11 Août 2017

Congo-Kinshasa: Calendrier électoral - L'OIF doit faire attention

La Commission électorale nationale indépendante s'apprête à publier le calendrier en vue des élections conformément à l'Accord du 31 décembre 2016.

Mais, l'entendement diffère selon que l'on est acquis à un report permanent au gré des humeurs de la majorité ou selon qu'on se retrouve dans le camp de ceux qui soutiennent la tenue d'élections dans le délai convenu.

Dans ce jeu dangereux de cache-cache, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui a accepté d'offrir son expertise en la matière, doit savoir qu'elle joue sa crédibilité en RDC et auprès des citoyens francophones de la planète. Des pièges sont déjà tendus.

Le G7 ne pensait pas si bien faire en invitant l'ONU à garantir la bonne observation du calendrier électoral.

Cet appel a permis de sortir la Majorité présidentielle du bois, livrant ainsi ses vraies intentions qui consistent à favoriser soit la publication d'un calendrier qui prévoit des scrutins le plus tard possible donc ne respectera pas l'Accord de la Saint-Sylvestre ou encore celui qui portera les germes des reports à répétition.

C'est dans cette logique que de plus en plus, il est fait état de la tenue de la réunion tripartite gouvernement-Ceni-CNSA.

Cette tripartite aura pour mission de décider puis d'annoncer qu'il ne sera pas possible de tenir les élections en décembre 2017. Les déclarations des uns et des autres sont claires à ce sujet.

Corneille Nangaa, le président de la Ceni avait fait la déclaration tendant à indiquer qu'il n'était pas possible d'organiser des élections en 2017. Cette tendance qui était déjà adoptée par le dialogue de la cité de l'Union africaine (UA) prévoyait d'autres « glissements ».

Des simulations de la Ceni et le chronogramme d'activités de la centrale électorale repoussait la présidentielle, particulièrement, vers fin 2019. Ne serait-on pas déjà dans la phase de la mise en application de ce projet là ?

A voir comment les choses évoluent, on n'est pas loin d'accorder quasiment un mandat sans élections aux actuels animateurs des institutions dont le bail a pris totalement fin.

Le maintien par défi et par des stratagèmes mettant consciemment ou inconsciemment des institutions comme la Ceni à contribution produit des résultats éphémères qui, à la longue, ne serviront les intérêts de personne.

C'est dans cet ordre d'idées que l'OIF qui accompagne la Ceni dans cette démarche de l'élaboration du calendrier électoral devra avoir en permanence à l'esprit que ses partenaires tenteront de se servir de sa crédibilité pour asseoir leur projet.

Si l'OIF donne sa caution à un calendrier qui violerait l'Accord du 31 décembre 2016, il est clair qu'elle aura volontairement opté pour le choix du glissement. Sa crédibilité sera entamée aux yeux des Congolais.

Seules les options techniques devront guider l'OIF, tenant compte de la position de la classe politique congolaise entérinée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Point n'est question de procéder autrement au risque de plonger le pays dans le chaos.

En refusant la garantie de l'ONU sur la bonne exécution du calendrier électoral au nom de la souveraineté, la Majorité ne fait pas de mystère de sa volonté de ne pas respecter ce calendrier, s'il va dans le sens de suivre le compromis du 31 décembre 2016.

La mauvaise foi manifeste de la famille politique du chef de l'Etat est telle que ne peut participer aux festins que celui qui se serait prémuni de très longues fourchettes ou d'un imperméable afin de s'éviter de se retrouver roulé dans la farine. Le chef de l'Eglise catholique, le pape François, ou encore les évêques prodigueront le même conseil à l'OIF.

Pour se préserver, le calendrier à sortir avec le concours de l'OIF ne doit pas être celui qui traîne dans les tiroirs de la Ceni. Des langues hostiles à la centrale électorale allèguent que ce calendrier serait l'œuvre de la MP que les membres de la Ceni ne feront qu'exécuter.

Les dirigeants de la Ceni ont également l'opportunité historique de démontrer à la face du monde qu'ils sont réellement indépendants de la MP. Ils seront ainsi blanchis de l'opprobre qui plane sur eux.

La confiance n'existant plus entre les parties, la certification du calendrier par l'ONU aurait eu le mérite de mettre tout le monde à l'aise que le prétexte du financement n'existerait plus puisque gouvernement et bailleurs de fonds se seraient engagés devant l'ONU.

La question qui aurait dû intriguer l'OIF est celle de comprendre ambiguïté de la position de la MP et de la Ceni qui saluent unanimement l'accompagnement de l'OIF, mais brandissent la souveraineté et l'indépendance de l'ONU dans la garantie à apporter à un simple calendrier.

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