12 Août 2017

Congo-Brazzaville: Louanges Mang - L'affirmation de l'Afrique positive par les Africains eux-mêmes

Elle aurait pu poursuivre ses études universitaires en Europe. Hélas, le refus d'un visa pour l'entrée en France l'a contrainte d'aller au Ghana. Un pays où la Congolaise séjourne depuis déjà 14 ans et c'est d'Accra qu'elle milite pour une Afrique positive

En octobre 2003, après l'obtention de son bac série D au lycée Chaminade de Brazzaville, ses parents lui ont offert des vacances au Ghana. Sur place, Louanges Mang décide d'étudier à l'université d'Accra. Cela passe par un apprentissage de l'anglais durant une année entière. Elle suscite l'adhésion de ses parents et passe du statut de francophone à celui d'anglophone.

Au croisement des deux « Afriques », francophone et anglophone, la nouvelle bilingue s'est aperçue que la complexité des rapports entre colonisés et colonisateurs reste toujours d'actualité. Car le fait d'être Noir à Brazzaville, à Accra, à Abidjan ou à Lagos fera toujours rencontrer des problèmes de même nature. « Notre identité souffre des conséquences psychologiques de la colonisation », s'insurge-t-elle.

Et de scander qu'il est temps « de déformater nos esprits aux prises avec les préjugés en prenant en compte des richesses du continent, de la beauté de ses populations et, surtout, de la créativité qui somnole en chacun de nous ». Pour cela, Louanges Mang, en collaboration avec les ministères du Commerce et celui du Tourisme du Ghana, a mis en place, depuis 2014, une rencontre de conscientisation intitulée « Neskael Corporate Show ». « J'aurai bien voulu commencer la réalisation de ce projet au Congo », regrette Louanges Mang. Pour les éditions précédentes, il s'est agi de défilés de mode d'entreprises. « Nous pensons que ce sont les cadres des entreprises qui dictent la ligne de conduite de la société moderne. Sur ce, nous lançons par exemple une campagne d'utilisation quotidienne du textile made in Ghana dans le monde de l'entreprise. C'est l'occasion de donner aux jeunes créateurs de l'industrie textile de proposer leurs gammes », dit-elle.

La 4e édition, le 30 septembre prochain, au théâtre national à Accra, portera sur le thème « Célébrer les 60 ans de la riche culture ghanéenne et la croissance économique continue à travers les arts ». Le 4 août dernier, lors de la conférence de presse au centre de presse d'Accra annonçant le lancement officiel de l'édition 2017, les organisateurs ont promis mettre en avant des conférences sur des thèmes susceptibles de libérer les Africains de l'emprise invisible ou de les sortir de l'aliénation culturelle par une myriade de témoignages de la part de modèles sociaux de réussite, de créer un impact en quête d'une réaffirmation de notre couleur noire naturelle, d'apprécier nos cheveux crépus mais aussi de consommer africain.

La créativité sera à l'honneur. Les organisateurs récompenseront les meilleurs dans chaque catégorie. Il est même prévu de mettre à disposition une bourse au meilleur créateur. « Nous avons une belle peau, préservons-la ; nous avons de beaux cheveux, traitons-les en conséquence. Le Ghana possède des usines de textile, habillons-nous avec ces tissus », clame la titulaire d'un master en management international de l'Université d'Accra, UAM (University of Applied Management). En dehors de ses activités prônant le positivisme de l'Afrique, elle a créé une agence de voyages et une autre de location de voitures au Ghana. Elle y réside désormais, mariée, mère d'une fillette de 6 ans. Elle travaille en temps normal en tant que cadre dans une chaîne d'approvisionnement intégrée agroalimentaire internationale, également présente au Congo

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