13 Août 2017

Tunisie: Du sacré au profane

Après l'ère des idéologies qui se termine, le cycle de l'univers nous engage dans une autre dimension: «L'ère de la spiritualité.»

Après le grand succès du festival lors de sa 1ère session en novembre 2016, Rouhanyet poursuit son périple et prend résidence dans un des plus beaux villages de la Méditerranée, la colline de Sidi Bou Saïd El Beji, saint patron des marins, Raiis Labhar.

Un lieu chargé de haute spiritualité couvert par une haute énergie et qui, depuis des siècles, accueille les visiteurs qui viennent prier et méditer au sein du mausolée de Sidi Bou Saïd, un maître du mysticisme et du soufisme.

La colline, qui surplombe la baie de Carthage, nous rappelle aussi que la Tunisie est une terre de tolérance et de dialogue avec les autres cultures et les religions.

Ce festival des musiques mystiques nous fera découvrir des œuvres qui touchent l'âme autant que l'esprit par l'émotion et par le plaisir des sens.

La soirée d'ouverture aura lieu le 23 août avec Cheikh Daoud et les derviches-tourneurs de Damas.

Musique et chant classique arabe profane et sacré

L'ensemble Al-Kindî, fondé en 1983 par le virtuose français de la cithare arabe (qânûn), Julien Jâlal Eddine Weiss, résident à Alep (capitale du nord de la Syrie et étape de la Route de la Soie), est considéré comme l'un des meilleurs ensembles de musique classique arabe pour la qualité de son interprétation et la rigueur de son travail sur les traditions musicales classiques du Proche et du Moyen-Orient.

Takht Sharqi (ensemble oriental traditionnel), est constitué du qânun, cithare sur table à cordes pincées, du Ud, luth oriental, du Nay, flûte en roseau, du Riqq, petit tambourin à cymbalettes. Sous la direction de Julien Weiss, il interprète le répertoire de la musique savante en revalorisant les instruments, rétablissant un équilibre souvent rompu à la faveur exclusive du chant.

Le 24 août, le public aura rendez vous avec Fi hadhret Allah où Lotfi Bouchnaq chantera les paroles du grand poète syrien Imed Tah.

Fi hadhrat Allah, plus qu'un concert, un voyage où la musique est la barque, les mots une vibration et le chant son souffle divin.

Lotfi Bouchnaq présente ce projet comme suit : « Le chant soufi se situe sur une dimension supérieure qui élève l'auditoire au- dessus de la matérialité et du mental pour atteindre l'extase. Tout chant est un chant soufi si on considère que l'art ne peut atteindre la quintessence qu'en s'élevant vers des dimensions supérieures, entraînant le spectateur vers les profondeurs de la spiritualité... ».

La soirée du 25 août est celle du gospel avec High Rock Gospel Singers. Créé en 1997 à l'initiative du Pasteur Frédéric Setodzo et de son collègue Albert Luther, le groupe de jeunes de la paroisse protestante de Haute Pierre relève à l'époque d'un véritable pari. Haute Pierre (dans la banlieue de Strasbourg, en Alsace) étant alors un quartier réputé pour sa violence, les jeunes y sont trop souvent réduits à une caricature peu représentative de la richesse de leurs potentialités. Ses deux fondateurs se donnent pour mission de réunir ces jeunes afin de mettre en place avec eux une animation constructive qui leur permette d'exploiter au maximum leur créativité et de trouver des solutions au service de leur quartier. Très vite, le groupe découvre le negro spiritual et le gospel et se transforme en chorale : les High Rock Gospel Singers

Le 26 août, c'est au tour de l'Egyptien Mahmoud Touhemy de présenter « Al Borda ». Mahmoud Touhemy a commencé par le récitatif du Coran et après des études à El Azhar, il a appris le chant à l'Opéra du Caire. Considéré comme la star du chant religieux, il doit sa célébrité grandissante dans le monde grâce à son interprétation très personnalisée du poème d'El Imam El Bousiry, Al Borda. Son répertoire très riche puise dans le patrimoine du chant religieux avec de nouvelles compositions et arrangements plus proches de la musique populaire que du mode de chant sacré

Le 27 août sera une rencontre avec Javed Hussain Khan, un des plus célèbres chanteurs classiques de Sufiana Qawwal, disciple et élève du grand maître Raza Ali Khan. Il a popularisé son propre style fait d'harmonie entre le classique et le moderne, en désenclavant la musique dite savante de ses modes anciens. Sa créativité lui a valu le titre Chishti Raagi. Son répertoire puise dans les grands poètes soufis rendant hommage dans la plupart de ses concerts à Hazrat Shem Tabrez.

Quand à la soirée de clôture, elle se fera avec « Nafass», un concert hors du commun de Alia Sellami par l'ensemble vocal Aloes : ce concert d'une grande originalité, réunit 5 magnifiques voix autour d'un répertoire de chants sacrés a capella des quatre coins du monde. Étonnant de constater alors, que du fin fond de l'Afrique, aux rives de la Méditerranée, de l'Asie au cœur de l'Amérique, la musique des hommes est proche, et comment l'homme chante son ou ses Dieux de la même manière.

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