10 Août 2017

Afrique: Au Nigéria et en RDC, la paix et la sécurité passent par une meilleure place faite aux femmes, selon l'ONU

Photo: Photo Centre d’actutéalis de l’ONU//Lulu Gao
La Vice-Secrétaire générale de l’ONU Amina J Mohammed (à gauche) et la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, au camp de déplacés de Mugunga, près de Goma, en RDC.

La Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Amina J Mohammed, a rendu compte jeudi au Conseil de sécurité de la mission qu'elle a effectuée au Nigéria et en République démocratique du Congo (RDC) du 19 au 27 juillet dernier. Cette mission était « la première en son genre » puisqu'elle était centrée exclusivement sur la problématique des femmes, de la paix, de la sécurité et du développement.

« Nous étions quatre Africaines, en déplacement dans deux pays, avec un objectif : promouvoir la paix en promouvant l'égalité, l'autonomisation et le bien-être des femmes », a déclaré Mme Mohammed qui était accompagnée dans sa mission par la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka (sud-africaine), de la Représentante spéciale de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Pramila Patten (mauritienne), et de l'Envoyée spéciale de l'Union africaine (UA) sur les femmes, la paix et la sécurité, Bineta Diop (sénégalaise).

La mission menée par la Vice-Secrétaire générale a également permis d'approfondir le partenariat entre l'ONU et l'UA dans la perspective de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et de l'Agenda 2063 « L'Afrique que nous voulons ».

Dans son exposé au Conseil, Mme Mohammed a souligné que le Nigéria et la RDC ont de faibles niveaux de participation des femmes à la vie politique et se heurtent à des conflits caractérisés par des niveaux élevés de violences sexuelles. « En RDC, la violence sexuelle est généralisée.

Dans le nord du Nigéria, les enlèvements, les mariages forcés et l'utilisation des femmes pour commettre des attentats suicides ont de lourdes conséquences et, dans les camps, l'exploitation sexuelle, y compris sous la forme de nourriture contre des faveurs sexuelles, est une nouvelle tendance alarmante », a-t-elle relevé.

Deux pays touchés par de graves crises humanitaires

Mme Mohammed a également fait observer que le Nigéria et la RDC se heurtaient tous deux à de graves crises humanitaires.

Au Nigéria, un conflit de huit ans dans le nord-est du pays a suscité un risque de famine et provoqué le déplacement de 1,9 million de personnes et elles sont 8,5 millions à dépendre désormais d'une assistance.

En RDC, sept millions de personnes ont besoin d'assistance et 3,8 millions sont déplacées : « Il s'agit de la population déplacée la plus nombreuse en Afrique et l'une des pires situations au monde », a précisé la Vice-Secrétaire générale.

À ces circonstances, s'ajoutent un facteur aggravant, celui de l'insuffisance des ressources disponibles pour la communauté humanitaire dans ses efforts pour répondre à ces crises, malgré les engagements pris lors de la Conférence d'Oslo.

Au-delà des besoins immédiats, des solutions politiques intégrées au niveau régional seront nécessaires dans la mesure où ces deux crises sont enracinées dans les conflits, la pauvreté et les défis politiques, a préconisé Mme Mohammed.

Au Nigéria, la Vice-Secrétaire générale a relaté que sa délégation a été émue et impressionnée par la résilience des filles de Chibok qui avaient été détenues par Boko Haram, ainsi que par ses entrevues avec des femmes confrontées à l'exploitation et aux abus dans les camps.

Concernant la situation sécuritaire dans la région du Bassin du lac Tchad, elle a plaidé pour un soutien international renforcé pour aider les Gouvernements du Niger, du Cameroun, du Tchad et du Nigéria dans leurs efforts pour promouvoir la stabilité, notamment dans le cadre de la Force multinationale mixte.

RDC : des violences perpétrées par des acteurs étatiques et non étatiques

En RDC, Mme Mohammed a souligné que la situation était à la fois complexe et fragile, marquée par des violences perpétrées à la fois par des acteurs étatiques et non étatiques, qui sont également responsables de trafic illicite de ressources naturelles et de tensions politiques.

L'instabilité politique risque de s'approfondir sous peine d'une mise en œuvre intégrale de l'accord conclu le 31 décembre 2016, a observé Mme Mohammed. Elle a rappelé aux parties que l'ONU était prête à les soutenir à cet égard.

Évoquant l'avenir des femmes de Goma, alors que le camp de personnes déplacées qui s'y trouve vient d'être fermé, la Vice-Secrétaire générale a dit avoir été informée que l'ONU n'avait pas les moyens de ou la capacité de passer d'une phase d'assistance humanitaire à une phase de soutien aux communautés de réinsertion.

« Nous pouvons bien philosopher sur les liens existant entre l'aspect humanitaire et le développement, sans les fonds nécessaires à ces deux piliers simultanément et un véritable investissement dans le relèvement précoce, nous ne pourrons pas garantir une paix durable ni prévenir des violences fondées sur le genre », a prévenu la Vice-Secrétaire générale de l'ONU.

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