12 Août 2017

Congo-Kinshasa: Impasse politique et violences au Kasaï - Le Congrès américain presse Trump à agir

A Washington, le dossier de la République démocratique du Congo est au cœur de la politique africaine des Etats-Unis. Après un groupe de sénateurs qui se sont levés pour voir l'administration Trump bouger et rétablir la légalité en vue de la tenue d'élections, c'est le tour du congressiste Edward R. Royce. Celui-ci presse le président Donald Trump à passer à l'acte. Dans une correspondance datant du 2 août et destinée au secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, Edward R. Royce appelle à « accroître l'engagement des États-Unis en vue d'aider à mettre fin à la crise politique (Ndlr : en RDC) et à la violence qui en résulte ».

Première puissance mondiale, les Etats-Unis n'entendent pas abandonner la République démocratique du Congo à son triste sort. A Washington, la RDC est au centre de la politique africaine du nouveau locataire de la Maison blanche. Même si le président Donald Trump n'a pas désigné officiellement un sous-secrétaire d'Etat adjoint chargé des Affaires africaines, au Parlement américain, le dossier de la RDC est porté de bout en bout par des parlementaires de deux chambres.

La première initiative, rappelle-t-on, est venue du Sénat américain lorsqu'un groupe d'élus, toutes tendances confondues, ont écrit au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, pour demander plus d'engagement des Etats-Unis dans le bourbier congolais. La non-tenue d'élections en décembre 2016 a plongé le pays dans un cycle de violences indescriptibles.

Comme si cela ne suffisait pas, le congressiste américain Edward R. Royce, président de la toute puissante Commission des affaires étrangères du Congrès américain est revenu sur la préoccupation de sa chambre pour exiger du chef de la diplomatie américaine plus de visibilité dans la politique africaine des Etats-Unis pour le cas particulier de la RDC.

Sur le pas du Sénat

Dans une lettre adressée le 2 août 2017 au secrétaire d'Etat américain, Edward Royce exprime sa préoccupation à propos de « la violence toujours croissante en République démocratique du Congo qui découle, selon lui, du « refus du président Kabila à se conformer à la Constitution du pays et à quitter le pouvoir ». Aussi invite-t-il celui qui pilote la politique étrangère du président Trump à « accroître l'engagement des États-Unis en vue d'aider à mettre fin à la crise politique et à la violence qui en résulte ».

Le congressiste rappelle à cet effet la concordance de vues entre la chambre des Représentants et le Sénat américain qui ont, à l'unanimité, adopté en 2016 des résolutions appelant à une transition démocratique du pouvoir en République Démocratique du Congo par « le respect de la Constitution qui interdit au président Kabila de prétendre à un troisième mandat ». « Les deux chambres sont parfaitement d'accord que le président Kabila doit céder le pouvoir et permettre la tenue des élections libres et équitables », écrit sans détours le congressiste Edward Royce.

Dans sa correspondance, le congressiste revient sur les motivations qui doivent guider l'action des Etats-Unis pour mettre fin au drame congolais. « Les Etats-Unis, note-t-il, ont des intérêts profonds dans la stabilité de la RDC en raison de sa taille,de sa situation géographique et de son économie diversifiée. C'est l'une des raisons successives pour lesquelles les administrations américaines ont soutenu une grande opération de maintien de la paix en RDC ». Edward Royce reste convaincu que « les violences et les troubles en RDC peuvent avoir des conséquences dans les pays voisins et déstabiliser la région », à savoir les Grands Lacs.

Le congressiste américain revient sur l'accord du 31 décembre dont il regrette amèrement l'absence de mise en œuvre par le seul « refus », indique-t-il, de l'entêtement du président Kabila à « quitter le pouvoir ». Il soutient dès lors « les critiques ouvertes de l'ambassadeur Haley aux Nations Unies contre le président Kabila et son refus d'honorer la Constitution du pays, ainsi que ses moindres efforts à ne pas mettre fin aux violations qui se produisent dans le pays ». Il recommande par conséquent le secrétaire d'Etat Tillerson à se joindre aux appels maintes fois lancés par la représentante des Etats-Unis aux Nations unies « en condamnant avec force le refus du président Kabila à quitter le pouvoir ».

Pour donner un sens à l'action des Etats-Unis en République démocratique du Congo, Edward Royce encourage la Maison Blanche à désigner un nouvel ambassadeur des Etats-Unis en République Démocratique du Congo. Ce dernier, pense-t-il, aura « l'autorité incontestable de faire part au président Kabila que les États-Unis trouvent son refus de tenir des élections et de quitter le pouvoir inacceptable ». « Les Congolais ont trop longtemps souffert », martèle le congressiste Royce.

Nikki Haley enfonce le clou

Preuve du ferme engagement des Etats-Unis pour une solution rapide en RDC, l'ambassadrice des Etats-Unis, Nikki Haley, a fait part à l'ambassadeur de la RDC aux Nations unies, Ignace Gata, de la détermination de l'administration Trump à sortir la RDC du bourbier dans lequel la plonge chaque jour le pouvoir.

Devant Ignace Gata, Nikki Haley a réitéré la volonté des Etats-Unis de voir la RDC réussir la première alternance de son histoire par la tenue le plus rapidement possible des élections. Les graves violations des droits de l'homme et des atrocités commises dans le Grand Kasaï sont autant d'indices qui motivent, selon Nikki Haley, une probable action des Etats-Unis pour mettre fin à la crise congolaise.

Si à Kinshasa le pouvoir multiplie des stratagèmes pour pérenniser le plus longtemps possible son règne en renvoyant le plus loin possible les élections, à Washington, le dossier RDC est suivi de très près.

Autrement, le président Trump est demeuré dans la ligne dure, tracée bien avant par son prédécesseur Barack Obama.

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