10 Août 2017

Kenya: Elections kényanes - Le vendredi de tous les dangers

C'est en principe ce vendredi 11 août 2017, dans le courant de la journée, que seront connus les résultats des élections générales, qui se sont tenues le 8 août dans une ambiance électrique.

Et même si, comme on pouvait s'y attendre, les quelque 20 millions d'électeurs kényans se sont bien rendus aux urnes pour désigner leurs conseillers municipaux, leurs parlementaires, leurs gouverneurs ainsi que leur président, les événements qui se sont enchaînés par la suite n'ont cessé de faire craindre le pire.

En effet, dès le lendemain du scrutin, les premiers échos des contestations ont été entendus après l'annonce des premiers résultats provisoires, et non encore officiels, qui donnent le président sortant, Uhuru Kenyatta, vainqueur avec 54,24% des voix contre seulement 44,88% pour son challenger Raila Odinga.

Si l'on en croit les premières estimations de l'IEBC (la Commission électorale indépendante), une franche victoire se dessine pour le parti au pouvoir, au grand désarroi du leader de la coalition NASA qui, à 72 ans, brigue la magistrature suprême pour la quatrième fois.

Mais ce n'est pas pour autant que le pugnace Raila Odinga s'en laisse conter, car aussitôt les tendances fortes connues, il n'a pas manqué de dénoncer les résultats, évoquant des fraudes massives ainsi que le piratage du système de comptage des votes.

«Je demande aux nôtres de ne pas accepter ces résultats et de rester calmes jusqu'à ce que nous ayons plus d'informations», a-t-il indiqué au lendemain du scrutin. Mais pour ses partisans en tout cas, la cause est entendue.

« Nous demandons que le président de l'IEBC annonce immédiatement les résultats et déclare Raila Amolo Odinga président dûment élu » du Kenya, a déclaré Musalia Mudavadi, l'un des leaders de l'opposition réunie au sein de la coalition NASA.

Le ton est donné et les opinions restent tranchées tandis que le pays tout entier retient son souffle, hanté par les fantômes d'un passé dont le souvenir reste encore vivace dans les mémoires.

En 2007 en effet, après la victoire de Mwai Kibaki, de violentes manifestations aux relents ethno-régionalistes avaient éclaté et fait un millier de morts ainsi que des centaines de milliers de déplacés.

Un épisode des plus sanglants qui avait valu à Uhuru Kenyatta et à son vice-président, William Ruto, des poursuites devant la Cour pénale internationale, lesquelles ont été abandonnées par la suite.

Mercredi déjà, on déplorait au moins quatre morts des suites d'affrontements entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre à travers le pays malgré l'appel au calme du leader des premiers.

La tension demeure vive entre les deux camps et tout le pays reste suspendu au verdict attendu ce vendredi après-midi.

Pourvu que le rendez-vous fixé par la commission électorale soit respecté, car vu l'ambiance volatile dans laquelle sont plongés depuis quelques jours les Kényans, le pire est à craindre en cas de retard.

Dans ce contexte tendu, l'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé les dirigeants kényans à « prendre leurs responsabilités », ce à quoi Raila Odinga a répliqué « ne pas contrôler le peuple ». Son rôle sera pourtant crucial pour éviter que la situation dégénère.

En 2007, il avait rejeté la réélection de Mwai Kibaki. En 2013, il avait aussi contesté sa défaite et s'était tourné vers la justice, qui lui avait donné tort. Alors, que va-t-il faire cette fois ?

Kenya

Pourquoi cette photo de la ministre Sicily Kariuki fait le buzz ?

By Jean-Marie Ntahimpera on 17 août 2017 - Une photo de madame Sicily Kariuki, ministre kenyane de la Fonction… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.