11 Août 2017

Maroc: Un an après les JO, fréquentation en chute libre dans les hôtels de Rio

La capacité hôtelière de Rio de Janeiro a pratiquement doublé avec les investissements réalisés pour les Jeux olympiques, mais un an après, certaines chaînes sont obligées de casser les prix en raison d'une fréquentation en chute libre. Le taux d'occupation s'élevait à 76% en août dernier, au moment des Jeux, mais une fois passé l'état de grâce olympique, les hôteliers ont déchanté. En juin dernier, il a dégringolé à 37%, contre 60% à la même époque en 2015 et 50% en 2016.

Le marasme dû à la crise économique qui touche le Brésil depuis plus de deux ans est revenu au galop, aggravé ces derniers mois par une flambée de la violence qui ternit l'image de la "Ville Merveilleuse".

Ainsi, le taux moyen d'occupation n'a été que de 51% au premier semestre, contre 61% l'année dernière.

"Notre capacité hôtelière est passée de 29.000 chambres en 2009 à 56.000 en 2016. Si nous n'arrivons pas à attirer plus de touristes, c'est normal que le taux d'occupation baisse", remarque Alfredo Lopes, président de la section de Rio de l'Association brésilienne de l'industrie hôtelière (ABIH-RJ). "La situation est vraiment critique", s'alarme Alexandre Sampaio, président de la Fédération brésilienne d'hébergement et alimentation (FBHA). "Les hôteliers ont consenti de gros investissements pour remplir le cahier des charges du CIO, avec des établissements plus modernes et l'arrivée de nouvelles chaînes internationales, mais ces investissements sont compromis", prévient-il. "Si nous ne parvenons pas à un taux d'occupation acceptable à court terme, beaucoup d'hôtels risquent de fermer au second semestre", avertit le dirigeant.

La situation est encore plus critique pour les nouveaux hôtels construits près du parc olympique, une zone éloignée des quartiers touristiques et sans réel intérêt pour les visiteurs. Les installations sportives sont pour la plupart à l'abandon et le nombre encore trop faible d'événements réalisés sur place ne permet pas de rentabiliser les investissements.

"Aujourd'hui, presque personne ne va plus dans ces hôtels. La plupart n'ouvrent qu'un ou deux étages, avec un taux d'occupation de 12%, observe Alfredo Lopes. "Aucune grande chaîne d'hôtels n'investit des millions en pensant juste aux JO", souligne-t-il. Le marasme touche aussi les établissements des quartiers touristiques, comme l'Arena Ipanema, tout proche de la célèbre plage.

Ce 4 étoiles de 136 chambres construit pour les JO et inauguré à quelques jours de la cérémonie d'ouverture est loin de remplir les objectifs. "Nous traversons une très grave crise d'occupation, ce n'est absolument pas ce à quoi nous nous attendions", regrette le gérant de l'hôtel, Douglas Viegas, dans sa réception pratiquement déserte. "Nous tablions sur une occupation de 75%, mais nous tournons aujourd'hui autour de 40%", ajoute-t-il, admettant qu'il a dû baisser ses tarifs d'environ 30% pour tenter d'attirer des clients. Certains établissements tentent d'innover en proposant aux habitants de Rio des tarifs préférentiels pour le "Day Use", qui leur permet d'utiliser les installations --piscine, spa ou salle de sport-- dans la journée, sans dormir à l'hôtel. Même si l'économie donne des signes de récupération au niveau national, la crise n'est pas le seul fléau qui touche le secteur du tourisme.

Une étude de la Confédération nationale du commerce (CNC) publiée en juillet attribue aux problèmes de violence 40% des pertes cumulées de janvier à avril, soit 320 millions de réais (environ 87 millions d'euros).

"Rio risque de ne pas profiter de l'amélioration future de l'économie parce que la criminalité ne cesse d'augmenter, sans perspective de solution à court terme", observe Fabio Bentes, économiste auteur de cette étude. "La sensation d'insécurité est la pire chose qui puisse arriver pour le tourisme. Le touriste finit par choisir une autre destination", estime-t-il.

"Rio est la porte d'entrée du tourisme au Brésil et cette situation finit par affecter tout le pays", renchérit Alexandre Sampaio, qui accuse aussi les autorités locales de ne pas avoir fait suffisamment pour promouvoir à l'étranger l'image de la ville après les Jeux. "Nous avons laissé passer le train, il fallait capitaliser sur l'image positive de Jeux olympiques parfaitement organisés", conclut-il.

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