11 Août 2017

Cameroun: Attentat-suicide de Ouro-Kessoum - Haro sur un silence assourdissant !

Lara Fanta (10 ans), Rosa Tapita (11 ans), Asta Dzadjouga (07ans), Gabriel Maoji (13 ans), Martha Doumtchahar (13 ans), Esther Namada (10 ans), Mama Yaro (13 ans), voilà huit vies brutalement éteintes. Huit enfants arrachés sauvagement à l'amour de leurs familles. Huit destins consumés par la bombe d'un kamikaze dans la nuit du 05 août dernier, dans la localité de Ouro-Kessoum, département du Mayo-Sava, région de l'Extrême-Nord.

Le bilan de cet attentat-suicide aurait même pu être plus lourd encore, puisqu'on dénombre quatre blessés dont trois enfants : Haoua Abdou (09 ans), Doudou Abdou (06 ans) et Fané Abdou (08 ans). La comptabilité macabre de cette guerre contre Boko Haram indique qu'environ 2000 personnes ont déjà perdu la vie. Et au moins, autant de familles ont été directement affectées ou ébranlées par ces décès tragiques.

Pourtant, en dépit de ces chiffres terribles, la conscience de l'état de guerre du Cameroun ne semble toujours pas perceptible dans l'opinion publique nationale et internationale. Il n'est pas injuste de noter en effet, que d'une certaine façon, les presses locales et internationales ont quelquefois par leurs silences assourdissants, contribué à la banalisation de la souffrance atroce de ces compatriotes, que le sort a établi dans cette partie du triangle national. Loin de nous l'idée de jouer les directeurs de consciences, ou les donneurs de leçons, mais le fait est que la ligne éditoriale ne saurait expliquer un tel black-out.

Si l'on peut, à juste titre se réjouir de l'indignation de la presse nationale sur le suspect décès de Mgr Jean Marie Benoît Bala, l'on peut tout autant s'étonner du peu de cas fait à l'assassinat barbare de 08 enfants, innocents dans le Mayo-Sava. A moins de considérer qu'une vie n'en vaut pas une autre. Les médias internationaux qui auraient fait les gros titres avec ce drame s'il s'était produit par exemple en Occident, sont aussi coupables de cette banalisation de la tragédie des populations de l'Extrême-Nord.

Pareil pour toutes ces ONGs qui œuvrent dans le champ des droits humains. Trop de sang a coulé. Le tribut humain, que le Cameroun a déjà payé dans cette guerre qui lui est imposée, est injuste et trop lourd. Parce que nous nous accordons là-dessus, nous (médias locaux et internationaux, Ndlr), devons rester avec les bougies allumées, qui rappellent à la conscience collective que le Cameroun est en guerre. En décidant de publier un communiqué à la suite de l'attentat-suicide de OuroKessoum, le maire de Kolofata, Seiny Boukar Lamine, ambitionnait aussi de troubler notre silence assourdissant.

L'édile, qui vit au quotidien dans sa chair cette tragédie, a peut- être également voulu clamer urbi et orbi, que ce sont bien des êtres humains, nos semblables, qui sont déchiquetés par les bombes et les balles des terroristes de Boko Haram. Puissions-nous méditer là-dessus, chaque fois que nous voulons nous payer le luxe du silence.

Cameroun

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