux alliés débauchés dans l'Opposition. Sans doute, le procès de ces présumés adeptes de BDK révèlera les vrais commanditaires de dernières attaques tant à Kinshasa que dans le Kongo Central, dont le bilan officiel fait état de 19 morts.

En marge de la présentation de ce groupe d'adeptes de BDK, plusieurs effets leur appartenant ont été présentés à l'assistance, notamment des noix de palme, des balais, du sable, des cailloux provenant des sépulcres et autres objets ancestraux utilisés comme fétiches. Selon le porte-parole de la Police, ces fétiches ont l'effet d'hypnose sur eux, leur faisant croire qu'ils seraient devenus « psychologiquement et physiquement invulnérables » au point de faire face aux forces de l'ordre.

Avec la présentation de ces présumés fauteurs de troubles, on attend la justice faire toute la lumière sur cette affaire. On se rappelle qu'un autre groupe d'assaillants présentés comme responsables de l'assaut de la prison centrale de Makala, de l'attaque du grand marché de Kinshasa et de nombreuses évasions de prison ont été présentés tout récemment par la même Police. Autant de dossiers qui s'accumulent pour la justice, dernier rempart dans ce feuilleton digne d'un film d'Hollywood.

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